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La tour au-delà des nuages

La tour au delà des nuages
La tour au-delà des nuages
Un film de Makoto Shinkai
Pas de sortie en salles
Sortie en DVD le 15 avril 2009
Durée : 1h28

Chronique du 7 juin 2012

Après The voices of a distant star (Hoshi no koe), réalisé en solitaire, Makoto Shinkai revient en 2004 avec un premier long métrage, issu cette fois-ci d'un travail en équipe, La tour au-delà des nuages. Là encore, le réalisateur ne cherche pas la facilité dans ses sujets : après l'éloignement dramatique d'un couple d'amoureux séparé par l'espace-temps, il s'attaque cette fois-ci à une romance perturbée par les rêves et les univers parallèles.

Tout commence dans un monde a priori comme le nôtre... en dehors de cette gigantesque tour qui traverse le ciel à n'en plus finir. En 1974 eut lieu la scission, avec le Japon soutenu par les Américains d'un côté, l'Union sur l'île d'Hokkaido renommée Ezo de l'autre. Ces derniers semblent avoir développé une technologie bien en avance sur le reste du monde, symbolisée par cette invraisemblable tour dont personne ne sait rien.
Takuya, Hiroki et Sayuri sont collégiens et ce mystérieux édifice les fait rêver. Les deux garçons ont décidé de braver les interdits et la frontière, construisant un avion pour l'atteindre envers et contre tout. Mais un évènement va couper leur élan et briser leur unité. Quelques années plus tard, Takuya continue de travailler sur cette tour lointaine pour en percer les secrets tandis que Hiroki a tout quitté pour tenter d'oublier...

Comme dans Hoshi no koe, les personnages semblent au départ dans leur bulle. On ne voit pratiquement qu'eux, dans un monde qui paraît vide, rien ne les intéresse en dehors de leur objectif, atteindre cette tour. La tension entre les deux pays ne les touche pas, ils vivent comme si rien ne changerait jamais, comme si rien ne pouvait les atteindre.
Comme à son habitude, Shinkai utilise la variable temps pour faire évoluer la donne et confronter ses personnages à des situations complexes qu'ils peinent à gérer. Des problèmes relationnels notamment puisque c'est toujours sur un fond de romance contrariée que se joue l'histoire, toutes les questions de conflits bêtement humains finissant toujours par s'effacer face à deux âmes qui ne cherchent qu'à se rapprocher et se retrouver. Car la solitude reste la peur et la compagne régulière de ceux-ci : loin de tous, de ceux qu'ils aiment, ils tentent tant bien que mal de se rejoindre, quitte à exposer la planète entière au risque de destruction.

Comme dans les autres films de Shinkai, on retrouve cette luminosité si particulière, celle du soleil couchant, ce rosé qui s'assombrit au milieu des nuages, cette lumière rasante formant des ombres qui semblent cacher les sentiments et émotions des personnages. Ils doutent, ils cherchent, ils rêvent, ils apparaissent simplement humains, avec leurs peurs et leurs idéaux, leurs buts et leurs limites. Shinkai parvient habilement à les faire évoluer au fil des années qui passent, jouant avec le temps sans jamais perdre le spectateur en route, même quand il part dans les rêves et permet des rencontres improbables.
L'histoire est dense, tendue, complexe mais reste suffisamment claire en dehors de quelques détails pour garder l'attention du spectateur. Et malgré tout ce qui se passe, il y a toujours un fond très poétique, un peu triste aussi, doux-amer, jamais lourd mais plutôt poignant. La nature est toujours là en arrière-plan, comme la dernière base solide à laquelle se raccrocher, la seule réalité stable qui permet de garder espoir au delà des risques de destruction ou de guerre. Les superbes paysages sont d'ailleurs une composante importante de l'univers de Makoto Shinkai, permettant à l'esprit d'arrêter un instant de penser, pour simplement se poser et apprécier, au delà de toute complexité hasardeuse.

La tour au-delà des nuages s'avère au final un film accrocheur, prenant, sachant mêler tendresse et chaleur humaine à quelque chose de plus technique, alternant le contemplatif, le réflexif et l'actif, avec beaucoup de rythme, sans temps mort. Ambitieux sans être prétentieux, beau sans être chiant, drôle par petites touches, émouvant sans en faire des tonnes... Makoto Shinkai démontre au fil de ses films un réel savoir-faire personnel, exigeant et généreux.

Morgan

Auteur: Morgan

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