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Colorful

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Colorful
Un film de Keiichi Hara
Sortie en salles le 16 novembre 2011
Sortie en DVD et Blu-ray le 21 mars 2012
Durée : 2h07

En sélection officielle du Festival International du Film d'Animation d'Annecy 2011

Chronique du 7 juin 2011

Après Un été avec Coo, Keiichi Hara revient avec cette fois-ci Colorful, adaptation d'un roman d'Eto Mori.
L'histoire n'est pas forcément des plus avenantes. Une âme pécheresse ayant commis un crime grave se voit choisie pour une seconde chance : elle pourra revenir dans le cycle des réincarnations si elle réussit une épreuve. Même si elle n'en a guère envie, elle va devoir retourner sur Terre dans le corps d'un adolescent de 14 ans qui s'est suicidé, Makoto Kobayashi. Ne se souvenant pas son ancienne vie et ne connaissant rien à celle du jeune garçon, cette âme devra néanmoins parvenir à se rappeler de son crime tout en vivant l'existence de son nouvel hôte. Elle sera guidée par Pura-Pura, qui lui révèle quelques détails de sa nouvelle vie.

Le sujet n'est donc pas des plus joyeux à première vue puisque ça parle mort et suicide. Mais le film ne s'appelle pas Colorful pour rien ! Rien de déprimant, de lourd ou de purement tragique même si les thèmes abordés ne font pas dans le mignon : mort, harcèlement scolaire, échec, prostitution, dépression... Mais Hara parvient à partir d'une base a priori sordide à faire émerger une énergie qui ne demande qu'à exister pleinement. Le nouveau Kobayashi doit trouver sa place dans un univers qui n'est pas le sien et ça ne se fait pas sans heurt. Mais ça ne change guère du précédent Kobayashi qui avait de toute façon rompu tout dialogue avec sa famille depuis longtemps. Son suicide n'est alors là pas une fin mais au contraire le commencement de tout. Prise de conscience des uns, perte des repères des autres, tous peuvent finalement repartir d'un autre pied pour ajuster leur existence au fil des contrariétés et des difficultés qui ne manqueront jamais d'être là, de toute façon. Autant alors accepter leur présence et réussir à les dépasser.
Pour autant, le film ne cherche pas la bonne morale façon "la vie c'est de la merde mais encaisse, souris et ferme-la, c'est cool". De même, il aurait été très facile d'accueillir le nouveau Kobayashi dans son école avec sa dose de baffes et de brutes qui le maltraitent, mais là encore, pas besoin d'en rajouter. Le malaise grandissant du jeune homme découvrant sa famille totalement détruite, ne parvenant jamais à tous être sur la même longueur d'ondes, finit petit à petit par faire place à une compréhension de l'autre, dans ses qualités comme ses défauts, assez subtilement. Son geste désespéré n'était pas une simple réponse à un fait précis mais le résultat assez logique d'un désespoir profond né au fil des années. Si c'est Makoto qui s'est suicidé, sa famille en était à peu près au même point bien avant qu'il ne fasse son geste qui devient alors le déclencheur d'une nouvelle dynamique, même si celle-ci a du mal à trouver ses repères. Le film s'avère alors une ode à la vie, aussi simple, banale, bancale et ordinaire soit-elle.
Car, malgré le sujet, il y a énormément d'humour, notamment au travers du personnage de la jeune Shôkô Sano, une camarade de classe aussi décalée et déconnectée que Makoto, personnage gauche et maladroit qui néanmoins a appris à s'accrocher et parvient bien souvent à déclencher des rires dès son apparition. Mais elle révèle également un personnage profond, observateur, permettant petit à petit à Makoto de trouver une envie de vivre et de s'ouvrir.
Le graphisme m'a paru un peu plus soigné que sur Un été avec Coo, reste une musique parfois un peu too much sur certaines scènes dont on comprend très bien qu'elles sont importantes sans avoir besoin de rajouter dix violons dessus.

Colorful dure 2h07 mais ne connaît aucun temps mort, avec un bon rythme de narration sachant jouer par moment la carte de la lenteur sans ennuyer, distillant des petits détails assez subtils qui complètent une belle galerie de personnages attachants. Tous présentent à la société une certaine facette, celle qu'on attend d'eux, mais cachent quelque chose de bien plus complexe et intéressant quand on gratte un peu le vernis. Cela donne une film attachant, bourré de tendresse au delà de la rudesse de Makoto avec un entourage qu'il ne regarde au départ que comme la cause hideuse de son suicide, sans vouloir voir tout ce ça cache réellement.
Voilà clairement un film sans doute difficile à "vendre" de par un sujet bien éloigné du simple divertissement mais qui mérite largement le détour, ode à la vie sans déprime ni lourdeur.

Morgan

Auteur: Morgan

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