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WALL-E

WALL-E
Un film d'Andrew Stanton
Sorti en salles françaises le 30 juillet 2008
Sorti en DVD le 30 janvier 2009
Durée : 1h37

Chronique du 13 août 2008

Un an après Ratatouille, le studio Pixar revient nous présenter son nouveau bébé, délaissant les poils de rongeur pour les rouages mécaniques de WALL-E. Le réalisateur Andrew Stanton, qui s'est ici également occupé du scénario, n'est pas un inconnu puisqu'il avait déjà officié à ce poste pour 1001 pattes et Le monde de Némo.
La campagne de publicité entourant le lancement du film sur le dernier robot compresseur du XXIXème siècle n'aura échappé à personne mais voici tout de même un rapide résumé pour les quelques visiteurs surfant sur le net par le Wifi depuis leur caverne au fin fond de la forêt sibérienne.

Au début du XXIème siècle, l'homme abandonne la Terre, devenue trop polluée à cause de ses habitudes de consommation frénétique. Il espère néanmoins bien y revenir d'ici peu, laissant aux bons soins de robots la fastidieuse tâche de rendre le sol terrien propre comme un sou neuf pour les générations futures d'oisifs pollueurs.
Sept cent ans plus tard, un seul robot de la gamme WALL-E continue encore et toujours son travail de compacteur de déchets, s'octroyant tout de même quelques loisirs qu'il occupe par la découverte des objets usuels de la vie humaine dont l'utilisation lui échappent quelque peu... Mais voilà qu'un jour débarque de l'espace un robot dernière génération catégorie EVE, déterminé à mener à bien sa mission top secrète. WALL-E va tomber sous le charme...

Même si les Pixar sont toujours précédés de flâteuses critiques, méritées ou pas, WALL-E débarque cette fois-ci auréolé d'office du titre, souvent surestimé, de chef d'oeuvre inratable. N'étant pas du genre à croire béatement ce que je peux lire ici et là, je dois pourtant reconnaître qu'une fois passés les 1h37 du film, il me reste toujours une petite boule d'émotion au fond de la gorge...

Les débuts du film nous font découvrir une ville américaine, avec ses habituels gratte-ciels et ses larges autoroutes. Mais le tout est vide, mort, silencieux en dehors d'une petite musique de fond qui accompagne le labeur quotidien de WALL-E, adorable robot compresseur ayant développé une personnalité au fil des siècles et prenant le temps de regarder autour de lui même s'il ne saisit pas pleinement le sens de ce qu'il trouve. La vue de ces rues désertes, de cette immensité polluée, de ces montagnes de déchets, accompagnée de la musique de Thomas Newman, est absolument bluffante, voire glaçante, dégageant une grande force visuelle, avec une sensation de gâchis, d'absurdité, de poésie et de beauté mélangés. Comme toujours, Pixar épate par sa technique, le rendu des textures, l'animation atteignant une telle perfection, une telle finesse qu'il devient difficile d'imaginer pouvoir faire mieux. C'est beau et on en prend plein les mirettes.
La découverte de la vie quotidienne, qu'on pourrait croire monotone et morose, de WALL-E et de son seul "ami" le cafard (increvable, comme tous ses congénères...) est un véritable plaisir aussi bien pour les yeux que pour les zygomatiques, le robot essayant tant bien que mal de comprendre à quoi pouvaient servir tous ces objets qu'il croise dans sa quête du nettoyage ultime. Son petit chez lui, ses habitudes après sept cent ans de travail sont aussi drôles qu'émouvants, faisant d'autant plus ressortir son immense solitude.

Voilà que débarque alors EVE, caractériel robot ultra-moderne dont WALL-E va tomber fou amoureux, le rendant prêt à la suivre n'importe où... La nouvelle venue sait jouer du flingue et n'aime vraisemblablement pas trop qu'on lui chatouille les écrous mais les liens qu'elle va tisser avec son nouveau chevalier servant sera là encore l'occasion de rire aux éclats ou de verser une petite larmichette. Eh oui, les animateurs de Pixar auront réussi à rendre leurs petits protégés extrêmement expressifs par juste quelques détails, des attitudes très humaines qui nous font saisir immédiatement le sens de ce qui se passe, en ne s'aidant pratiquement d'aucun dialogue, comme dans les vieux films muets. Tout joue donc sur le visuel même si l'auditif n'est pas en reste, notamment par l'admirable travail de design sonore de Ben Burtt, parvenant à donner une réelle existence à ces deux craquantes boîtes de conserve. Il est d'ailleurs à noter l'intelligence du choix de ne pas donner de forme trop humaine aux différents robots rencontrés (contrairement au film Robots de Chris Wedge et Carlos Saldanha), donnant ainsi beaucoup plus d'impact à leurs actes, à leurs choix ou ne serait-ce qu'aux gags.

Le film touche alors à tous les registres, de la pure comédie de gags par les boulettes d'un WALL-E souvent maladroit à la romance bourrée de tendresse et d'émotion, en passant par la course-poursuite haletante, le drame héroïque, la poésie visuelle mais aussi le film critique notamment au sujet des habitudes humaines. L'homme est présenté comme un imbécile n'aimant que la facilité, ne se posant jamais de question si cela risque de gêner son petit confort, ne sachant pas regarder autour de lui, n'apprenant rien de ses erreurs et les multipliant donc tout en se croyant supérieur à tout le reste. Retourné finalement au stade d'un enfant naïf incapable du moindre geste, y compris de se tenir sur ses pattes, il va devoir réapprendre à exister et pas juste à survivre comme une larve, avec peut-être l'obligation de se responsabiliser un peu s'il ne veut pas retomber toujours dans les mêmes travers.
Ah ça, on ne peut pas dire que l'être humain sorte vraiment grandi de l'histoire, même si Pixar y pose un regard plus sympathique que moralisateur, plein d'espoir pour cette humanité bornée mais capable de grandes choses... enfin, sauf dans WALL-E où l'humain ne sera qu'un spectateur un peu crétin et pas franchement maître d'un destin qu'il ignorait pouvoir connaître.
La société de consommation est en tout cas décrite dans ses extrêmes les plus absurdes, mais tout à fait vraisemblables, et l'arrivée de WALL-E, le candide persévérant, va bouleverser tout ce petit monde d'humains et de robots, ayant tous oublié qu'ils ne sont pas obligés de toujours suivre la même ligne que les autres, découvrant qu'ils peuvent aussi agir de leur propre chef, s'écarter du sentier tracé par les autres. Le tout se fait par petites notes ironiques bien senties qui tapent là où ça fait mal avec pas mal de justesse et de subtilité et les facéties d'un WALL-E hilarant et amoureux s'enchaînent à un rythme trépidant.
Le film est ainsi particulièrement intense, sans temps mort, sachant alterner les moments calmes presque introspectifs avec les scènes d'action les plus folles, sans jamais oublier une beauté visuelle à couper le souffle et un sens de la poésie bluffant. Les différentes personnalités rencontrées au fil du film, en majorité robotiques, sont extrêmement bien cernées et présentées et chaque scène regorge d'inventivité et de détails nécessitant à n'en pas douter plusieurs visionnages pour tout saisir.

On pourrait croire que nous parler des conséquences désastreuses de notre vie de pollueurs ne serait que surfer sur la vague écolo du moment mais peut-être également que c'est maintenant qu'on commence à prendre conscience de l'étendu et de l'urgence du problème que nous en parler au travers d'un film d'animation nous touchera plus fortement (même si Miyazaki par exemple n'a pas attendu qu'on nous matraque à coup de réchauffement climatique pour créer Nausicaä). Mais ce message n'en est qu'un parmi d'autres portés au travers du film, véritable ode à la vie, à la différence, à la beauté de ce qui nous entoure, à la créativité, à l'innocence, aux plus beaux côtés de l'être humain (ici personnalisés par... un robot). Et c'est même plutôt ironique de voir une filiale de Disney casser à ce point la société de consommation...
Au final, il est presque difficile de quitter WALL-E, tant l'adorable robot à la personnalité explosive aura réussi à toucher en plein coeur, faisant surgir des vagues d'émotion au fur et à mesure que l'on découvre ses aventures, riches et intenses.
Notons tout de même un générique de fin très bien pensé, utilisant les techniques picturales de la préhistoire jusqu'à nos jours pour raconter la suite de l'histoire contée pendant le film (j'ai d'ailleurs attendu la fin du film pour m'assurer qu'une des voix entendues était bien celle de Pascale Clark - LA voix par excellence - tout en sachant que c'était Sigourney Weaver en VO).

Reste au final une question : Le monde de Némo a vu exploser la vente de poissons-clowns - prouvant ainsi que ces spectateurs-là n'avaient rien compris au film - Ratatouille a fait grimper la vente de rats - certains espérant sans doute se faire préparer des p'tit dej par leur nouveau compagnon - mais que va faire WALL-E ? Mettre les exterminateurs de cafards au chômage ?

N'oublions pas l'habituel court-métrage présenté avant chaque Pixar, il se nomme ici Presto et raconte le difficile métier de prestidigitateur quand on travaille avec un lapin affamé et des chapeaux magiques... Cinq minutes de gags menés tambour battant, de quoi se mettre en bouche pour la suite...

Morgan

Auteur: Morgan

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Commentaires (1)

shun shun ·  03 septembre 2009, 22:46

enfin un bon pixar ... désolé pour les fans mais je suis loin d'être fan du studio, ratatouille par ex n'avait rien d'exceptionnel, un bon petit film pour la télé, sans plus. et "car" était vide d'intérêt.
pour wall e toute la première partie est génial, le film perd de son intérêt dés que l'homme entre en compte, mais bon le film est malgré tout resté intérressant.

aucune annexe



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