Les curiosités de Mangaverse

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

FullMetal Alchemist - conquérant de Shamballa

FULLMETAL ALCHEMIST : CONQUÉRANT DE SHAMBALLA
Un film de Seiji Mizushima

Sorti en salles françaises non définie
Sorti en DVD collector en septembre 2007 et standard en novembre 2007
Durée : 1h45

Présentation en avant-première au Festival International du Film d'Animation d'Annecy 2007

Chronique du 16 juin 2007

C'est un long métrage hors compétition que je vais voir, à savoir Fullmetal Alchemist : Conquérant du Shamballa de Seiji Mizushima. J'avais apprécié la série TV lors de sa diffusion sur Canal +, autant profiter de l'occasion qui m'est offerte de voir le film qui suit directement la fin du 51ème épisode. Surtout qu'avec Dybex, on ne sait jamais vraiment quand le DVD va sortir (et puis autant savoir ce que vaut le film avant de claquer des sous là-dedans)...

Bon, la série s'était terminée sur Edward Elric se sacrifiant pour sauver son frère Alphonse et disparaître (OK, mes souvenirs s'arrêtent là, c'est assez lointain dans ma tête). On retrouve donc Ed dans notre monde en 1923 en Allemagne. L'alchimie n'existe pas, il n'est qu'un bête gamin sans pouvoir qui ne sait pas comment retourner chez lui. Voilà deux ans qu'il est là, maintenant âgé de 18 ans, ayant tout de même réussi à se lier d'amitié avec Alphonse Heiderich, jeune homme passionné par les fusées, et qui évidemment ressemble trait pour trait au frère d'Ed. L'Allemagne des années 20 ne va pas bien, la frustration et la haine suite à un traité de Versailles vu comme profondément injurieux et injuste vont vite devenir le moteur de quelques groupuscules politiques bien décidés à prendre le pouvoir par la force. Ainsi, la Société de Thulé, attachée au service d'Hitler en quête de pouvoir, souhaite s'attacher les services d'Alphonse Heiderich en matière d'aéronautique...
Du côté d'Amestris, le monde d'origine d'Ed, son frère Al a retrouvé son corps mais celui de ses 13 ans, ayant oublié toutes leurs aventures passées après la tentative de résurrection de leur mère. Il veut néanmoins tout faire pour retrouver son grand frère et s'en perfectionné en alchimie à son tour. Si son monde est en pleine reconstruction, celui d'Ed est en pleine révolte latente et les deux sont forcément voués à se rencontrer avec fracas...

Voilà en tout cas 1h45 qui passent bien. Si le début du film est quelque peu mou du genou, mettant du temps à tout mettre en place, cherchant aussi bien à plaire aux fans de la série - en réintroduisant tous les personnages - qu'à tenter d'impliquer les autres spectateurs, la suite gagne en intensité et en rythme, au fur et à mesure que les plans de la Société de Thulé se forment et se nouent. Il aurait été facile de nous perdre à force de passer d'un monde à l'autre mais il n'en est heureusement rien, le tout passant avec fluidité, suffisamment complexe pour qu'on s'y plonge, pas trop pour qu'on n'y comprenne rien.

Certes, l'intrigue manque tout de même quelque peu de consistance, les plans de la Société étant plutôt cousus de fil blanc pour atterrir vers du basique "moi méchant, moi pas aimer autre, moi bousiller tout le monde" avec le big bad guy un peu simpliste dans ses intentions véritables et pas bien compliqué à atomiser.
J'aurais aussi apprécié que les personnages autres qu'Ed et Al soient un peu plus exploités, certains ne faisant vraiment que de la figuration pour dire "coucou je suis là, vous m'avez vu, j'étais au fond à gauche lors de la 12ème minute" mais cela n'était sans doute pas évident de faire tenir tout ça sur moins de 2h dans un univers aussi foisonnant où deux mondes qui s'ignorent se chevauchent... Mais tout de même, il ne se passe pas grand chose dans Amestris, le monde de l'alchimie.

Néanmoins, je ne boude pas mon plaisir pour autant. Voir les aventures des deux frangins Elric, toujours aussi unis malgré toutes les épreuves et toujours aussi attachants, sur grand écran en VOSTF est tout de même bien sympathique. Les scènes de combat tiennent bien en haleine, on retrouve les thèmes musicaux de la série, et c'est toujours jubilatoire de voir les alchimistes d'Etat en pleine action, avec quelques petites pointes d'humour qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.
Tout n'est pas non plus qu'une question d'action, d'ailleurs, car le film alterne les scènes mouvementées avec des scènes plus calmes, plus explicatives sans pour autant rompre le rythme (une fois passé la mise en place des premières minutes). De plus, le film a le mérite de vraiment clore la série (je vois mal comment il pourrait y avoir une suite après ça) sans pour autant fermer toutes les portes mais simplement tourner la page des intrigues déjà développées. Le monde créé à l'origine par Hiromu Arakawa reste un monde attachant et intéressant, aux personnages crédibles plutôt bien travaillés qu'on prend plaisir à retrouver et voir bouger sur grand écran (même si ça fait un peu bizarre de voir un Hughes avec un insigne nazi... preuve du non-manichéisme des personnages, s'engageant dans certains chemins que l'on sait mauvais mais pour défendre des causes auxquelles ils croient sans en deviner les conséquences). Les petites clins d'oeil aux fans de la série sont même assez amusants, quand ils nous font rencontrer divers personnages qu'Ed a pu croiser sur Amestris dans son nouveau monde...
Certes, ce n'est peut-être pas le chef d'oeuvre de l'année. Mais voilà un film qui peut ravir les amateurs de FMA, sans prétention et efficace, divertissant et plutôt attachant, avec beaucoup de tendresse pour ses personnages phares. Il n'hésite d'ailleurs pas à s'appuyer sur des faits et des personnages historiques (la tentative de putsch d'Hitler le 8 novembre 1923, Haushofer et la Société de Thulé), osant ainsi aborder des thèmes vite casse-gueules, le racisme et l'antisémitisme, la frustration suite à la défaite de la Première Guerre Mondiale, tout ce qui peut conduire un peuple à la haine et à l'affrontement sous prétexte de sauver son honneur, la bêtise d'une guerre devenue inéluctable malgré tout.

Voilà en tout cas une bonne manière de marquer la fin de la version animée tandis que le manga poursuit son propre cours.

Morgan

Auteur: Morgan

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés


aucune annexe



À voir également

tournuages02.jpg

La tour au-delà des nuages

Trois adolescents ne rêvent que d'une chose : approcher cette tour construite par le pays voisin. Mais qu'espèrent-ils y trouver ?

Lire la suite

distantstar02.jpg

The voices of a distant star

Deux collégiens séparés par la guerre parviendront-ils à garder contact au delà des distances et du temps qui passe ?

Lire la suite