LES MAGAZINES DE PRÉPUBLICATION JAPONAIS
LES CATÉGORIES MANGAS QUI EN DÉCOULENT - suite

Shôjo Manga, mode d'emploi

Gals 10 - couverture japonaise: shôjo léger, léger...

Da ! Da ! Da ! 6 - couverture japonaise: oh mais comme tu as de grands yeux...

RG Veda 5 - couverture japonaise: le premier manga professionnel des Clamp...

La rose de Versailles 6 - couverture japonaise: Oscar de Jarjayes en a fait rêver plus d'une...

Combination 4 - couverture japonaise: là encore, beaux mecs et ambiguité pour ce shôjo...

Zetsuai 5 - couverture japonaise: un shôjo à la sauce shônen ai qui a convertit plus d'une française au yaoi...

New York New York 2 - couverture japonaise: un des rares shôjo manga traduits en France à montrer ouvertement l'homosexualité masculine sans tabou...

Fake 2 - couverture japonaise: un yaoi que les fans françaises verraient bien en France...

Shôjo signifie jeune fille en japonais, le shôjo manga est donc tout naturellement le manga, la plupart du temps dessiné par des femmes, publié pour un public féminin (souvent jeune, les mangas pour femmes adultes ne sont par ailleurs pas du tout représentés en France).
On en reste la plupart du temps aux mangas contant des triangles amoureux, des situations impossibles, parfois légères à la Gals, parfois extrêmement sombres à la X. Un shôjo manga aura une narration très différente d'un shônen car plus libre et moins obligée de rester dans des cases. Ce qui risque toujours d'apporter comme inconvénient un côté assez fouillis, selon la mangaka. Les décors sont souvent mis un peu de côté, voire même assez inexistants, le manga étant plus souvent fixé sur le visage en gros plan, afin d'exprimer au plus près les émotions extrêmes que les héroïnes ne manqueront pas d'éprouver dans leur lutte pour conquérir leur prince charmant.

Il n'y a officiellement pas de sous-genre dans le shôjo même si on peut distinguer parfois quelques courants. Par exemple, on peut trouver des mangas utilisant uniquement des personnages chibi (chibi = child body: grosse tête, petit corps), très légers, tels que Da ! Da ! Da ! ou Cyber Idol mink. A l'inverse, depuis les années 70, on a pu voir se développer la mode des mangas d'horreur, non pas destinés aux garçons mais à leurs homologues féminines (Certains mangas de Junji Ito sont sortis dans des magazines shôjo tandis que d'autres comme Spirale (Tonkam) ont été prépubliés dans le Big comics spirits donc seinen, ou encore les oeuvres de Senno Knife dont deux exemples, Sister et La fin de l'eden, sont sortis dernièrement chez Vegetal manga et qui étaient prépubliés dans le mag shôjo Horror comics d'Akita shoten).
Enfin, on ne peut pas vraiment passer à côté du yaoi qui a autant de fans absolu(e)s que d'anti-fans révulsé(e)s. Le yaoi à la base est un manga basé essentiellement sur des relations homosexuelles entre deux (beaux) mecs.
Bon nombre de shôjo sont remplis de relations ambiguës entre des personnages du même sexe et ce depuis bien des années, avant même que le yaoi ne soit inventé. Il suffit d'ouvrir à peu près n'importe quel shôjo manga de Clamp, aussi bien Sakura que Tokyo babylon (Tonkam), X (Tonkam) que RG veda (Tonkam), Dukalyon (Pika) que Trèfle (Pika) pour s'en rendre compte (on peut parler également du travestissement qui, même s'il n'a rien à voir avec les relations homosexuelles, fait lui aussi parti des thèmes souvent utilisés dans les mangas: Princesse Saphir de Tezuka ou la Rose de Versailles (Kana) de Ikeda entre autre nous le prouvent). Très souvent, ça n'en reste qu'à des sous-entendus qui ne constituent en rien le point culminant de l'histoire.

Le yaoi est en fait assez différent. Il est à la base né dans les dôjinshi, les fanzines japonais sur lesquels travaillent aussi bien des mangaka amateurs que certains professionnels. Car le dôjinshi a pour avantage de ne pas risquer la censure du fait qu'il reste dans un circuit fermé loin des maisons d'édition traditionnelles et permet donc à son auteur de se lâcher s'il le souhaite. Bon nombre de yaoi ne sont en fait que des détournements chauds de mangas célèbres, souvent des shônen, où les nombreux personnages masculins finissent ensemble pour le plus grand bonheur des jeunes lectrices japonaises qui rêvaient de voir Sanosuke et Kenshin et autres Seiya et Hyôga en couple. Certains yaoi originaux, ne réutilisant pas des personnages déjà connus, ont fini par trouver des éditeurs bien souvent spécialisées (mais pas toujours, Kadokawashoten sort par exemple le magazine yaoi Ciel). Les yaoi ont donc leurs propres magazines, leurs propres codes (par exemple un code de couleur de la couverture du manga qui dira si le récit est plus ou moins hot, le shônen ai - amour entre garçons - étant un récit plus axé sur les sentiments et le yaoi à proprement parler plus axé physique et donc hot - Gravitation par exemple est du type shônen ai). C'est en cela qu'ils différent des shôjo, n'étant pas un sous-genre puisque ayant leurs propres circuits d'édition, il n'existe pas de collection officielle yaoi dans les shôjo. Pour autant, il arrive également que certains magazines shôjo publient des récits parlant de relations amoureuses entre hommes, tels le magazine Margaret qui publie Zetsuai (Tonkam) ainsi que sa suite Bronze (Notons tout de même qu'il s'agit du seul manga de ce type prépublié par Margaret). Néanmoins, ça reste un shôjo, malgré son sujet, vu son magazine de prépublication (même si beaucoup de fans françaises de yaoi ont certainement commencé avec Zetsuai. La manière dont on considère un récit par rapport à ses thèmes n'a pas forcément grand chose à voir avec son magazine et donc sa catégorisation.)

Reconnaissons tout de même que ce n'est guère intéressant de se battre pendant des heures pour savoir si tel titre est shôjo ou yaoi. Les shôjo jouant sur l'ambiguïté des relations sont légions tout comme les yaoi édités en dehors du cercle des dôjinshi et du comicket (grande convention du fanzinat qui a lieu chaque année, à laquelle participent souvent des auteurs reconnus également sur le marché traditionnel du manga édité). On remarquera également que de tels shôjo sont disponibles en France (il suffit de voir la quasi-totalité des Clamp ou encore Banana fish - G.Comics) alors qu'il est déjà plus difficile de trouver des yaoi (hormis Zetsuai et New York New York - G.Comics, tous deux édités dans des magazines shôjo au Japon, aucun manga sortant d'une édition 100% yaoi n'étant encore, à l'heure de ces lignes, arrivé en France, contrairement aux Etats-Unis ou en Allemagne où on peut trouver Fake ou Gravitation).
Enfin, une chose à ne pas perdre de vue, les yaoi et autres shônen ai sont écrits par des femmes pour un public féminin. Ils ont leurs propres règles, leurs propres manières de présenter les choses mais tout reste tout de même assez classique: le couple sera toujours formé par deux beaux mecs dont l'un sera le seme/l'actif/le viril et l'autre le uke/le passif/l'efféminé, histoire que la jeune lectrice puisse finalement retrouver un couple, pas forcément à première vue mais en tout cas au niveau des caractères, hétérosexuel, avec en prime de beaux mecs sensibles, torturés, extrêmes. Il ne faut donc pas y rechercher la moindre réalité de la vie d'un couple homosexuel masculin vu que ce n'est de toute façon pas ce que demande le public féminin.

X 18 - couverture japonaise: un manga aussi noir que sa couverture...

Urukyu 6 - couverture japonaise

Fushigi yugi 12 - couverture japonaise: Yuu Watase a été une des premières shôjo mangaka découverte en France

Vampire Princesse Miyu 9 - couverture japonaise: également édité dans le Horror Mag d'Akita shoten

Sister - couverture japonaise: un shôjo manga d'horreur...

Tokyo babylon 5 - couverture japonaise: les Clamp, les reines de l'ambiguité...

Gravitation 12 - couverture japonaise: un yaoi soft

Bronze 9 - couverture japonaise: la suite de Zetsuai

Après le shônen, c'est donc bien le shôjo qui a trouvé sa place dans l'univers mangaphile français. Et ce grâce à des titres venus de quelques magazines japonais (souvent mensuels ou bimestriels).

Ribbon (Shueisha)

Sho-comi (Shogakukan)

Margaret (Shueisha)

Cookie (Shueisha)

Bessatsu Friends (Kodansha)
QUELQUES MAGAZINES
CÔTÉ SHÔJO
Nakayoshi (Kodansha)

Hana to yume (Hakusen sha)

Betsucomi (Shogakukan)

Banana fish 15 - couverture japonaise: un dessin shônen, un souffle de yaoi et pourtant c'est un shôjo...

Asuka (Kadokawa shoten)

Parmi eux, des magazines s'adressant à un jeune voire très jeune public (en se référant au système scolaire français: école primaire-début du collège), avec par exemple:
Ribbon (lancé en 1955) chez Shueisha dont on connaît Wataru Yoshizumi avec Mint na bokura (Glénat) ou Marmalade boy (Glénat), Arina Tanemura dont le nom est peu connu en France hormis par celles (et ceux) qui attendent Time stranger Kyoko ou Kamikaze Kaitô Jeanne, Mihona Fuji et son Gals (Glénat), etc... Ce sont souvent des histoires kawai (mignonnes) à souhait, légères, bourrées d'amourettes et de magical girls. Mais cela n'empêche pas pour autant ce magazine d'aborder des thèmes plus adultes et audacieux qu'on ne pourrait le croire, avec par exemple les mangas de Ai Yazawa (comme Gokinjo Monogatari) ou encore Kodomo no Omocha de Miho Ôbana.
Nakayoshi (lancé en 1955) chez Kodansha, mensuel de 460 pages avec déjà les titres Clamp comme Cardcaptor Sakura ou Magic knight rayearth (Pika), Urukyu (Vegetal - le titre signifie Ultra cute: ultra mignon) de Namie Akimoto, Cyber Idol mink (Vegetal), Da ! Da ! Da ! (Vegetal), Sailor moon (Glénat)... C'est à peu près le même style que Ribbon, avec une prédominance des Magical girls, toujours aussi kawai, toujours aussi léger.
Shogakukan a également un magazine qui s'adresse au même public, Ciao, mais on n'en connaît aucun titre en France.

Pour un public un peu plus âgé (fin du collège-lycée):
Margaret (lancé en 1963 - le 5 et le 20 de chaque mois) chez Shueisha avec des titres tels que Zetsuai et Bronze de Minami Ozaki (qui avait commencé par des dôjinshi sur Captain Tsubasa), Hana yori dango (Glénat), gros succès toujours en course avec plus de 30 volumes... Des histoires dans un contexte donc un peu plus âgé que Ribbon ou Nakayoshi, mais qui restent dans le romantisme classique et consensuel. (A noter qu'il existe également Bessatsu Margaret, Za Margaret, Margaret DX...)
Cookie chez Shueisha avec Nana de Ai Yazawa (qui prépubliait ses oeuvres précédentes dans Ribbon)
Hana to yume (lancé en 1975 - le 5 et le 20 de chaque mois) chez Hakusensha avec les différentes oeuvres de Kaori Yuki (Angel sanctuary et sa série des Comte Cain - Tonkam), de Saki Hiwatari (Please save my earth - Tonkam, Magie intérieure ! - Akata/Delcourt), des titres comme Yami no matsuei (Tonkam - là encore des relations ambiguës de type shônen ai) ou Fruits basket (Akata-Delcourt), etc... Des histoires donc parfois un peu plus sombres, plus tragiques, plus torturées, avec toujours de la romance en toile de fond.
Lala (le 24 de chaque mois) chez Hakusensha qui prépublie Kare kano (qu'on verra bientôt en France) ou encore Kaguya Hime.
Sho-comi chez Shogakukan dont sont issus les mangas de Yuu Watase comme Alice 19th (Glénat), Fushigi yugi (Tonkam), Imadoki (Tonkam)...
Betsucomi chez Shogakukan avec les titres de Akemi Yoshida comme Banana fish (G.Comics) ou son dernier, Yasha, Basara (Kana) de Yumi Tamura...
Bessatsu Friends (le 13 de chaque mois, 510 pages) chez Kodansha dont les succès Peach girl (G.Comics) ou Mars (G.Comics - l'auteur, Fuyumi Soryo, prépublie maintenant ES dans le Morning)
Asuka (le 24 de chaque mois) chez Kadokawashoten avec X (Tonkam) de Clamp ou DNAngel, non sorti en France mais attendu par les fans de Yukiru Sugisaki (qui avait auparavant sorti Brain powerd dans le Shônen Ace). On y trouve également Drogue légale (Tonkam), toujours de Clamp, auparavant prépublié dans le magazine Shôjo Teikoku qui n'a pas duré très longtemps. Asuka est donc plutôt tourné vers la magie et la fantasy.

Et enfin en magazines plus âgés (fin du lycée-université), parlons de Zipper, pas vraiment spécialiste de la prépublication car magazine de mode mais qui contient dans ses pages Paradise Kiss de Ai Yazawa, ou encore Eyes chez Shueisha qui sort Alichino (G.Comics) de Kouyu Shurei, magazine donc plutôt tourné fantasy.

Pour des femmes plus âgées, on passe à la catégorie Lady's dont aucun manga n'est sorti en France.
Je ne parlerai pas des magazines yaoi vu qu'aucune oeuvre qui en est issue n'est disponible pour le moment en France.
En tout, il doit y avoir une bonne cinquantaine de magazines s'adressant à un public féminin.

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