LES MAGAZINES DE PRÉPUBLICATION JAPONAIS
LES CATÉGORIES MANGAS QUI EN DÉCOULENT - suite

Le Seinen Manga dans toute sa diversité

Les seinen mangas s'adressent à un public plus âgé que le shônen, disons les hommes ayant entre 20 et 35 ans. Les personnages sont décrits comme plus complexes, pas aussi idéalistes (et idéalisés) que des Luffy "One Piece" ou des Sangoku "Dragon ball", les histoires n'hésitent pas à aller plus loin, être plus profondes, plus sombres, étant moins limitées niveau violence et érotisme. Il y a plus de magazines seinen que shônen, les éditeurs n'hésitant pas à avoir plusieurs magazines très différents pour contenter ce public plus âgé. Ces magazines, contrairement aux shônen, sont souvent agrafés et non collés, ont un papier d'un peu meilleure qualité (juste un peu) qui ne change pas de couleur entre chaque série. Ils se vendent à moins (voire beaucoup moins selon les titres) d'exemplaires que les magazines shônen, vu leur nombre et le public visé assez diversifié, qui peut aller du jeune de 20 ans au salaryman.

Young Jump

Tough 42 - couverture japonaise: la série vient de se terminer avec ce 42ème volume
SHUEISHA
CÔTÉ SEINEN
Ultra Jump

Gunnm last order 4 - couverture japonaise: le retour de Gally dans le cyberpunk univers de Gunnm

Chez Shueisha, nous avons par exemple le Young Jump, magazine hebdomadaire qui tire dans les 1 450 000 exemplaires. Le fait que sa couverture soit bien souvent ornée d'une jeune fille en maillot de bain le différencie à vue d'oeil des magazines shônen. Nous connaissons déjà quelques séries de ce magazine en France: Tough (Tonkam) qui vient de se terminer après son 42ème volume - Gantz (Tonkam) - Captain Tsubasa road to 2002, 3ème longue série de Y.Takahashi sur Tsubasa qui a donc délaissé le Weekly Jump - Himitsu Sentai Momoider, 4ème série en cours pour Tôru Fujisawa.
Toujours chez ce même éditeur, Hyper Age Manga Magazine Ultra Jump, magazine seinen mensuel de 450-500 pages, qui intéresse un public peut-être plus tourné vers le côté artistique de ses titres. Il sort le 19 de chaque mois et il s'en vend dans les 100 000 exemplaires. On y trouve par exemple Gunnm: last order (Glénat - alors que Gunnm était prépublié dans le Business Jump mais Kishiro souhaitait passer à un rythme de parution mensuel), Bastard (Glénat - à la base prépublié dans le Weekly Jump mais l'auteur a lui aussi préféré passer à un rythme plus lent... voire très lent...), Agharta (Kana), Enfer et paradis (G.Comics), etc.



Young Magazine

Chobits 3 - couverture japonaise: Les Clamp semblent apprécier s'éloigner des shôjo...

Afternoon
KODANSHA
CÔTÉ SEINEN
Young Magazine Uppers

Magazine Z

Morning

Chez Kodansha, là encore, pas mal de magazines connus.
Le Young Magazine, hebdomadaire de 390 pages (1 220 000 exemplaires) qui a pu accueillir Chobits (Pika - les Clamp viennent d'ailleurs d'y commencer XXXHOLIC), Akira (Glénat), Ghost in the shell (Glénat), 3x3 eyes (Pika), Mother Sarah (Delcourt), Dragon head (Pika), Initial D, etc...
Le Young Magazine Uppers (pour un public un peu plus âgé que le Young Mag), bimensuel de 380 pages qui sort Rose Hip Rose, un des nouveaux titres de Fujisawa Tôru.
Le Magazine Z, mensuel de 680 pages avec des titres comme Jing le roi des voleurs (2nde saison), Lin 3 (Pika), Psychic academy (Pika), Batman (Semic) de Kia Asamiya, Turn a gundam (Pika), FLCL (Pika), Dark crimson (Pika), Baby birth (G.Comics), D'V (G.Comics), etc...
L'Afternoon, mensuel dont on connaît beaucoup de séries: Blame (Glénat), Naru taru (Glénat), L'habitant de l'infini (Casterman), Eden (G.Comics), Exaxxion (Glénat), Ah ! My goddess (Pika), Parasite (Glénat), Genzo le marionnetiste (Pika - par l'auteur de 3x3 eyes), You're under arrest (Pika), Gunsmith cats (Glénat), Kamikaze (G.Comics), Seraphic feather (Pika), Dispersion (Casterman), Ikkyu (Glénat), Jiraishin, Le réveil du dieu chien (Akata-Delcourt), Le cheminot (G.Comics), Fleurs de pierre (Vent d'ouest), etc.... Tokko, dernier-né de Fujisawa Tôru, auteur de GTO, vient d'y trouver sa place. Il fait dans les 700-800 pages, sort le 25 de chaque mois et se vend dans les 160 000 exemplaires. Tout comme l'Ultra Jump, il touche lui aussi un public plus axé sur l'esthétisme un peu underground.
Le Morning, hebdomadaire de 420 pages touchant le public le plus âgé de la tranche seinen avec des séries telles que Planètes (G.Comics), Gon (Casterman), Spirit of wonder (Casterman), What's Michael (Glénat), Kurogane (Glénat). A noter d'ailleurs que ce magazine n'en reste pas aux auteurs japonais mais invite également des auteurs coréens ou français dans ses pages.



Big Comic Spirits

20th century boys 6 - couverture japonaise: quand les rêves d'enfants deviennent le cauchemar de l'humanité...
SHOGAKUKAN
CÔTÉ SEINEN
Ikki

Ping Pong 1 - couverture japonaise: le prochain Taiyo Matsumoto bientôt en France

Shogakukan n'est pas en reste avec par exemple le Big Comics (lancé en 1968) qui existe maintenant sous la forme de 4 magazines: Big comics, Big comic Original, Big Comic Superior et Big Comic Spirits sur lequel nous allons nous concentrer. Parmi tous les magazines seinen, c'est peut-être bien celui-là dont le public est le plus jeune. Et comme d'autres magazines seinen, il n'est pas vraiment réservé qu'aux hommes puisqu'un tiers de son lectorat est féminin. On a pu ou peut y trouver des titres comme Monster (Kana) et 20th century boys (G.Comics) de Naoki Urasawa, Maison Ikkoku (Tonkam), Jinbe (Tonkam) d'Adachi, Larme ultime (Akata-Delcourt) de Shin Takahashi, etc... Il s'en vend dans les 650 000 exemplaires dès sa sortie tous les lundi avec une moyenne de 400 pages.
On trouve également le Spirits Zôkan Ikki, magazine aux allures assez underground (dans le même ordre d'idée que l'Ultra Jump de Shueisha ou l'Afternoon de Kodansha mais en plus poussé dans le non-conventionnel et l'expérimental). Pour l'instant, un seul titre nous est parvenu (enfin presque, si Végétal manga finit par le sortir), Dorohedoro. Mais on compte parmi ses auteurs Taiyo Matsumoto (Frères du Japon, Printemps bleu, Amer béton chez Tonkam, bientôt Ping-Pong chez Akata-Delcourt) avec son manga Number Five.



Futari H 21 - couverture japonaise: comment expliquer le sexe façon BD

Comic Bunch

Sôten no Ken 3 - couverture japonaise: c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures sauces...
ET LES AUTRES ?
Young animal

Action

Coq de combat 16 - couverture japonaise: un manga seinen à ne définitivement pas mettre entre toutes les mains...

Chez Hakusensha, on ne trouve pas que des shôjo vu que dans le Young Animal sont prépubliés des mangas aussi différents que Berserk (ex-Dybex ?) de Miura, Bleu indigo (Pika) ou encore Futari H de Katsu Aki, mangaka d'Escaflowne, sorte de manuel d'éducation sexuelle illustré.
On ne peut pas non plus passer à côté du magazine Comic bunch de Shindôsha, nouveau venu (car il a débuté en 2001) qui a compris comment réussir durant la crise: retrouver le lectorat des shônen d'il y a 20 ans en lui proposant des héros qu'il connaît déjà. C'est ainsi qu'on y trouve Angel heart de Tsukasa Hôjo, pas vraiment une suite de City hunter (J'ai lu) même si on y retrouve le nettoyeur aux "coucou" d'enfer Ryô Saeba, la sexy inspectrice Saeko Nogami ainsi que d'autres, en plus d'une nouvelle venue, Glass heart, jeune tueuse professionnelle désenchantée. On y trouve également Sôten no Ken, toujours par la paire Buronson-Tetsuo Hara, sorte de prequel de Ken le survivant (J'ai lu). Voilà un hebdomadaire de 330-360 pages, qui vise le même public que les Young Magazine et autres Young Jump, se basant là sur l'effet nostalgie, ce qui semble fonctionner aux vues des 460 000 exemplaires qui se vendent régulièrement (effet nostalgie encore plus affirmé dans le magazine Raijin comics du même éditeur qui ressort d'anciennes séries en prépublication - Raijin s'est d'ailleurs exporté aux Etats-Unis où une version américaine sort, avec City hunter, Ken le survivant et Slam dunk en prépublication).
Enfin, n'oublions pas le Manga Action Weekly de l'éditeur moins connu du public francophone Futabasha (éditeur moins ciblé vers le jeune public mais plutôt lié au gekiga, manga des années 60-70 à la vocation plus réaliste et sérieuse que les productions habituelles de l'époque), premier magazine seinen puisque né en 1967 et qui a su se faire sa place grâce à de grands noms du manga tels que Tezuka ou Otomo (avant Akira). On peut citer comme titres Lone wolf and cub (G.Comics), célèbre manga de samouraï qui a engendré plusieurs films et reste présent dans la mémoire collective japonaise, plusieurs Taniguchi tels que Au temps de Botchan (Seuil), des titres comme Crayon shinchan et son succès du moment, Coq de combat (Akata-Delcourt). Il se vend 400 000 exemplaires de ce magazine dont la cible est clairement le salaryman.

Après l'énorme développement du shônen manga en France, c'est maintenant au tour du seinen d'y faire son entrée, aidé en cela par des titres parfois de grande qualité qui permettront aux anciens lecteurs qui ont grandi avec Dragon ball ou Video girl de trouver des histoires plus en adéquation avec leurs aspirations et leur demande. Si vous voulez faire le tour complet des magazines seinen, vous en trouverez facilement une bonne soixantaine...

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