Drames, tensions, retournements de situations... Café Dream est à l'opposé de tout cela.
Si Sasuke et Kaori ont un mariage qui semble autant voué à la réussite que celui de Roméo et Juliette, l'atmosphère qui règne au fil des pages n'est pourtant en rien tragique. Au contraire, de par ses personnages principaux et les situations qui en découlent, tout est léger, serein ou franchement drôle. Avec la coolitude de Sasuke, la jalousie de Kaori et la tête dure du père, il y a déjà un mélange détonnant mais les phases de dégustation sont en plus de cela un pur régal.

Lorsque les personnages goûtent, découvrent un nouveau café, ils sont transposés dans un univers que l'on croirait ouvert par des substances douteuses (tous les ingrédients ne doivent pas être dévoilés lors de la préparation). Les représentations de ces scènes sont excessives au possible, des lignes d'exclamations entourent les visages dont les yeux sont presque exorbités, les personnages poussent des cris et, comme dans le dessin animé Petit chef, ils ont souvent du même coup des révélations sur le sens à donner à leur vie. Un critique retrouve ainsi la pureté du goût de sa jeunesse et veut reprendre sa carrière à zéro, un jeune homme comprend à quel point son père l'aimait, etc.

La conclusion des chapitres est aussi très souvent savoureuse parce que les personnages changent parfois de vie radicalement, le happy end est alors si mielleux que, second degré ou pas, c'est hilarant, soit ils n'ont rien compris au message et croient l'appliquer en faisant des erreurs encore plus grosses.