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| À LA DÉCOUVERTE
D'UN MANGAKA... |
Découverte en France fin 2002, il n'a alors pas fallu
longtemps à Ai
Yazawa pour se voir accéder au statut tant envié
de mangaka chouchouté par une partie du public francophone.
Mais volà pourtant plus de 20 ans qu'elle travaille comme
mangaka au Japon.
À LA MODE JAPONAISE...
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| Escape
en un volume sorti le 14/09/88 chez Shueisha |
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| Cookie du 11/2000
avec Nana en couverture |
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| Cookie du 05/2005
avec Nana en couverture |
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Née en 1967, Ai Yazawa s'intéresse
aux mangas dès son plus jeune âge. Elle
se présente alors à un concours organisé
par le magazine Ribon
de l'éditeur Shueisha vers 1980 et commence à
proposer des nouvelles en 1983-1984.
Son premier volume relié sort en 1986 et elle
enchaîne alors les one-shots et autres très
courtes séries avant un premier succès
en 1992, Tenshi
Nanka ja nai (Je ne suis pas un ange).
Mais c'est véritablement en 1995 que sa première
série phare est lancée, toujours dans
le magazine Ribon, et elle s'appelle Gokinjo
Monogatari. La série, qui raconte la
vie de la jeune Mikako, future styliste à la
Yaz'Art, est même déclinée en romans
et en série TV. Yazawa y met d'ailleurs en scène
sa passion pour la mode : ce n'est pas pour rien si
elle a passé une année à l'institut
de mode d'Osaka.
Suivent alors en 1998 les 3 volumes de Kagen
no tsuki, petite incursion dans le fantastique.
Les romances lycéennes ne sont plus l'unique
sujet, préfigurant des oeuvres suivantes un peu
plus matures. Manga qui aura d'ailleurs droit à
son film live en 2004.
Yazawa change alors de magazine de prépublication
: fini le Ribon, après 15 ans de bons et loyaux
services. Pourquoi donc ne pas proposer une sorte de
suite à son succès, Gokinjo Monogatari,
genre 20 ans après ? C'est ce qu'elle commence
dans le magazine Zipper
de l'éditeur Shodensha, magazine exclusivement
consacré à la mode. Paradise
kiss naît, où l'on retrouve certains
personnages de Gokinjo dans l'entourage de la
jeune Yukari, lycéenne ne supportant plus sa
vie bien rangée et qui découvrira l'univers
de la mode en rencontrant les jeunes stylistes en herbe
du groupe Paradise kiss. La série se termine
en août 2003 au bout de 5 volumes bien touffus
mais le souvenir reste puisqu'une série TV est
en cours de diffusion au Japon.
Mais, tout en travaillant sur Paradise kiss,
elle continue d'oeuvrer chez Shueisha, se lançant
dans une nouvelle série à l'occasion du
lancement du magazine Cookie.
Le public visé est un peu âgé que
celui du Ribon (destiné à la base aux
jeunes collégiennes là où Cookie
vise plutôt les lycéennes et étudiantes),
permettant alors de se lancer dans une histoire plus
mature. Prévu au départ pour n'être
qu'une succession de nouvelles avec des personnages
féminins portant toutes le même prénom,
Nana est depuis devenu un énorme succès,
ayant eu droit aussi bien à son artbook, son
fan book qu'à son film live en septembre 2005,
déchaînant un phénomène médiatique.
Les aventures tokyoïtes de deux jeunes filles,
entre musique et mode, ont en effet enflammé
le cur de bien des lecteurs.
Actuellement, Ai Yazawa continue donc de travailler
sur Nana mais pour combien de temps encore ?
Dépassera-t-on les 14 volumes ? Ça, c'est
déjà une certitude puisque ce 14ème
volume est sorti le 15 décembre au Japon et que
la prépublication continue
A noter qu'en 2004, Yazawa aura participé à
la création de Princess
Ai, BD créée par Courtney Love
et DJ Mily et dessinée par Misaho Kujiradou,
dont elle aura fait semble-t-il simplement le character
design.
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| Marin Blue No
Kaze Ni Dakarete, volume 1 sorti le 15/03/99 |
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| Cookie du 10/2003
avec Nana en couverture |
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| Cookie du 10/2005
avec les deux actrices du film Nana |
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TOUTES LES NANAS DE FRANCE...
En
France, c'est donc Akata/Delcourt
qui propose de découvrir le travail de la mangaka avec
la sortie de Nana
en novembre 2002. Le succès sera au rendez-vous, amenant
même l'éditeur à proposer au public le fanbook
Nana
7.8 deux ans après le début de la série.
Et si Akata avait promis qu'ils s'occupaient de sortir d'autres
uvres de Yazawa, c'est pourtant bel et bien Kana
qui propose Paradise
kiss dès novembre 2004. Mais c'est bien chez
Akata/Delcourt que paraît alors Gokinjo,
une vie de quartier, un mois avant.
Aucune nouvelle néanmoins concernant une sortie des précédents
mangas de Yazawa : à suivre, sans doute
A noter enfin que Princess
Ai paraît depuis juillet 2005 chez Soleil
Manga. Mais l'apport de Yazawa y est pratiquement indécelable
même si le look de l'héroïne est assez "
fashion ".
LA MODE DU SUCCÈS ?
Le
trait de Yazawa se reconnaît désormais entre mille
: ses personnages sont des fils de fer en plan large, avec des
jambes et des bras longs et aussi épais qu'une allumette.
Un style allongé d'autant plus renforcé par le
look des personnages, portant bagues, boucles d'oreilles, piercings
et vêtements de marque (Vivienne Westwood par exemple).
A coté de ça, les gros plans des visages sont
particulièrement fins et réalistes, s'attachant
à retranscrire la moindre émotion qui submerge
souvent les personnages. Ce style graphique n'apparaissait évidemment
pas au début de la carrière de Yazawa, il suffit
pour s'en convaincre de jeter un il aux premières
planches de Tenshi Nanka Ja Nai (l'oeuvre charnière
où son style commence à s'affirmer) où
les personnages ont un design shôjo des plus classique
(comprendre "avec des membres d'une épaisseur et
longueur à peu près normales") même
si les regards ont déjà ce petit quelque chose
de triste et mélancolique qu'on retrouve dans ses oeuvres
plus récentes.
Un autre des traits caractéristiques de la mangaka est
un humour omniprésent : les personnages ne se prennent
pas au sérieux et sont constamment redescendus de leur
piédestal de gravures de mode par une petite phrase taquine,
une extrêmisation de leurs sentiments et réactions,
au travers de caricatures.

Mais si l'humour est bien présent, l'émotion,
la mélancolie et la tristesse font également partie
du paysage quotidien des personnages yawaza-esques. Que la série
soit destinée aux collégiennes ou aux lycéennes,
on trouvera en filigrane les peurs et doutes associés
à un être en pleine transformation, voyant ses
idées et ses ambitions se heurter aux lourdeurs et contraintes
d'une réalité impitoyable et sans concession.
Si le ton sera évidemment plus léger dans un Gokinjo
que dans un Nana - les thèmes de sexualité
et grossesse ou de la difficulté du monde du travail
ne parleront pas forcément à des collégiennes
- il n'en reste pas moins que les interrogations des personnages
face à ce qui les entoure sont bel et bien présentes.
Et c'est peut-être cette universalité des sentiments
et émotions mis en scène qui fait le succès
de la mangaka
COUP D'OEIL FRANCOPHONE
Les titres ci-dessous sont listés dans l'ordre de leur
sortie française.
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| Nana - 12 volumes sortis, en cours au
Japon - Akata/Delcourt |
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Nana Komatsu est une lycéenne
mignonne, plus intéressée
par la mode que par ses études, et
surtout véritable coeur d'artichaut
ne manquant jamais de craquer quand débarque
un beau garçon. Nana Osaki est orpheline
et tout ce qu'elle a dans la vie, c'est
sa place de chanteuse dans le groupe punk
amateur Blast ainsi que Ren, l'homme qu'elle
aime. Ces deux jeunes femmes se rencontrent
sur le chemin pour Tokyo et ne se quitteront
presque plus... L'ascension musicale de
l'une ne se fera pas sans les coups de coeur
de l'autre. Le monde des adultes, avec ses
responsabilités à assumer
et ses choix à prendre, se révèlera
impitoyable pour elles et leurs nombreux
amis, au destin aussi divers que leur caractère.
Première incursion d'Ai Yazawa en
France, ce manga aura su convaincre un public
aussi bien féminin que masculin,
de par son humour, sa profondeur, sa sensibilité
à fleur de peau, ses personnages
attachants et complexes, finalement si humains.
Le tout étant de savoir si la série
ne traînera pas trop en longueur pour
cause de gros succès...
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| Gokinjo, une vie de quartier - 7 volumes
- Akata/Delcourt |
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Mikako, lycéenne à
la Yaz'art, se voit déjà future
styliste de mode de sa propre marque. Mais
si son avenir professionnel la fait rêver,
son quotidien se partage avec sa bande d'amis
dont Tsutomu, son voisin et ami d'enfance
dont elle est amoureuse sans vraiment s'en
rendre compte. Nul doute que le chemin vers
l'âge adulte et son rêve ne
se feront pas sans heurt, y compris pour
son coeur.
Voici donc un manga plus jeune dans son
traitement, beaucoup plus léger,
qui décevra donc ceux qui s'attendent
à y retrouver la profondeur perçue
dans Nana. Néanmoins, pris
comme une simple petite confiserie sans
prétention, l'ensemble est toujours
aussi maîtrisé malgré
quelques longueurs et un peu de délayage
étouffant. De quoi néanmoins
plaire aux plus jeunes et même à
leurs grandes soeurs...
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| Paradise kiss - 5 volumes - Kana |
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Yukari, 18 ans, n'a guère
de rêve en tête. Elle bosse
autant que possible depuis des années
pour satisfaire sa mère par ses résultats
scolaires qui n'en restent pas moins moyens.
Elle rencontre alors les 4 membres de Paradise
kiss, apprentis-stylistes à la Yaz'art
: ne voudrait-elle pas être leur mannequin
pour leur défilé de la fête
de l'école ? La jeune fille, forte
de ses convictions concernant la voie qu'on
la pousse à suivre depuis des années,
découvre alors un tout autre monde,
où elle est alors libre de choisir
et de prendre sa vie en main, tout en apprenant
les difficultés d'un amour réciproque
mais âpre auprès de l'énigmatique
George.
Sorte de suite de Gokinjo, une vie de
quartier 20 ans après, voilà
un manga attachant, fort et prenant, avec
des personnages détaillés
et complexes.
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PLAN LARGE JAPONAIS
Petite sélection totalement arbitraire de titres qu'on
ne connaît pas encore pour le moment en version française...
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| Tenshi Nanaka Ja Nai - 8 volumes sortis
entre 1992 et 1995 - Shueisha |
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Midori fait partie de la
première génération
d'élèves de la toute nouvelle
école Hijiri. Déjà
populaire dans sa classe par sa bonne humeur
et sa gentillesse, elle a craqué
en secret pour le mystérieux Akira.
L'élection des membres du conseil
des élèves est alors l'occasion
de lier connaissance puisqu'ils sont élus
tous les deux, en compagnie de trois autres
de leurs camarades. D'office, ils doivent
organiser le Festival de l'école...
On pourrait traduire le titre par "Je
ne suis pas un ange", il s'agit du
premier succès de Yazawa où
l'on découvre d'ailleurs sa mascotte,
le Sudosaure....
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| Kagen no tsuki - 3 volumes sortis entre
1998 et 1999 - Shueisha |
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Mizuki, lycéenne,
ne supporte plus sa famille. Sa mère
est morte et son père s'est tout
de suite remarié avec sa maîtresse
et leur enfant. La jeune fille rencontre
alors Adam, un guitariste aux yeux bleus
dont elle tombe follement amoureuse. Elle
part vivre avec lui. Mais que ressent-il
pour elle, alors qu'il ne voit en elle que
l'image de son ex-petite amie, décédée
? Un soir, Mizuki part rejoindre Adam dans
la rue, là où ils se sont
rencontrés la première fois.
Elle traverse en courant, ne voit pas la
voiture qui arrive... Elle rencontre alors
une petite fille dans un lieu étrange,
avant de se retrouver, seule, dans la maison
qu'elle partageait avec Adam. Hotaru, la
petite fille, a elle aussi vu Mizuki, alors
qu'elle était à l'hôpital.
Etait-ce un rêve ? Partant à
la recherche de son chat Lulu, elle se retrouve
face à une vieille bâtisse
qu'on dit remplie de fantômes...
Un manga avec une touche de fantastique,
nous faisant suivre l'histoire au travers
du point de vue successifs des différents
personnages.
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