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Du 3 au 6 juillet 2008, vous n'étiez sans doute pas sans savoir que se tenait à Paris la 9ème édition de Japan Expo, devenu au fil des années un rendez-vous incontournable pour tout fan de mangas adepte de la foule, des dédicaces et autres goodies.
Après une première visite à l'édition 2006, j'ai donc retenté l'aventure cette année, cette fois-ci en prenant déjà plus mon temps puisque participant aux deux premiers jours, histoire d'éviter la foule du week-end... Quelle grande naïve je fais ! J'en ai en tout cas profité pour prendre un max de photos...

JEUDI 3 JUILLET 2008

La foule, déjà...

C'est donc jeudi matin que l'on part plein d'espoir dans la Herbvmobile, vite coupés dans notre élan par les premiers bouchons alors même que l'on doit faire un détour pour prendre deux fanzinettes enthousiastes avec leurs 300Kg de matériel et leurs décors quelque peu encombrants.
C'est fou ce qu'on peut faire rentrer dans une Modus !

C'est donc après deux bonnes heures de route au milieu des embouteillages - je vais devoir m'y faire, on y aura droit à chaque trajet, quelle ville de fous !! - que l'on atteint le parc des expo à Villepinte avec pour nouvelle mission de dénicher le parking Exposant. Moi qui pensais que le jeudi serait tranquille, je suis vite détrompée par les coups de fil successifs de Gally et Ashizo, nous prévenant que c'est déjà le bordel et qu'il n'y a pas que sur la route que grouillent les embouteillages...

L'entrée

Après une hasardeuse recherche du parking fantôme qui nous aura simplement permis d'atteindre le parking "ça-doit-pas-être-là-y-a-personne" (effectivement, ce n'était pas là...), on apitoie un brave vigile qui finit par nous laisser rentrer quand on lui explique que, si si, on va tout de suite aller chercher nos badges presse de l'autre côté du bâtiment "Allez m'sieur, soyez cool, quoi, on va pas resquiller !". On traverse donc tout le hall 5 de Japan Expo pour arriver finalement dans le hall d'entrée histoire de vraiment obtenir nos badges presse, les sésames indispensables pour qui veut tout gruger et profiter de l'open bar gratuit...
Ah oui, effectivement, il y a du monde, heureusement que Gally a commencé à faire la queue pour nous, on n'aura qu'à attendre une petite demi-heure. C'est d'autant plus rageant quand on voit que l'autre queue, réservée aux Presse non pré-enregistrés, avance plus vite... A quoi ça sert de s'enregistrer à l'avance ? Ainsi, de nombreux journalistes vont poireauter une bonne partie de la matinée avant de pouvoir enfin entrer. Il y a comme un petit souci d'organisation à résoudre pour la prochaine fois... J'en profite en tout cas pour jeter un oeil sur les files d'attente des visiteurs devant l'entrée, histoire de prendre la température du jour... Que de monde déjà alors qu'il n'est que 11h !

Une vue du Hall 5

Une fois l'étape du badge passée, à nous Japan Expo ! Ayant déjà vu l'édition 2006, l'effet de surprise joue forcément moins mais ça reste très grand, d'autant qu'un second hall a été ajouté. Ainsi, le hall 5 est déjà bien rempli avec les stands des éditeurs mangas, les boutiques, les fanzines, les RPG et jeux de rôle, un quadripode impérial venu tout droit de la planète Hoth sans doute grâce à la porte des étoiles juste à côté ainsi que les imposants stands Ankama et Nintendo. Le hall 4 lui est réservé aux jeux vidéo, Bandaï et ses armures des Chevaliers du zodiaque et aux arts martiaux et autres sports de combat, catch compris. Enfin, l'amphithéâtre, un bien grand mot pour une simple mais énorme salle plongée dans le noir, est accessible par le fond du hall 5 et accueillera divers événements avec ses 3000 et quelques places. Il me semble qu'il y a aussi une salle de concert mais n'étant pas intéressée...

Certains éditeurs sont en tout cas bien visibles, Kana, son Naruto gonflable et sa peluche géante de Chopper (pour Kana Vidéo), Glénat et son entrée en forme de torii, Ki-oon et ses banderoles - que de chemin parcouru en quelques années... - Dybex et son habituel Alphonse taille réelle, le petit musée de Tonkam avec des exemples de leurs séries phares, Ankama et sa mini-convention à lui tout seul. Le stand Soleil paraît par contre bien petit quand on se souvient de leur taille à Angoulême. Sans oublier le stand des 40 ans de Shueisha, présentant des pages originales de leurs mangas phares. Mais où est donc Digiclub ? Il y a en tout cas vraiment de quoi regarder...

L'expo Shueisha

Petite galerie spéciale éditeurs
Akata/Delcourt
Ankama
Asuka
Casterman
Doki-Doki
Glénat
Kami
Kana
Ki-oon
Kurokawa
pika.htm
Pika
Taifu comics
Tonkam
   
Une boutique parmi d'autres...

En effet, quelque chose me semble assez appréciable à Japan Expo. On ne se retrouve pas là uniquement face à un gros supermarché du manga, impression que m'avait largement laissé ma visite au dernier Cartoonist de Paris, puisqu'il y a énormément d'activités aussi diverses que variées au fil des quatre jours d'expo. Démonstrations d'arts martiaux, projections de films, conférences, concerts, dédicaces, avant-premières, manga café, jeux vidéos en libre service, etc. sans oublier bien sûr les dédicaces, nombreuses, les rencontres avec les éditeurs, la balade au milieu de boutiques aux articles parfois obscurs, il y a vraiment de tout pour peu qu'on ne soit pas totalement allergique à la foule ni à l'otakisme de base, qui reste tout de même très bon enfant et sympathique.

Mon jeudi commence donc par un petit tour des lieux histoire de se repérer, avant d'attendre Herbv parti rechercher un dossier oublié sur le stand des badges presse. Un petit tour au self s'impose pour prendre des forces, c'est très calme, de quoi se reposer du bruit et de la foule pendant quelques minutes. Appréciable.

Alphonse Elric

Je passe ensuite voir Taifu comics histoire de récupérer des posters - j'aime beaucoup ceux de Tout sauf un ange ! et de Kyoko Karasuma - et j'en profite pour saluer le stand Doki-Doki où je discute quelques minutes avec Arnaud Plumeri, responsable communication. Il me fait découvrir les futures nouveautés, notamment Les Triplées et At Laz Meridian, leur premier shôjo, mais finit aussi par m'annoncer la mauvaise nouvelle de la journée, à savoir l'arrêt du Cortège des cent démons. Ce n'est hélas pas vraiment une surprise, le dernier volume, à savoir le 6, date d'avril 2007, la suite ayant à l'époque été repoussée à cause de la dissolution de l'éditeur japonais alors repris par sa maison-mère.
De plus, on savait que la série n'était pas un succès commercial en France. En effet, il m'explique que chaque volume se vend à moins de 700 exemplaires et qu'ils ne peuvent ainsi continuer à l'éditer, Doki-doki n'ayant pas l'envergure nécessaire pour supporter un tel échec. Une oeuvre sortie sans doute trop tôt chez un éditeur qui manquait alors d'expérience et prendrait certainement des décisions marketing différentes s'ils la sortaient aujourd'hui. Heureusement, chaque volume proposait des histoires auto-conclusives, il n'y a donc pas de frustration d'arrêt en cours d'une intrigue (vous avez dit Kindaichi ??). Tant pis en tout cas, espérons que ce soit une simple erreur de parcours prouvant simplement une fois encore que le marché reste difficile.

Il y a vraiment de tout à Japan Expo...

Mais voilà déjà 15h00 qui sonne et je me dis qu'un petit tour aux Japan Expo Awards s'impose, histoire de voir comment ça fonctionne. Et bien, ça fonctionne assez mal en fait puisque tout ne débute qu'à 15h40 alors que certains éditeurs de mon entourage commencent à franchement s'impatienter. L'amphithéâtre est très peu rempli et niveau ambiance, c'est très très calme. L'heure de la sieste ?
On commence par un prix spécial pour Takeshi Obata, avec interdiction de filmer ou photographier. Ok... Puis la remise des prix débute réellement, avec un animateur pas franchement à l'aise dans son rôle et une organisation à revoir : pourquoi faire le coup classique de l'invité qui vient décacheter l'enveloppe révélant le résultat quand celui-ci se retrouve affiché sur l'écran avant même que l'enveloppe ne soit ouverte ? Sans compter les erreurs, les micros qui foirent - notamment quand Go Nagai monte sur scène m'a-t-on raconté -, pratiquement personne qui vient pour récupérer le prix... "Après les Palmes à Cannes, les Japan Expo Awards !" qu'ils disaient... Eh bien, il y a du boulot pour améliorer ça. Personnellement, je finis par abandonner au bout d'une demi-heure, ce n'est vraiment pas glorieux...

Naruto version jeu vidéo

On se met alors à la recherche de l'espace VIP pour retrouver quelques connaissances. Cela aura été difficile mais on finit par trouver, avec possibilité de s'assoir au calme, même si la chaleur devient rapidement étouffante malgré l'open bar bienvenu. A côté de moi, on prépare avec attention l'interview de Setona Mizushiro du lendemain tandis que je vois toute une troupe sortir du coin Business, avec en son centre une jolie japonaise en kimono et geta, Chihiro Tamaki, la mangaka de Walkin'Butterfly chez Asuka.

On traîne, on discute, on accueille les nouveaux-venus et l'après-midi se passe vite, mine de rien. Vers 17h, petite fête pour les 15 ans de Tonkam avec discours de Guy Delcourt et Dominique Véret mais entre la petite coupe de champagne et la chaleur, je commence à vraiment cuire, vite, vite, redescendre pour prendre un peu l'air.
Etonnamment, on est beaucoup plus au frais dans l'expo même.

Un lapin crétin au loin...

Je pousse jusqu'au grand stand Ankama où je vois Souillon travailler d'arrache-pied à ses dédicaces. Quatre jours à ce rythme-là, il a la santé... Je tente une approche du côté de la boutique pour demander un volume 2 collector de Maliki mais on m'explique qu'il n'y en a plus, qu'ils en ont un nombre limité par jour et que si je reviens demain matin, dans les deux heures après ouverture, ça devrait le faire. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde...

On traîne, on tourne, on rencontre, on discute, c'est rigolo, l'ambiance est sympa et le temps passe vite. Voilà déjà 19h qui arrive et donc la fermeture de l'expo, les stands sont emballés, les gens se dirigent vers la sortie et on finit par faire de même. Déjà 19h30 et on a rendez-vous pour un petit repas vers Opéra à 20h... Pourquoi ai-je donc la sensation qu'on sera à la bourre ? Mon T-shirt Feanor fait en tout cas sensation autour de la table...

VENDREDI 4 JUILLET 2008

Le lendemain, forts de nos bonnes résolutions, on part un peu plus tôt histoire d'arriver à des heures plus décentes à Japan Expo. Petit détour pour embarquer une fanzinette toujours aussi motivée puis arrivée au Salon vers 10h15, l'honneur est sauf.
Vite vite, le stand Ankama. Il y a déjà la queue devant le coin dédicaces de Souillon qui n'est lui pas encore arrivé... A la boutique, on voit une grande file d'attente rien que pour arriver à la caisse, il va falloir ruser. Ce ne sont pas des méthodes que j'apprécie beaucoup mais un petit coup de badge presse nous permet d'apitoyer un généreux vendeur (technique qui ne fonctionnera pas quelques minutes plus tard, ai-je appris par la suite...). Je repars donc ravie avec mon sac Ankama contenant le volume 2 collector de Maliki, un poster, un T-shirt et des badges. Je ne vais jamais à Japan Expo pour me ruiner - il y a deux ans, j'avais juste acheté le CD d'Innocence et je suis toujours effarée quand je vois certains visiteurs avec cinq ou six sacs bourrés à craquer - et cet achat 100% Maliki sera ma seule dépense cette année encore.

Je n'ai pour le moment pas pris beaucoup de photos, je me rattrape alors dans l'heure qui suit en mitraillant un peu tout, les stands, les décorations, je filme, la moitié des clichés sont flous, je recommence... On discute un peu avec Bruno Pham sur le stand Akata/Delcourt. Pour la peine, je repars avec les posters promotionnels d'Otomen et Le pacte des Yôkai.

Connaissant le culte que certains vouent aux armures de Saint Seiya, je n'ai pu m'empêcher de penser à eux en regardant ça...

A 13h débute le premier Cosplay à l'amphithéâtre, c'est une expérience que je n'ai pas encore tentée. On entre mais la plupart des places assises sont déjà occupées, pas de problème, on s'installe tranquillement sur le côté. Grâce aux écrans géants, on ne devrait rien louper même en n'ayant pas le nez sur la scène. J'ai tout de même un peu peur de trouver ça ridicule ou ennuyeux, sans compter que le souvenir des Japan Expo Awards de la veille ne me rend guère confiante.
J'avais tort.

Un peu de cosplay...

Je ne sais absolument pas qui était l'animatrice mais elle gère la cérémonie avec beaucoup d'humour, de punch et de répartie, un vrai plaisir. Je ne prends aucune photo histoire de bien profiter du spectacle, il y a de l'ambiance, je ne connais pas la moitié des personnages - dès qu'on parle de jeux vidéo, c'est-à-dire principalement Final Fantasy, je n'y connais absolument rien - et l'autre moitié est majoritairement constituée de Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE et Naruto, dont une sexy Kakashi bien différente de la version originale... Mais on a aussi droit à du Kitaro le repoussant - c'est chiant la perruque qui retombe toujours sur les yeux, hein ? - du Witch Hunter, du XXX Holic dont une très belle Yuko... Certains costumes sont minimalistes - le coup du mec en slip pour Devilman... - d'autres vraiment beaux - une Sakura de TRC m'a vraiment impressionnée - d'autres encore hilarants - Vas-y Chocobo, danse !! - sans compte un Shun de Saint Seiya en version civile (comprendre "T-shirt vert, pantalon blanc, perruque verte et boîte en carton dans le dos") qui a semble-t-il bien mué depuis le dessin animé et enchaîne sur une Macarena improbable mais endiablée... Un personnage de Saiyuki a même failli provoquer quelques évanouissements dans le public féminin hystérique quand il fait tomber la cape, sans compter l'animatrice qui finit par nous exécuter, sous la pression incessante des nombreux gros pervers du public, deux magnifiques roues qui rentreront sans doute dans les annales... C'est risqué comme métier, animatrice de cosplay.

Au final, il est déjà 15h quand on sort. Vraiment un très bon moment de passé au point qu'on est quand même restées jusqu'au bout sans ennui. Il serait peut-être temps de manger ? Nous sommes les derniers clients du self et à peine le temps de digérer qu'on court du côté de la conférence sur La fabrication du manga.

La conférence sur la fabrication d'un manga.

Céline Antoine, chef de fabrication chez Pika, et Karim Talbi, lettreur indépendant travaillant notamment sur des séries Pika, nous parlent de leur métier, des contraintes, des techniques, bref, comment passer d'un volume japonais à un volume français. C'est net, clair et plutôt intéressant. Les choses commencent à se gâter quand le spécialiste imprimeur se lance lui aussi dans son speech, partant beaucoup trop dans les détails sur les grammages de papier et les différents types de revêtements trop longuement et je finis par abandonner de peur de piquer du nez pour une sieste.
Je retourne du côté de l'espace VIP où l'interview de Setona Mizushiro va bientôt commencer. Je pensais y assister - même si je n'allais rien comprendre - mais l'espace est vraiment trop petit et ça me gêne de me taper l'incruste inutilement, je trouve ça très impoli. Moi et mes scrupules... En tout cas, pour avoir vu ensuite quelques images de l'interview, la mangaka de L'infirmerie après les cours notamment semblait vraiment sympathique et disponible, comme je l'avais déjà vu ce matin en la photographiant pendant sa séance de dédicaces au stand Asuka.
Je vois également que Vanyda est bien arrivée et elle ne manque pas de nous présenter la nouvelle qu'elle a dessinée pour le magazine de prépublication japonais Malika, aux éditions Shodensha. Il n'y a pas à dire, ça a de la gueule...

Comme la veille, les heures s'écoulent bien plus vite que je ne le crois et il est déjà pratiquement 19h quand je sors de l'espace VIP. Les allées se vident, sauf du côté du stand Kana où il y a encore beaucoup de monde. Pourquoi donc ? Ah oui, c'est vrai, Dorothée en dédicaces. Elle pose pour les photos mais je rate la plupart de mes clichés - trop de têtes et de bras juste devant moi - mais l'ambiance reste bien cool, c'est agréable.

Le salon se vide...

C'est en tout cas déjà l'heure de partir tandis que le salon est pratiquement vide et les stands tout enrubannés pour la nuit. Sur l'un d'eux, j'aperçois un vigile épuisé écroulé sur un fauteuil, il va avoir du mal à tenir encore deux jours, celui-là...
En tout cas, pour moi, Japan Expo 2008, c'est bel et bien fini et cette nouvelle expérience m'a vraiment beaucoup plu. Malgré les soucis d'organisation, le monde, les files d'attente, la fatigue, j'apprécie l'ambiance chaleureuse et enthousiaste qui se dégage de tout ça. Là où la passion peut facilement pousser à rester cloîtré chez soi pour simplement amasser divers trucs pirates glanés sur le net dans un coin de son PC, Japan Expo permet à des fans de se rencontrer, d'échanger, de s'amuser, de découvrir, de rencontrer. Ce n'est déjà pas si mal...
Allez, on doit y aller, un repas Mangaverse nous attend à Paris et j'ai du monde à rencontrer, depuis le temps... Rah, mine de rien, je n'ai toujours pas pu voir Ahmed et Cécile de Ki-oon...