>>> Retour à l'index <<<

  Grande Salle Petite salle Décavision 1 Décavision 2 Décavision 3&4 Novel La Turbine
10h30 Long métrage 3: Azur et Asmar (séance spéciale malvoyants et malentendants) A la frontière des genres Long métrage 13: Fullmetal Alchemist Courts métrages 5 Long métrage 11: Gisaku    
14h   Rosto : Mind My Gap Long métrage 16; Manie-Manie Animation en Flandres Long métrage 12: Atagoal wa Neko no Mori Films de commande Spike & Mike's Sick and Twisted Festival of Animation
16h   Animation aux Pays-Bas Long métrage 15: Les contes de Terremer Trésors de l'animation du Benelux Long métrage 2: Le tueur de Montmartre   La communauté française de Wallonie-Bruxelles
18h     Long métrage 14: Ghost in th shell Stand Alone Complex Courts métrages panorama 3 Long métrage 8: Wood & Stock L'animation citoyenne Long métrage 10: One night in One City
21h Cérémonie de clôture (20h) Retransmission de la cérémonie de clôture (20h)         Politiquement incorrect
23h              

Programmes en compétition Thème
"Benelux"
Programme spécial Avant-première

Bon, il me reste une contremarque, est-ce que j'y vais ou pas ? Tout de même, le voir dans une salle de ciné, ce doit être sympa... Bon allez, c'est décidé, j'y vais.
A 9h50, me voilà devant Décavision, une quarantaine de personnes est déjà là à attendre que le cinéma ouvre. Ca va, c'est plus calme que ce que je craignais. 10h, les portes s'ouvrent, deux directions sont possibles : à droite pour ceux qui ont déjà leur contremarque, à gauche où la queue se forme vite pour obtenir un billet... Résultat, je suis la cinquième à rentrer dans la salle, j'ai largement de quoi choisir. Encore 30mn à attendre, pas de problème, j'ai des volumes d'Otogi matsuri en retard de lecture...

C'est un long métrage hors compétition que je vais voir, à savoir Fullmetal Alchemist : Conquérant du Shamballa de Seiji Mizushima. J'avais apprécié la série TV lors de sa diffusion sur Canal +, autant profiter de l'occasion qui m'est offerte de voir le film qui suit directement la fin du 51ème épisode. Surtout qu'avec Dybex, on ne sait jamais vraiment quand le DVD va sortir (et puis autant savoir ce que vaut le film avant de claquer des sous là-dedans)...

Bon, la série s'était terminée sur Edward Elric se sacrifiant pour sauver son frère Alphonse et disparaître (OK, mes souvenirs s'arrêtent là, c'est assez lointain dans ma tête). On retrouve donc Ed dans notre monde en 1923 en Allemagne. L'alchimie n'existe pas, il n'est qu'un bête gamin sans pouvoir qui ne sait pas comment retourner chez lui. Voilà deux ans qu'il est là, maintenant âgé de 18 ans, ayant tout de même réussi à se lier d'amitié avec Alphonse Heiderich, jeune homme passionné par les fusées, et qui évidemment ressemble trait pour trait au frère d'Ed. L'Allemagne des années 20 ne va pas bien, la frustration et la haine suite à un traité de Versailles vu comme profondément injurieux et injuste vont vite devenir le moteur de quelques groupuscules politiques bien décidés à prendre le pouvoir par la force. Ainsi, la Société de Thulé, attachée au service d'Hitler en quête de pouvoir, souhaite s'attacher les services d'Alphonse Heiderich en matière d'aéronautique...
Du côté d'Amestris, le monde d'origine d'Ed, son frère Al a retrouvé son corps mais celui de ses 13 ans, ayant oublié toutes leurs aventures passées après la tentative de résurrection de leur mère. Il veut néanmoins tout faire pour retrouver son grand frère et s'en perfectionné en alchimie à son tour. Si son monde est en pleine reconstruction, celui d'Ed est en pleine révolte latente et les deux sont forcément voués à se rencontrer avec fracas...

Très sympa ! Voilà en tout cas 1h45 qui passent bien. Si le début du film est quelque peu mou du genou, mettant du temps à tout mettre en place, cherchant aussi bien à plaire aux fans de la série - en réintroduisant tous les personnages - qu'à tenter d'impliquer les autres spectateurs, la suite gagne en intensité et en rythme, au fur et à mesure que les plans de la Société de Thulé se forment et se nouent. Il aurait été facile de nous perdre à force de passer d'un monde à l'autre mais il n'en est heureusement rien, le tout passant avec fluidité, suffisamment complexe pour qu'on s'y plonge, pas trop pour qu'on n'y comprenne rien.

Certes, l'intrigue manque tout de même quelque peu de consistance, les plans de la Société étant plutôt cousus de fil blanc pour atterrir vers du basique "moi méchant, moi pas aimer autre, moi bousiller tout le monde" avec le big bad guy un peu simpliste dans ses intentions véritables et pas bien compliqué à atomiser.
J'aurais aussi apprécié que les personnages autres qu'Ed et Al soient un peu plus exploités, certains ne faisant vraiment que de la figuration pour dire "coucou je suis là, vous m'avez vu, j'étais au fond à gauche lors de la 12ème minute" mais cela n'était sans doute pas évident de faire tenir tout ça sur moins de 2h dans un univers aussi foisonnant où deux mondes qui s'ignorent se chevauchent... Mais tout de même, il ne se passe pas grand chose dans Amestris, le monde de l'alchimie.

Néanmoins, je ne boude pas mon plaisir pour autant. Voir les aventures des deux frangins Elric, toujours aussi unis malgré toutes les épreuves et toujours aussi attachants, sur grand écran en VOSTF est tout de même bien sympathique. Les scènes de combat tiennent bien en haleine, on retrouve les thèmes musicaux de la série, et c'est toujours jubilatoire de voir les alchimistes d'Etat en pleine action, avec quelques petites pointes d'humour qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.
Tout n'est pas non plus qu'une question d'action, d'ailleurs, car le film alterne les scènes mouvementées avec des scènes plus calmes, plus explicatives sans pour autant rompre le rythme (une fois passé la mise en place des premières minutes). De plus, le film a le mérite de vraiment clore la série (je vois mal comment il pourrait y avoir une suite après ça) sans pour autant fermer toutes les portes mais simplement tourner la page des intrigues déjà développées. Le monde créé à l'origine par Hiromu Arakawa reste un monde attachant et intéressant, aux personnages crédibles plutôt bien travaillés qu'on prend plaisir à retrouver et voir bouger sur grand écran (même si ça fait un peu bizarre de voir un Hughes avec un insigne nazi... preuve du non-manichéisme des personnages, s'engageant dans certains chemins que l'on sait mauvais mais pour défendre des causes auxquelles ils croient sans en deviner les conséquences). Les petites clins d'oeil aux fans de la série sont même assez amusants, quand ils nous font rencontrer divers personnages qu'Ed a pu croiser sur Amestris dans son nouveau monde...
Certes, ce n'est peut-être pas le chef d'oeuvre de l'année. Mais voilà un film qui peut ravir les amateurs de FMA, sans prétention et efficace, divertissant et plutôt attachant, avec beaucoup de tendresse pour ses personnages phares. Il n'hésite d'ailleurs pas à s'appuyer sur des faits et des personnages historiques (la tentative de putsch d'Hitler le 8 novembre 1923, Haushofer et la Société de Thulé), osant ainsi aborder des thèmes vite casse-gueules, le racisme et l'antisémitisme, la frustration suite à la défaite de la Première Guerre Mondiale, tout ce qui peut conduire un peuple à la haine et à l'affrontement sous prétexte de sauver son honneur, la bêtise d'une guerre devenue inéluctable malgré tout.

Voilà en tout cas une bonne manière de marquer la fin de la version animée tandis que le manga poursuit son propre cours. Et voilà également une bonne manière pour finir mon Festival 2007...


L'affiche promotionnelle du film


Al, Mustang et Ed, le trio d'alchimistes face à l'ennemi


Alphonse apprendra vite à éviter de laisser le volant à Edward...


Alphonse Heiderich et son éuqipe en plein travail


Alphonse Heiderich prendra-t-il les bonnes décisions ?


Dans notre monde, Ed doit se trouver de nouvelles armes sans le concours de l'alchimie...

Bon, voilà, cette fois, c'est fini. Il n'y a plus qu'à attendre le palmarès, je serais bien étonnée d'avoir vu le long métrage qui va rafler le prix mais pour les courts métrages, j'ai déjà plus de chance... On verra ça.