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  Grande Salle Petite salle Décavision 1 Décavision 2 Décavision 3&4 Novel La Turbine
10h30 Long métrage 5: Khan Kluay Machinimas : vers une technique d'animation à la portée de tous ? Long métrage 9: La traversée du temps   Long métrage 3: El Arca    
14h Courts métrages 3 Films de commande Films de télévision 3 Films de fin d'études 1 Long métrage 7: Slipp Jimmy Fri Films de télévision 2 Courts métrages 2
16h Bievenue chez les Robinson Animation en Flandres Long métrage 1: Souris City Benelux : l'animation au futur Long métrage 7: La Reine Soleil Long métrage 4: Paprika Films de télévision 5
18h Long métrage 6: Film noir L'animation citoyenne Courts métrages 3 Cours métrages en panorama 1 Long métrage 6: Le vilain petit canard et moi Courts métrages 5 Long métrage 3: Azur et Asmar
21h Courts métrages 3 Films de télévision 1 Courts métrages 3 Animation et désir 1 Long métrage 2: Brave story   Long métrage 8: Max & Co
23h Films de fin d'études 2 Animation et désir 3          

Programmes en compétition Thème
"Benelux"
Programme spécial Avant-première

La seule ligne de bus du coin n'étant pas des plus chargées niveau horaires, c'est à 9h30 que je débarque en ville pour ma séance de... 10h30, après avoir eu la chance de me coltiner un chauffeur adepte du klaxon dès qu'il voyait une connaissance dans la rue... Bon, quelques photos plus tard, je vais faire gentiment la queue avec mes petits camarades de projection au Décavision pour mon seconde long métrage de la semaine.

La traversée du temps est une des raisons qui me poussaient à le faire, ce Festival. Bien qu'ayant peur d'être encore une fois fortement déçue par le choix des films estampillés Kaze, j'avais tout de même eu vent de quelques bonnes critiques.
Je suis une des premières à me poser, donc bien au milieu de la salle. Ca a forcément pour inconvénient que je me retrouve vite serrée de toutes parts, les 400 et quelques places du Décavision 1 étant rapidement prises. Enfin bon, rapidement, c'est un bien grand mot, la séance ne démarrant au final qu'à 10h45.
Ah ben, le matin, on n'a pas droit à la bande-annonce des Gobelins, tant pis, ce sera pour la prochaine séance. L'ambiance est plutôt calme mais quelques avions volent tout de même jusqu'à l'écran...

bien fait d'y aller ! La traversée du temps est un film de Mamoru Hosoda sorti en 2006 au Japon. La première chose que je note dans le générique, c'est un nom : Yoshiyuki Sadamoto, pour le character design. Effectivement, on reconnaît très vite la touche de monsieur Evangelion.

Makoto est une simple lycéenne, pile dans la moyenne comme elle nous le raconte elle-même : pas une pointure des études, pas trop idiote quand même, pas deux pieds gauches mais pas la reine des activités manuels non plus, mais tout de même souvent plutôt adepte des coups de bol. Sauf, bien sûr, ce jour-là...
Ben oui car ce jour-là, tout s'enchaîne plutôt mal : l'interro suprise qui la laisse franchement perplexe, le cours de cuisine qui finit limite par les pompiers à la rescousse, sans parler de ce retour à vélo qui aurait dû finir mal, vraiment très très mal... Mais qui ne finit en fait pas. Car en cours de route, Makoto a gagné quelque chose : le don de manipuler le temps. Voilà quelques choses de très utile pour avoir de bonnes notes, pouvoir jouer au base-ball ou chanter au karaoké pendant des heures avec ses deux amis Chiaki et Kosuke, bref réparer les petites erreurs de parcours de la vie et en profiter un max.
Mais toute médaille a son revers que Makoto ne manquera pas de se prendre rapidement en pleine tronche...

J'espérais beaucoup de ce film, je n'ai pas été déçue. On retrouve effectivement le design de Sadamoto, Makoto pouvant être la soeur de Shinji. Mais physiquement seulement car la belle a quelque chose que le boulet Ikari n'aura jamais : du caractère ! Ici, pas de potiche niaise et pleurnicheuse qui ne fait que subir sa vie mais une fille volontaire qui tente de faire bouger les choses, prend des décisions, même si elles ne sont pas toujours très futées, assume, bref, vit, réagit, s'active.
Très vite, on cerne son caractère sans avoir pour autant l'impression de se retrouver face à l'armoire à clichés. Energique, sachant s'adapter, attachante, Makoto surprend et amuse par sa fraîcheur et ses mimiques. Les autres personnages n'en sont pas moins intéressants, sachant dévoiler leur caractère petit à petit, prendre leur place, jouer leur rôle sans qu'on n'ait jamais l'impression qu'ils sont juste là pour boucher les trous. Chiaki le bout-en-train fan de base-ball et Kosuke le sérieux pas très doué par le relationnel sans être un boulet inapte à la moindre communication avec la gente féminine pour autant complètent ce joyeux trio qui fait plaisir à voir.
La découverte de son don par Makoto est hilarante, de même que toutes les scènes où elle s'en sert, de manière plutôt acrobatique. Ainsi, le film ne se prend pas trop au sérieux et nous rend Makoto d'autant plus attachante qu'elle fait sans doute ce que l'on ferait tous en pareille situation : s'amuser, changer ce qui ne nous plaît pas dans les petits actes manqués du passé, des petits riens qui peuvent tout changer... Trop changer, en fait, comme la jeune fille s'en rend vite compte : si elle ne veut jamais mal faire, ses nouveaux actes peuvent avoir des conséquences indirects imprévus voire vraiment dramatiques.
Ainsi, si le film joue plutôt au départ sur son aspect léger et drôle, c'est par petites touches successives que le drame et la romance s'immiscent, sans jamais casser un rythme ni trop fou ni trop lent. La succession d'action et de scènes plus calmes, presque contemplatives, permet de gérer l'intrigue sans jamais nous perdre. La narration est en tout cas parfaitement gérée, car il serait facile de nous paumer avec ces sauts dans le temps successifs. On sait pourtant toujours parfaitement où on en est.

Bref, que du bon. Techniquement, rien à reprocher, pas d'esbrouffe inutile, des personnages soignés, un univers chaleureux et agréable, des décors travaillés, une animation nickel. Des personnages attachants, drôles et plutôt développés, chacun ayant son utilité, mention spéciale à Makoto, une héroïne parfaite avec ses petits défauts sans lesquels elle ne pourrait pas nous apparaître si humaine. L'histoire se plaît à mêler fantastique, romance, humour totalement assumé (les plans foireux de Makoto sont hilarants, il y a même eu des applaudissements dans la salle !) et drame.

On pourrait croire au premier abord que comme dans Brave story, l'histoire n'est qu'une manière de nous enseigner à faire face à sa propre vie, à l'assumer en prenant ses responsabilités même si tout ne plaît pas sans avoir besoin d'aller dans un autre monde ou de voyager dans le temps pour changer les choses. Si évidemment, on retrouve cette idée dans La traversée du temps, elle ne nous est pas assénée de manière lourdingue et simpliste, mais tranquillement, de manière simple et évidente et c'est la romance qui prend même plutôt l'ascendant au fur et à mesure du film. Certes, l'histoire est classique et un rien prévisible (quoique pas forcément sur tous les points) mais racontée avec beaucoup d'efficacité et d'humour, sans prendre les spectateurs pour des crétins.
Voilà en tout cas un joli film, avec ses petites moments de poésie, ses franches rigolades et ses petites montées de tension. Rafraîchissant et attendrissant.
A noter qu'il doit sortir le 4 juillet dans les cinémas français. Mais ça m'étonnerait que l'on dépasse la dizaine de salles...

Je vois par contre qu'il ne fai pas l'unanimité : mon voisin de droite finit par ronfler, se retrouvant limite en position foetale pour terminer sa nuit...


Makoto Konno


Chiaki et Kosuke


Le trio des inséparables... mais pour combien de temps ?


Les voyages dans le temps, c'est acrobatique et ça donne mal à la tête...


Un cours de cuisine qui fera tâche d'huile...


Tatie Sorcière, spécialiste des bons conseils


L'affiche de la sortie française

Un sandwich plus tard, c'est vers la séance des courts métrages n°3 que je me dirige prestement. Je retrouve ma place d'hier, je me demande même si je ne retrouve pas mes voisins du matin... Alors, monsieur, on a fini sa nuit ?
En tout cas, je suis sauvée, personne à gauche, je peux un peu étaler mes jambes. C'est pas de refus. Il commence à faire vraiment chaud et ça me donne un peu plus d'air.
La bande-annonce du Festival a trouvé ses adeptes, criant et applaudissant en coeur durant les moments forts... La bande-annonce des Gobelins du jour ravit les amateurs de lapins, quelque peu frustrés jusqu'à présent.

Bon, après un programme 2 assez sombre, le 3 tourne plutôt du côté de l'étrange.
Très bien trouvé ! Tout commence sobrement avec Lapsus de Juan Pablo Zaramella (Argentine - 2007). Le dessin est très simple et nous permet de suivre une nonne qui va devoir affronter son côté obscur... Le résultat est burlesque, très drôle, simple et efficace... et tout public, ce qui n'est forcément le cas de la suite.
site officiel : http://www.zaramella.com.ar/
Vous me réveillerez... La suite, elle s'annonce avec L'homme de la lune de Serge Elissalde (France - 2006). Serge Elissalde, un habitué du Festival d'Annecy puisqu'il y aura entre autre présenté son premier long métrage, coréalisé avec Grégoire Solotareff, U en 2006. En 2002, on avait pu également découvrir un épisode de Zoe Keazko et en 2003, Verte qui reçoit d'ailleurs le prix de la production TV. Bon personnellement, je ne suis pas une grande grande fan de ses oeuvres mais pourquoi pas... Oui mais là, en fait non. L'homme de la lune parle de la découverte par un étudiant du 19ème siècle d'un homme qui descend de la lune par une échelle de corde. Ben désolé mais je me suis très profondément ennuyée pendant les 17 très longues minutes du court : dessin illisible, narration confuse, dialogues difficiles à entendre... Je n'ai tout simplement rien compris. Ouf, enfin, c'est fini !
Pas mal ! Puis on passe à Sniadanie d'Izabela Plucinska (Pologne - 2006). Quand on voit écrit "pâte à modeler", on pense tout de suite savoir à quoi on va avoir à faire. En fait, non. L'utilisation de la pâte à modeler est ici assez originale, utilisée sur un plan, limitant les volumes mais racontant une histoire toute bête - un couple qui déjeune - avec juste quelques détails qui s'animent au fur et à mesure. Intéressant.
Pas mal ! Puis débarque Devochka dura de Zojya Kireeva (Russie - 2006), en dessins (façon croquis) sur cellulos. J'ai mis un peu de temps à rentrer dans cette histoire d'une gamine pas ordinaire qui s'intéresse à un garçon avec des méthodes très personnelles mais c'était finalement assez drôle et très maîtrisé techniquement.
Oulala ! Allez hop, on enchaîne sur un court vraiment spécial, The Tale of How de The Blackheart Gang (Afrique du Sud - 2006). Pour une première oeuvre, ils n'ont pas choisi la facilité car ce court utilise le dessin sur papier, l'animation d'objets, les prises de vue réelles et l'ordinateur pour de la 2D et de la 3D. Le résultat est vraiment bizarre, nous contant la fable de ces oiseaux piranhas qui ne parviennent pas à quitter le dos d'une pieuvre qui les massacre dès qu'ils font une tentative. Jusqu'à ce qu'une souris les aide... L'univers créé est vraiment étrange, presque dérangeant, très spécial mais finalement très intrigant.
Euh mouais... Bon, on tombe dans le carrément laid avec The Tourists de Malcolm Sutherland (Canada - 2007), nous parlant comme l'indique le titre de touristes sur la plage. Franchement, le dessin pousse la laideur à son paroxysme (mais c'est voulu, j'imagine) et on ne sait pas trop le but. Mouais...
Oulala ! S'ensuit ensuite l'autre grosse bizzarerie de ce programme, Madame Tutli-Putli de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski (Canada - 2007). Une femme prend un train, emportant avec elle tout ce qu'elle possède. Mais le voyage prend vite des allures effrayantes, quand tous les autres passagers disparaissent... Pas de dialogue dans ce court de 17mn en marionnettes mais quelle ambiance ! Noire, glauque, oppressante... Le tout accentué par le travail étonnant fait sur les marionnettes. Ainsi, les yeux de Madame Tutli-Putli semblent vraiment réels, vivants, ultra-expressifs, on a l'impression qu'ils ont collé des yeux humains à cette marionnette, c'est vraiment très étrange à voir. L'angoisse monte petit à petit et même si j'ai eu un petit coup de pompe bien involontaire en plein milieu, le scénario n'y est pour rien. On ne comprend pas tout mais c'est vraiment un voyage en train éprouvant...
Pas mal ! Continuons avec The Imperfectionist d'Åsa Lucander et Victoria Kitchingman (Grande-Bretagne - 2006), un court plutôt drôle de 3mn durant lequel les personnages d'un carnet de croquis d'un dessinateur s'animent au rythme de la conversation téléphonique de leur créateur avec sa mère qui cherche évidemment à le caser. Dessin très simple mais efficacité garantie.
Joli ! Enfin, on en termine avec le gros morceau de ce programme, Moya Iyubov d'Alexandre Petrov (Russie - 2006). Alexandre Petrov a déjà reçu le Cristal du court métrage au Festival d'Annecy 2000 pour son adaptation du Vieil homme et la mer. Je ne sais pas s'il rééditera cela cette année mais bon sang, que c'est beau ! Le tout est réalisé toujours en peinture sur verre (sisi, ça s'anime) et nous conte l'histoire d'Anton, jeune homme de 16 ans, qui cherche l'amour, son coeur balançant entre deux femmes bien différentes avant qu'il ne comprenne, trop tard, qui il aimait vraiment... L'histoire est évidemment très classique mais le résultat visuel est splendide, l'animation étonnante... Vraiment, on ne voit pas le temps passer.

Voilà en tout cas un programme de courts métrages très varié, plutôt intéressant et riche. Le Cristal du Festival s'y trouvait-il ?


Lapsus
de Juan Pablo Zaramella


L'homme de la lune
de Serge Elissalde


Sniadanie
d'Izabela Plucinska


The Tale of How
de The Blackheart Gang


Madame Tutli-Putli de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski


The Imperfectionist d'Åsa Lucander et Victoria Kitchingman


Moya Iyubov
d'Alexandre Petrov

Je sors de la salle, tout en croisant je crois Michel Ocelot (Kirikou ? Azur et Asmar ? Ca vous revient ?), assis pas loin derrière moi. Je tente de m'extraire de Bonlieu ce qui s'avère très très compliqué : il est 15h45, la séance d'avant-première 3D de Bienvenue chez les Robinson commence dans 15mn, les Men in black sont là et c'est très très difficile de se glisser dans la foule très dense pour sortir. Eh oui, même pour partir, je dois faire la queue !
J'ai ma contremarque pour voir Souris City au Décavision mais je dis quitter Annecy à 17h donc on laisse tomber les souris Aardman... Pas grave, j'ai encore plein d'autres séances qui m'attendent !