>>> Retour à l'index <<<

  Grande Salle Petite salle Décavision 1 Décavision 2 Décavision 3&4 Novel La Turbine
10h30 Long métrage 7: Slipp Jimmy Fri Films de fin d'études 4 Long métrage 3: Azur et Asmar Courts métrages 1 TVC-TV Cartoon Ltd.    
14h Courts métrages 4 Making of: Surf's up Films de télévision 4 Films de fin d'études 2 Long métrage 4: Prince Vladimir Films de télévision 1 Courts métrages 3
16h Making of: Persepolis La communauté française de Wallonie-Bruxelles Long métrage 4: Paprika Courts métrages 2 Long métrage 3: El arca Long métrage 9: La traversée du temps Films de télévision 3
18h Long métrage 8: Max & Co Courts métrages en panorama 3 Courts métrages 4 Courts métrages en panorama 4 Long métrage 2: Le tueur de Montmartre Courts métrages 1 Long métrage 6: Film noir
21h Courts métrages 4 Films de télévision 2 Courts métrages 4 Animation et désir 2 Long métrage 5: Khan Kluay Long métrage 2: Brave Story Long métrage 1: Souris City
23h Films de fin d'études 3 Animation et désir 4          

Programmes en compétition Thème
"Benelux"
Programme spécial Avant-première

A 10h30, je peux aller à la séance d'Azur et Asmar de Michel Ocelot. Je ne serais pas contre de le revoir mais j'ai mon compte-rendu de mercredi à écrire (un peu trop occupée le mercredi soir pour ça, c'est que j'ai un planning de ministre, moi !), je passe donc mon tour. Sans regret car j'ai de toute façon deux autres séances qui m'attendent cet après-midi.
Je vois sur le site du Festival que c'est aujourd'hui que Rintarô va lancer un concours pour trouver les futurs infographistes de son nouveau film tout en images de synthèse Yona Tona Penguin. Bien sûr, ça se passe du côté du MIFA (marché du film) qui a ouvert ses portes hier à l'Imperial Palace (donc réservé aux pro, bien sûr) mais il y en a qui vont mouiller leur chemise aujourd'hui pour se voir choisis pour travailler sur cette coproduction franco-japonaise ce soir, choisis par Rintarô himself à 17h30... C'est aussi ça, le Festival d'Annecy, des rencontres pour les professionnels...
Mais revenons-en à nos moutons...

C'est donc au Décavision salle 1 que je me retrouve vers 13h40 pour ma première séance de la journée, consacrée aux films de télévision 4. Pourquoi le 4 et pas un autre ? Les films de télévision sont parfois l'occasion de jolies découvertes mais aussi l'endroit où se rassemblent toutes les séries pour jeune public commandées par diverses chaînes de TV. C'est rarement là qu'on trouve quelque chose de vraiment fort et innovant. J'ai donc appris au fil des éditions du Festival à me méfier et à bien regarder le programme avant d'y aller. Je savais donc déjà que tout ne me décevrait pas dans cette séance... Et décidément, ma journée sera placée sous le signe de la japanime...

Euh... j'ai rien compris... Tout commence avec Super Ddarung de Jong-seok Baek (Corée du Sud - 2006) pour deux épisodes, Bolero et Nightmare. Reconnaissons d'office un gros avantage à ces épisodes : ensemble, ils ne font que 5 mn... C'est l'histoire de Ddarung, le petit vélo rouge qui... euh... A la fin des épisodes, j'entends une voix dans la salle dire "J'ai rien compris..." et une autre lui répondre "Moi non plus...". Je crois que ça résume bien l'ensemble...
Excellent On continue de manière plus réussie avec RIP "666" de Bruno Collet ( France - 2006). En deux minutes avec juste deux marionnettes, il y a toujours moyen de faire rire ! Ainsi, une tueur en série essaie nuit après nuit de massacrer l'occupant d'une chambre... mais on ne devient pas un bon tueur en série comme ça et celui-là est particulièrement maladroit dans cet exercice même s'il a la tête de l'emploi... Rapide, simple, drôle, efficace...
Toujours n'importe quoi ! Après une double sélection durant l'édition 2006 avec Steam Head et Trainsurfer, fêtons comme il se doit le retour d'Hiroyuki Nako cette fois-ci avec Dynamite Guys, épisodes 7 à 9 (Japon - 2006). Bienvenue dans un univers de non-sens, d'absurdité et de gros n'importe quoi... Cette fois-ci, la Terre est menacée par une armée de robots-phoques mais heureusement, une PME comme tant d'autres a décidé de se battre... C'est très con, complètement barré, les épisodes (très courts) finissent n'importe comment, le style graphique, en fait un retravail par ordinateur de prises de vue réelles, est toujours aussi bizarre...
Sympa Continuons avec le Japon avec cette fois-ci le premier épisode de xxxHolic de Tsutomu Mizushima (Japon - 2006). On avait eu droit au film en 2006, c'est cette fois-ci la série TV que Kaze aura réussi à placer dans la sélection du Festival. Bon, pour être honnête, je ne savais même pas qu'il y avait une série TV... Ici, ce premier épisode reprend évidemment la trame du premier chapitre du manga (avec quelques ajouts), ça permet au moins aux spectateurs ne connaissant pas l'oeuvre originale de Clamp de savoir de quoi on parle (mais pas sûr que les gesticulations et vociférations de Watanuki plaisent à tout le monde...). Le graphisme exacerbe encore plus le côté déjà très fin et longiligne des personnages, l'animation reste fluide, on passe plutôt un agréable moment...
J'adore ! Ah, voilà le moment que j'attendais... Minuscule "Pique-nique" de Thomas Szabo (France - 2006). Voilà, c'est pour cet épisode notamment que j'ai choisi cette séance plutôt qu'une autre. C'est durant le Festival 2005 que j'avais découvert cette série, diffusée depuis sur France 2 et disponible désormais en DVD. Le principe ? Des prises de vue réelles d'une jolie campagne verdoyante qui, comme toute jolie campagne verdoyante qui se respecte, grouille d'insectes en tout genre. Et ces insectes-là passent leur temps à se faire des crasses, se poursuivent, se cherchent, se bagarrent... pour notre plus grand plaisir. En gros, c'est Tex Avery dans Microcosmos... Dans cet épisode, une mouche est coincée sous un verre sur le carré de tissu d'un pique-nique. Une araignée qui passait par là en ferait bien son casse-croûte mais encore faut-il réussir à l'atteindre... Toujours aussi drôle, rythmé, avec des bruitages hilarants, des mimiques excellentes... Que du bonheur, en somme... A noter que vous pouvez visionner cet épisode sur le site officiel de Minuscule.
Pas mal... On passe ensuite à The Bat and the Butterfly de Dave Jones (Australie - 2007). Il s'agit d'un épisode de la série Dust Echoes (dont un autre épisode a été diffusé dans un autre programme des films de télévision dans la semaine), reprenant en fait des légendes aborigènes. Ici, c'est celle du guerrier qui enlève la jeune fille qu'il aime, enfin d'une manière un peu brutale, et l'enferme dans une grotte. Mais la jeune fille parviendra à s'enfuir en se transformant en papillon... Le tout est conté à l'aide de pâte à modeler, c'est plutôt bien fichu, l'ambiance est bien créée...
Euh ouais... Autre style ensuite avec Crap Rap "Meetin' an A Waitin" de Nicky Phelan (Irlande - 2006). On y rencontre des ado ordinaires, qui flirtent (ou en tout cas aimeraient bien), s'ignorent, se regardent de loin... Bon au final, ça n'apporte pas grand chose, le style visuel est... disons spécial, oui, bon, pourquoi pas...
Trop fort ! Faisons dans le très court et efficace ensuite avec The Perfect Weapon de Jean-Claude Rozec (France - 2005). Court, car cela ne dure que 30 secondes. 30 secondes durant lesquelles un scientifique tente de convaincre ses patrons de la redoutable efficacité de son super robot. Il y arrivera... mais ce sera sa dernière démo. Très drôle, surtout avec la chute qu'on ne voyait pas venir tout de suite...
Oula... On en termine avec ces films de télévision avec Ayakashi Japanese Classic Horror "Bakeneko" de Kenji Nakamura (Japon - 2006). Ici, ce sont les créatures du folklore japonais qui sont mises en image. On rencontre ainsi un mystérieux apothicaire qui se balade de ville en ville. Un mariage doit avoir lieu, il s'y invite mais un meurtre est commis. Serait-ce l'oeuvre des spectres ? D'office, ça m'a fait penser à Genzo le marionnettiste, de par l'époque, le héros un peu ombrageux qui trimballe tout son art sur son dos, les démons et autres monstres qui massacrent à tour de bras. Le design est vraiment original, notamment aussi par la texture donnée, on croirait suivre l'histoire sur papier, genre estampe... Le style est très coloré, bigarré, l'ambiance assez flippante et mon seul regret concerne la fin : je veux la suite !!


RIP
de Bruno Collet


Dynamite Guys
d'Hiroyuki Nakao


xxxHolic
de Tsutomu Mizushima


Minuscule
de Thomas Szabo


The Bat and the Butterfly
de Dave Jones


The Perfect Weapon
de Jean-Claude Rozec


Ayakashi Japanese Classic Horror de Kenji Nakamura

Mais le gros de la journée pour moi, c'était à 16h le troisième long métrage japonais en compétition, à savoir Paprika de Satoshi Kon. Je dois sortir de la salle 1 pour y retourner deux secondes plus tard mais avec l'avantage d'être la seconde à rentrer et donc de pouvoir choisir ma place. Toujours appréciable, surtout vu que la salle est bien remplie quand commence le film... Je passe un peu pour l'otaku de service avec mon volume 2 du Garçon du train mais passons...

Waouh... Paprika est donc signé Satoshi Kon, le réalisateur de Perfect blue, Millenium Actress et Tokyo godfathers. Si le film est déjà sorti au cinéma en France le 6 décembre 2006, cela n'empêche donc pas le Festival (tout comme pour Azur et Asmar ou Souris City d'ailleurs) de le proposer dans leur sélection. Tant mieux car je l'avais pour ma part raté lors de sa trop brève exploitation dans une petite salle annécienne (une semaine seulement, il ne fallait pas louper le coche).
En outre, il me semble que l'oeuvre originale est signée Yasutaka Tsutsui, de même que pour La traversée du temps que j'ai vue hier. Décidément... (Je vois d'ailleurs dans le générique que Tsutsui, tout comme Satoshi Kon, ont prêté leur voix à deux des personnages du film).

Un petit résumé pour commencer ? Pas évident tant l'oeuvre est dense et foisonnante.
D'ici quelques années, une nouvelle technique de psychothérapie aura été mise au point, basée sur les rêves. Ainsi grâce à une machine, le DC Mini, le thérapeute peut entrer dans le rêve de ses patients, les enregistrer, les partager. Une technique géniale dans le monde des Bisounours où tout le monde il est gentil, mais forcément nettement moins dans le monde des humains. La preuve ? Trois DC Mini disparaissent alors que la technique est encore en phase de test. Qui sait ce qu'il se passerait s'ils tombaient entre de mauvaises mains ? Le Dr Atsuko Chiba se met en chasse du voleur, secondé par le génial inventeur de la machine, le Dr Takito... sans oublier Paprika, l'alter ego onirique d'Atsuko.

Qui dit Satoshi Kon dit souvent oeuvre très complexe pas forcément évidente à suivre. Si Paprika joue fortement la carte de l'hallucination, de la manipulation, du flou entre le rêve et la réalité, le scénario n'en est pas moins fluide et relativement aisé à suivre, la narration rythmée et entraînante, sans aucun temps mort, nous permettant toujours de suivre. La frontière entre rêve et réalité est évidemment brouillée mais jamais trop pour nous perdre ou nous faire lâcher en cours de route. Le côté onirique est même totalement fou et sans limite, donnant un grand sentiment de liberté jubilatoire.
Je n'ai pu m'empêcher de penser aux adaptations de Ghost in the shell par Mamoru Oshii : même univers ultra coloré, même personnages féminins forts, et évidemment ce flou sur la limite entre réalité et autre monde, entre conscience et inconscience (sans oublier les poupées au visage si lisse). Si ces projets se veulent toujours assez ambitieux, ils tiennent toutes leurs promesses sans décevoir.
La seule réserve que j'émettrais concernant Paprika serait sur l'histoire secondaire du commissaire Konakawa, utile de par ses implications mais au développement quelque peu superficiel. Mais cela mériterait sans doute un second visionnage tant l'oeuvre est dense.

Côté musique, j'avais déjà pu écouter et apprécier la BO signée Susumu Hirasawa (qui avait déjà fait la musique de Paranoid Agent et Millenium Actress). L'entendre associée au film lui donne encore plus de punch, s'intégrant parfaitement avec les images, donnant toujours le rythme, accentuant ce côté complètement fou et tordu, décomplexé et faste, faisant monter la tension dans les moments de course-poursuites qu'on ne manque évidemment pas de trouver dans un thriller psychologique comme Paprika.
L'animation n'est bien sûr pas en reste, très fluide, techniquement superbe, avec toujours un dessin très fin et élégant. Le focus est plus mis sur l'histoire et la narration que sur les personnages mais ceux-ci ne donnent pas non plus une impression de coquille vide, mention évidemment spéciale à Paprika qui fait sacrément rêver quand elle passe d'un univers à un autre. N'oublions pas non plus les quelques notes d'humour, assez rares mais tombant toujours au bon moment, sans alourdir ou affadir le récit. Cela lui évite d'autant plus de paraître trop sérieux ou austère, l'auto-dérision étant même plutôt bien présente.

Bref, c'est beau, c'est fou, ça part dans tous les sens en sachant toujours où ça va, sans nous perdre en route... Que demander de plus ? Je vois en tout cas beaucoup de gens voter 2 (sur une échelle de 0 à 2) pour le vote du public... On verra samedi soir ce qu'il en est !

A noter que le DVD de Paprika sort le 20 juin 2007.



Le Dr Atsuko Chiba, toujours aussi sérieuse...


Ca, c'est ec qu'on appelle un rêve haut en couleurs !


Le DC Mini en pleine fabrication


Devinez lequel des deux est le commissaire Konakawa...


L'affiche de la sortie française

Voilà, 18h n'est pas loin, j'en ai encore pris plein les yeux aujourd'hui. Plus qu'une ou deux séances demain, vu que je pense finalement ne pas faire la séance de long métrage que j'avais prise, à savoir Film noir. Ma ou mes dernières séances devraient donc se concentrer exclusivement sur les courts métrages...