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  Théâtre Petite salle Décavision 1 Décavision 2 Novel La Turbine
10h30 Courts
métrages 1
Films de
fin d'études 3
Bozzetto&Manuli : sati(y)res al dente Le Grand Sommeil    
14h Films de
télévision 1
Opéras de papier de Gianini&Luzzati Long métrage 4
Astérix et les Vikings
Le courant "néo-pictural" Films de
télévision 3
Courts métrages 5
16h Films de
commande 1
Vanités et natures mortes Films de
commande 2
La Rosa di Bagdad Spike & Mike's Sick and Twisted Animation Résidence Folimage
18h Long métrage 1
Wallace et Gromit
Peter Földes, l'outil au service de la sensibilité Courts métrages 1 Gen d'Hiroshima Courts métrages 3 Long métrage 5
Gin-iro no kami no Agito
21h Cérémonie d'ouverture - U en projection Politiquement incorrect Courts métrages 1 L'animation citoyenne : le sida Long métrage 3
XXX Holic
Fruits défendus
23h Courts métrages 1 Court en panorama 1        

Programmes en compétition Thème
"Viva l'Italia"
Thème
"Quand l'animation rencontre le vivant"
Avant-première

C'est sous un soleil frais mais bel et bien là que débute ce Festival. Le casque vissé aux oreilles, un gobelet de chocolat chaud acheté en route à la main, je débarque à Bonlieu, déjà bien rempli de festivaliers en quête de précieux sésames pour la semaine à venir. Il est tôt, à peine 9h30 alors que la première séance commence à 10h30, le temps donc de prendre quelques photos. Peu d'ailleurs, car mon appareil rend l'âme faute de piles au bout de 10mn… Alala, quelle organisation !

Le Pâquier à 9h30 du mat'. Du monde... mais pas pour le Festival Bonlieu face sud Le monde commence à arriver

Je retrouve Eyefire et Herbv dans le hall de Bonlieu et découvre alors que les soucis d'organisation déjà constatés la veille du côté des abonnés ne sont guère moins présents du côté des accrédités. Les séances étant toutes complètes dès le dimanche soir, les pro ont dû se lever aux aurores ce matin pour tenter de retrouver quelques tickets dès 9h, quelques places alors gardées en réserve ayant été réinjectées dans la nuit. Ce qui explique donc la présence de multiples queues devant les caisses accrédités. Sans oublier la honte ultime : pas de sacs flashy ! Ces fameux sacs qui ont fait la renommée du Festival, les sacs rose fluo, jaune pétant, où sont-ils ? Ils ne sont tout simplement pas encore arrivés... Ca sent le couac...
Pas mal de monde même devant la caisse des abonnements, comme quoi, ce lundi de Pentecôte semi-férié aura donné envie à certains de se faire quelques toiles. Ah, ce fameux lundi de Pentecôte, jour de solidarité pour les personnes âgées, qui fait qu'il n'y a pratiquement aucun bus aujourd'hui (5 dans la journée pour la ligne que j'emprunte), super pratique… Passons…

On commence vite à faire la queue, juste devant l'expo consacrée à Yoshitaka Amano. Il faudra que j'y jette un œil durant la semaine. Décidément, les habitudes des années précédentes reviennent vite. Au programme de cette première séance, les courts métrages en compétition n°1. Décidément, j'aime toujours autant cette petite seconde flottante avant d'entrer dans le théâtre.


On s'installe vite fait sur de bonnes places, la salle se remplit vite. Il paraît que toutes les séances de la semaine sont quasi-complètes, en dehors des places gardées en réserve pour juste avant la projection, cela se confirme. J'entends dire qu'il y aurait de plus en plus de festivaliers chaque année, voilà de quoi causer de futures nuits blanches aux organisateurs s'ils souhaitent continuer à satisfaire le plus grand nombre…
Bon, qui dit première séance dit premiers avions en papier qui volent, enfin plus ou moins (déjà beaucoup de participants pour un début de semaine !) et première bande-annonce. Eh oui, c'est une tradition, chaque séance débute par la bande-annonce du lapin, toujours très attendue des festivaliers, notamment des étudiants qui en profitent pour défouler leurs cordes vocales dans une joyeuse ambiance. Mais ça sera loupé pour cette année : on aurait pu espérer quelque chose de grandiose pour la 30ème édition du Festival, c'est raté. Un des objectifs de cette bande-annonce est de présenter tous les partenaires dans un contexte ludique, drôle et fun à suivre. Pour ce qui est de voir les partenaires, pas de problème : on ne voit même qu'eux pendant près d'une minute. Mais le lapin, l'emblème du Festival, est quasi-invisible, en tout cas pas du tout mis en avant, la bande-annonce n'a rien de ludique et ne propose aucune interaction avec le public. Bref, elle est plutôt ratée et assez barbante (on ne voit même pas le logo d'Annecy 2006 !!).
Heureusement que la première bande-annonce des Gobelins qui suit, bien qu'un peu confuse, apporte une touche plus gaie et dynamique… Il y a décidément un problème cette année, si on ajoute là-dessus la déco minimaliste de Bonlieu, ne faisant que présenter les anciennes affiches du Festival : passionnant !

Puis, Serge Bromberg, le directeur artistique du Festival, monte sur scène pour lancer le début des hostilités. Voici donc la première séance des courts métrages. D'expérience, ce sont souvent ces séances qui recèlent les petits bijoux… Mais bon, pas toujours. Ainsi, cette première séance ne décroche guère l'enthousiasme de la foule.

Mouais... Tout commence avec Hiroshi de Bretislav Pojar (République tchèque - Japon - 2005), un film de 20mn en tchèque sous-titré anglais (ça commence fort), le tout en animation de marionnettes, l'outil habituel des pays de l'Est devenus spécialistes en la matière. L'histoire d'un petit garçon envoyé pour quelques temps chez un ami de la famille, vieux loup solitaire vivant au fond des bois. Un petit garçon timide qui se liera d'amitié avec l'homme, peintre, et découvrira la nature mais devra également faire face à la dure réalité de la survie loin de toute civilisation. Un petit film mignon, plutôt naïf, bourré de bons sentiments, rien d'indispensable donc mais qui met dans le bain…

Oula ! Les choses prennent une autre tournure avec Rabbit de Run Wrake (Grande-Bretagne - 2005), un court de 9mn sans dialogue nous proposant un style de dessin assez simple, ressemblant à des gravures pour livres d'enfants, le côté éducatif étant souligné par l'ajout des noms de chaque objet au-dessus de chacun d'entre eux, comme pour apprendre à lire. D'où un sacré contraste avec l'histoire ! Deux gamins sautent à pieds joints sur un lapin qui en sort assommé puis le coupent en deux à la machette alors qu'il bouge encore pour sortir de son estomac une idole capable de prouesses. Ainsi, si on la nourrit de confiture, elle transforme les insectes volants qui l'embêtent en joyaux précieux. Ni une ni deux, les deux enfants cédant à la cupidité zigouillent ici un gentil mouton là un gentil cheval pour faire naître des tas de mouches ensuite transformées par l'idole en joyaux. Mais cela ne peut pas durer et la cupidité se retourne contre eux… Bref, c'est totalement barré, décalé, on ne sait pas trop jusqu'où cela va aller, voilà quelque chose d'original en tout cas.

Mouais... Suit Flowery de Daisuke Hashimoto (Japon - 2005), très court puisque ne faisant qu'une minute, en gros de jolies couleurs qui bougent… C'est poétique et reposant et surtout, ça a le mérite d'être court.

Perplexe... Un mérite que n'a pas Leviathan de Simon Bogojevic Narath (Croatie - 2006) puisque faisant 14mn40, au grand dam d'un certain nombre de spectateurs semble-t-il. Basé sur le livre du même nom de Thomas Hobbes (où le philosophe anglais du 17ème siècle parle d'une société où les hommes, pour échapper à leur état de nature foncièrement guerrier, nomment un souverain, une autorité supérieure), Leviathan nous propose une réflexion sur le pouvoir, la guerre, la destruction, le tout en utilisant l'animation d'objets et la 3D par ordinateur. La projection sera accueillie par des applaudissements mais également par des huées, notamment d'une jeune femme derrière moi qui se retrouve alors à devoir s'expliquer auprès d'une autre, largement plus réceptive semble-t-il au court projeté. Reproches expliqués en ces termes, un court trop lourd, tentant de faire passer en 14mn ce qu'il pouvait faire en une… En tout cas, un film qui fait réagir, ce n'est déjà pas si mal.

Mouais... On passera vite sur L'uomo del meteo de Delicatessen Studio (Italie - 2005), un court de 5mn en noir et blanc façon films des années 50 nous présentant un bonhomme, présentateur météo, tentant de rattraper un petit nuage un peu rebelle. Mignon mais anecdotique…

Mouais... De même pour Nature morte de Dominique Hoarau (France - 2005), qui ressemble plus à un exercice de style qu'à autre chose, mettant en scène le tableau Nature morte avec verre à vin et coupe de Pieter Claesz.

Cool ! Mais s'il fallait qu'il n'y ait qu'un court pour enthousiasmer la salle, le voici : Dreams and Desires - Family Ties de Joanna Quinn (Pays de Galles - 2006) qui nous présente en 10mn (VOSTF) l'attachante Beryl, passionnée de vidéo depuis qu'on lui a donné une caméra numérique. Elle se rend alors au mariage de Mandy, accumulant toutes les gaffes possibles et imaginables, bien aidée il est vrai du chien Digger, quelque peu exubérant et faisant ses besoins n'importe où… Tout est fait par simples dessins sur papier, mais des dessins plus croqués que précis, mettant en scène des personnages plantureux, dynamiques, en plus d'une voix off hilarante. Un très bon moment, énergique et amusant.

ZzzzZZzzzZZ On continue avec The Little Matchgirl de Roger Allers (Etats-Unis - 2005). Sachant que Roger Allers travaille pour Disney (de même qu'il est le co-réalisateur du prochain Sony Les rebelles de la forêt), pas la peine de s'attendre avec cette mise en images du conte de la Petite fille aux allumettes à quelque chose de vraiment original. C'est joli, maîtrisé mais ça n'apporte pas grand-chose…

Beurk ! Dernier gros morceau de cette séance, Flesh d'Edouard Salier (France - 2005), un court de 10mn sans dialogue n'utilisant que l'ordinateur 3D. Au cinéma, on voit arriver ces derniers temps les premiers films consacrés au drame du 11 septembre (le prochain Oliver Stone, Vol 93, etc.), rien d'étonnant donc à voir ce tragique événement commencer à apparaître dans les films d'animation. Sauf qu'on se demande parfois quel est le but… Voici ainsi une succession de buildings de New-York, dont les Twin towers, avec leurs façades couvertes des scènes érotiques. Puis arrivent les célèbres avions s'écrasant contre les tours puis les tours qui saignent, d'autres avions, d'autres effondrements, etc. S'il y avait un message derrière tout ça, il n'est pas vraiment clair…

Mouais... Puis on termine avec Mr Happy de Michael P. O'Hara (Canada - 2005) qui nous met en scène durant 2mn25 un homme en pleine ville portant un panneau " La fin est proche ", invectivant les passants, etc. Divertissant…


Hiroshi


Rabbit


Leviathan


L'uomo del meteo


Dreams and Desires


The little Matchgirl



Flesh



Mr Happy

Fin de cette première séance, assez mitigée, avec juste un court qui se démarque vraiment des autres. Espérons que la suite du programme sera plus intéressante. De quoi s'agira-t-il ? Ayant décidé de faire l'impasse sur les films de télévision, surtout le premier consacré aux films pour enfants (souvent assez cucu, puisque devant respectés des chartes très précises pour ne pas choquer nos chères têtes blondes), ma prochaine séance est donc à 16h dans une salle du Décavision pour assister au films de commande n°2 (le n°1 n'étant réservé qu'aux clips). Gros avantage du programme : il n'y a que des films très courts hormis le dernier. Donc, même s'ils sont chiants, ils passent vite… Ce sera en tout cas ma première séance en compétition au Décavision, je me demande comment sera l'ambiance… Bon, avant tout, je dois aller acheter des piles après avoir avalé mon repas…

Petit tour rapide du côté d'un supermarché pour trouver ces fameuses piles indispensables, je vois alors qu'il me reste une petite heure à tuer avant 16h. Retour à Bonlieu pour passer le temps, je sens que je vais avoir vite les jambes en compote... Petit tour du côté de l'expo consacrée à Amano, une trentaine de dessins (dont certains vraiment impressionnants), en plus de deux écrans nous proposant quelques petits films. J'aurai le temps le restant de la semaine pour mieux regarder tout ça. Quantà voir Amano, ce sera réservé à quelques accrédités durant la semaine lors d'une conférence à ll'Impérial Palace où se déroule le MIFA.
Ah, je remarque que les séances en rouge ce matin (c'est-à-dire toutes les séances nécessitant un ticket durant la semaine) sont repassées au vert hormis quelques exceptions (les avant-premières surtout), des places ont dû être réinjectées en urgence... Bon, ce n'est pas tout ça mais Décavision m'attend tandis que je croise un Eyefire attendant sa séance de 16h au théâtre et un Herbv qui n'aura pas résisté aux films de télévision pour enfants jusqu'au bout : on l'avait prévenu !

Bonlieu vers 15h : les choses sérieuses commencent...



Première séance donc au Décavision. Avec mon badge, je peux déjà monter devant la salle et vite rentrer, c'est cool, pas encore grand monde, j'ai le choix pour me placer. Bon, petit lecture d'un manga en attendant (Reset de Tsutsui pour les curieux), la salle se remplit bien petit à petit. Mais un petit truc me turlupine... Ah oui, c'est ça ! Il n'y a aucune ambiance. Aucun avion, aucun joyeux brouhaha comme au théâtre, juste quelques chuchotements. Voilà une séance qui promet d'être calme...
Et pour être calme, elle l'aura été. Aucune réaction devant les bande-annonces (la bande-annonce officielle n'est vraiment pas terrible même au 2nd visionnage...), aucun applaudissement à la fin de chaque film, très peu de rires, chacun restant à rigoler dans sa barbe de peur de casser le silence quasi-monacal de la salle.
Au programme, les films de commande n°2. Donc, principalement, des pubs, des films éducatifs. Au final, pas grand-chose à signaler. Déjà parce qu'il n'y avait aucune présentation et donc les films s'enchaînent sans temps mort entre chacun ce qui a pour inconvénient d'empêcher qu'on puisse regarder sur son Essentiel ou son Officiel quel est le court suivant. Difficile donc de tout garder en mémoire, surtout avec des films aussi courts. Ceux qui restent en mémoire sont alors ceux rendus immédiatement accessibles par l'humour ou ceux qui font réagir.

On notera tout de même quelques réjouissances comme :
- Exit de Satoshi Tomioka (Japon - 2005), film en 3D de 42 secondes où un homme se fait retrouver par sa redoutable femme dans un love hotel. Très drôle, rythmé et efficace.
- Chiquita "Le Dilemne" de COD (France - 2005) où l'impossible choix d'une grenouille face à... 2 bananes. La tête de la grenouille et ses mimiques faisaient bien penser à un certain Scrat coursant ses glands...
- TER "Cheetah" de Smith & Foulkes (France - 2005) où l'avantage du TER face aux embouteillages des voitures quand on est un guépard voulant courser une gazelle... Bien fait et drôle, là encore.
- Soirée Kill Bill de Philippe Crouzery (France - 2005) où le combat sans merci de deux mains pour s'emparer de la télécommande. Une chute hilarante qui aura réussi à faire réagir une salle amorphe.
- Motorola "Grand Classics" de Smith & Foulkes (Grande-Bretagne - 2005), voilà ce qui aurait pu être une bande-annonce du Festival autrement plus attrayante que celle qu'on a cette année puisque l'on suit les tribulations d'un lapin s'immergeant dans différentes techniques d'animation, différents films connus. Bien fait, rythmé, accrocheur...
- Kia Rio "Petrol Station" de Michael Mort (Grande-Bretagne) ou le difficile destin d'un tueur en série façon Jason gêné dans ses instincts meurtriers par la trop basse consommation d'une Kia. Chute plutôt drôle en tout cas...
- LVB "Spatz" de Sebastian Von Nathusius (Allemagne - 2005) ou la douloureuse découverte de la vitesse par un moineau accroché à un bus. Drôle surtout si vous voulez voir un moineau vomir ses boyaux !
Perplexe Rule of Rose de Makoto Hanafusa et Yoshiro Kimura (Japon - 2005). Avec un graphisme de cinématique de jeu vidéo (mais il semble que ce soit justement la scène d'ouverture d'un jeu survival horror), donc plutôt beau si on apprécie ce style, on se retrouve plongé durant 6mn30 dans une ambiance inquiétante. Le seul problème étant qu'on ne comprend pas grand-chose vu qu'on se retrouve largué là-dedans sans rien savoir. Déconcertant.

Certains films étaient beaucoup moins drôles évidemment car traitant de sujets sensibles, comme Médecins sans frontières "Human Ball" sur les ravages du Sida en Afrique, NSPCC "Speech Bubble" où les enfants maltraités par leurs parents sont sauvés par une bulle géante, la bulle de la parole et de la vérité, ou enfin The Birds & The Bees - A Secret You Shoudn't Keep cherchant à expliquer aux enfants que s'ils sont victimes d'abus sexuels, ils doivent néanmoins parler et ne pas se sentir coupables. Gros souci avec ce dernier : en anglais sans sous-titre durant 23mn, longuet, sans compter un générique un peu maladroit où l'on revoit le salaud de service sur une musique toute mimi limite Teletubbies...


Exit


Motorola "Grand Classics"


Rule of Rose


The Bors & The Bees

Bon, voilà, fini pour aujourd'hui, assez tôt vu que la séance est passée très vite (fini à 17h15) du fait qu'il n'y a aucune interruption entre chaque film comme au théâtre. Ca empêche tout de même de digérer chaque film, dommage...

Bon, rendez-vous demain, avec deux séances également, les courts métrages le matin et mon premier long métrage à 14h...