Cinquième jour: vendredi 6 juin 2003
J'ai enfin vu Kiki's delivery service, je peux mourir en paix... hum finalement non, je vais d'abord écrire mon petit rapport, on verra après.

Fast film10h00: Le dernier programme de court métrages en compétition nous attend. Monsieur H s'est levé à l'aube pour faire la queue et a compris qu'il fallait être là au plus tard à 8h (alors que le théâtre n'ouvre qu'à 9h) pour commencer à faire la queue et être à peu près sûr d'avoir les tickets qu'on veut. Voilà donc pourquoi les soirées sont plutôt calmes pendant le Festival: les gens se couchent tôt pour se lever tôt...
Bon, ces courts métrages... Pas que du génial mais quelques bons moments.
Par exemple Fast film de Virgil Widrich (Autriche/Luxembourg - 2003- 14 mn). L'histoire est assez simple, un homme, une femme. Elle est enlevée, il se lance à sa poursuite. Simple, clair, net. Mais c'est la technique employée pour raconter l'histoire qui est étonnante... et difficile à expliquer. Des séquences de plusieurs films sont utilisées, manipulées, pliées et animées pour nous permettre de suivre l'histoire, muette cela va de soi. Ça donne évidemment un ensemble assez bizarre et déroutant mais si on se laisse prendre au jeu, c'est plutôt amusant à suivre, reconnaître tel ou tel film, entre Buster Keaton, Laurel et Hardy, Indiana Jones, Gene Kelly etc... Quand l'animation rend hommage au cinéma... Le site officiel: http://www.widrichfilm.com/fastfilm/
Le petit théâtre mécaniqueArrêtons nous également sur Le petit théâtre mécanique de l'atelier collectif William Henne (Belgique - 2002 - 7mn) dans lequel on assiste au spectacle du théâtre mécanique qui joue Hansel et Gretel. Nous sommes dans un centre commercial et un petit garçon attend impatiemment ses parents, devant se taper continuellement en boucle le spectacle, assez niais et bidon, avouons-le... Il le voit, il le voit, il le voit et finit par imaginer une nouvelle version du spectacle, beaucoup plus amusante et moins convenue... Le tout était en animation de marionnettes, c'était plutôt bien fait et drôle, tout simplement. Et la musique du spectacle en a marqué quelques uns qui se sont mis à siffloter la petite mélodie après la diffusion...
J'aurais aussi pu parler d'un court norvégien (Good luck, Mr. Gorsky), nous expliquant les paroles de Neil Armstrong pour son premier pas sur la lune... une chute hilarante.

12h20: Comme d'habitude, un tour en ville pour manger vite fait, la fatigue aidant, le repas est des plus calme et silencieux.

Blues stories14h00: Nous voilà installés pour la dernière séance des films de télévision en compétition. Avec de très bonnes surprises et une pas terrible...
Prenons Blues Stories de François Roux (France - 2003 - 10 mn). Quatre saynètes nous proposant de suivre différents incidents par une vue du dessus: des vaches qui gênent le passage des voitures, des cyclistes qui utilisent des vaches pour aller plus vite, une mère de famille qui tente désespérément de traverser une route bien fréquentée avec son landau, un conducteur dont la voiture est tombée en panne sur une voix ferrée... Ce qui était totalement hilarant (enfin pas pour tout le monde mais tant pis pour eux), c'était le bruitage, tout fait à la bouche, que ce soit le bruit du train qui roule, le meuglement des vaches, le klaxon des voitures... Rajoutez là dessus une animation assez délirante également et vous obtenez un film des plus distrayant qui aura marqué suffisamment certains spectateurs pour qu'ils nous imitent le meuglement des vaches pendant tout le reste de la séance...
Home moviesLe second film dont je parlerais, c'est Home movies "Shore leave" de Loren Bouchard (USA - 2002 - 22 mn). L'histoire d'une gamine, Melissa, à qui son père reproche son côté garçon manqué et le fait qu'elle n'ait aucune copine mais ne traîne qu'avec des mecs, dont Brendon et... un autre dont j'ai égaré le nom, et qui se voit alors contrainte de prendre part au club des Fairy Princess, où elle pourra rencontrer plein de nouvelles amies... Pendant ce temps, Brendon va devoir passer le week end chez un camarade de classe. Les trois amis vont rester en contact par talkie-walkie, ce qui va donner d'ailleurs lieu à une scène absolument hilarante où ils vont avoir un certain mal à communiquer à distance (la VO était géniale à ce propos). Et finalement, leur week-end va être une horreur, Brendon découvrant une vie pire qu'un film d'épouvante: coucher à 18h30, manger constamment du riz... au riz et devoir se taper la compagnie du copain, incroyablement chiant. Quand à Melissa, on va dire qu'elle ne trouve pas vraiment sa place parmi les pouf princess... Franchement un très bon moment, animation sans problème, personnages délirants, dialogues qui font mouche.
Pour la première fois dans une séance du Festival, on a pu entendre un film se faire siffler (French touch "Le dernier verre" - 2003). Il faut reconnaître que: 1) le dessin était raté 2) l'animation était nulle 3) le doublage était inaudible 4) les dialogues étaient plats et sans beaucoup d'intérêt. Et ça a duré 10 mn...

16h00: Voilà le moment que j'attendais depuis le début de la semaine, l'avant-première de Kiki's delivery service d'Hayao Miyazaki. On a droit à un peu de queue, on tente de vite rentrer, histoire de se trouver une bonne place. La salle se remplit assez vite, les strapontins sont bien utilisés... On a droit, après la rituelle bande-annonce du lapin puis des gobelins, (très sympathique, celle d'aujourd'hui d'ailleurs), à un court inédit de Wallace et Gromit, comme ça a été le cas à toutes les avant-premières de la semaine. Wallace et ses inventions toujours farfelues, toujours aussi drôle, on ne s'en lasse pas...
Serge Bromberg arrive sur scène pour nous présenter Kiki's delivery service mais nous annonce en même temps une nouvelle regrettable. En effet, ce film était prévu pour une sortie en août 2003 puis reporté à début 2004. Or, il semblerait maintenant qu'il n'y ait plus aucune date de prévue pour sa sortie en France, il va donc falloir patienter...
Ce qui est d'autant plus regrettable que c'est encore un film superbe... qu'on nous a quelque peu gâché. Au bout de 15-20 mn de film, on s'est retrouvé avec l'image à l'envers... Le film a été arrêté et a repris, sans aucun mot d'explication ni rien au bout de 10 mn, pas exactement à l'endroit où on avait été coupé. Incident des plus regrettable...
Kiki's delivery service, qui sortira en France (si il sort un jour) sous le titre La Petite Sorcière, est donc sorti au Japon en 1989, 3 ans après Le Château dans le ciel qu'on a pu découvrir voilà quelques mois. L'histoire en deux mots: Kiki est une jeune sorcière de 13 ans qui doit quitter ses parents pour s'installer dans une autre ville afin de commencer son année d'apprentissage. N'ayant comme pouvoir que celui de voler, elle prend donc son balai et s'envole avec son petit chat noir Jiji afin de trouver sa place dans le monde qui l'entoure.
On est bien loin ici des animaux géants et dieux de Mononoke, des démons et esprits de Chihiro ou des civilisations perdues de Laputa. Mais on retrouve deux thèmes habituels de Miyazaki: trouver sa place dans la société, sa voie, gagner sa confiance en soi et son indépendance, tout ça grâce au travail (même thème dans Chihiro) et surtout la passion du maître pour tout ce qui touche au vol et à l'aviation: Porco Rosso, Laputa, quelques scènes de Chihiro et ici les superbes scènes de vol de Kiki, survolant les villes à la recherche d'un endroit où s'installer.
Les paysages sont superbes, l'animation sans accroc, la musique toujours signée Joe Hisaichi agréable même si j'avoue ne pas y avoir toujours fait attention et les personnages tendres, humains et attachants. Mention spéciale à Jiji le chat qui est totalement hilarant avec ses réparties fines, ses mimiques et ses maladresses...
Alors pas de big méchant, de gros monstre, de future apocalypse, de lutte pour sa survie dans ce Ghibli, juste une jeune fille qui au travers de rencontres et d'expériences va mûrir, gagner son indépendance, prendre confiance en elle, traverser des moments de doutes, tout en nous faisant partager sa vie quotidienne tout ce qu'il y a de plus ordinaire (pour une sorcière), avec fraîcheur, simplicité, poésie, émotion et énormément d'humour. J'avoue avoir été surpris par la fin, je ne m'attendais pas à ce que le générique tombe à ce moment-là, mais fort heureusement, le générique contient lui aussi son lot de scènes à suivre (dommage pour ceux qui sont partis avant la fin du générique), sorte d'épilogue faisant le point sur chacun des personnages.
Bref, un beau film, délicat et sensible, j'en redemande...
Si vous voulez des infos sur ce film et sur les productions Ghibli en général, un site incontournable: http://www.buta-connection.net/

18h05: Evidemment avec tout ça, on est affreusement en retard. La prochaine séance est censée être le long métrage 4, My Life As McDull de Toe Yuen. Mais je risque de louper le dernier bus avec tout ce retard, difficile aussi de passer à un autre film après Kiki et enfin il y a un monde fou qui fait déjà la queue... Ouais bon, tant pis, je ne verrais pas ce film là...

Demain, dernière journée, programme calme, juste le dernier long métrage à voir...

N'oubliez pas le résumé de Momo de Mangajima sur sa propre vision de la journée...

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