Troisième jour: mercredi 4 juin 2003

Ca, c'est le monde dehors qui fait la queue pour les tickets des accréditations, il est 9h40...Bon là, je vais tenter de faire court (c'est pas gagné), je suis crevée, j'ai mal au crâne et il doit faire 40°C dans cette pièce... Entamons le récit de la journée...

9h40: Arrivée devant Bonlieu, je rejoins Monsieur E et Monsieur H qui vient d'arriver sur Annecy pour suivre les derniers jours du Festival. Monsieur H étant accrédité, il doit aller chercher ses tickets de la journée au stand prévu à cet effet... Et c'est là qu'on se rend vraiment compte d'un truc pas pratique du tout: il y un monde fou qui fait la queue pour ça, ça n'avance pas et personne n'est sûr d'arriver à obtenir les tickets qu'il souhaite... ce qui arrive à Monsieur H d'ailleurs. Pendant que Monsieur E et moi-même, avec nos jolis tickets déjà en poche, nous pouvons entrer et nous installer où bon nous semble, Monsieur H continue à attendre et finalement ne rentre qu'in extremis dans la salle après le désistement d'un certain nombre de spectateurs qui ne se sont pas présentés... Ça commence fort...

The Separation10h30: Au programme, courts-métrages en compétition numéro 3. Avions, bande-annonce du lapin (ovationnée à chaque fois), nouvelle bande-annonce des Gobelins (mouais, sans plus...).
Finalement du bon ou non durant cette séance ? Eh bien, on dira que c'était une sélection assez difficile d'accès.
J'en retiendrai Travel to China de Gil Alkabetz (Allemagne-2002) qui, comme son nom ne l'indique pas du tout, nous montre une seule image fixe, avec un personnage représenté 6 fois dans des postures différentes et à partir de cet immobilisme, l'auteur, par les plans du personnage se succédant à des cadences différentes, nous créé le mouvement... Simple, mais intéressant pour moi (mais ça n'a pas été le cas de tout le monde).
Sky Jumping PairsOn continue dans les films marquants avec The Separation de Robert Morgan (Grande-Bretagne-2003) qui a assez profondément marqué le public, par son côté assez glauque, maladif, gore... Deux siamois, joints au niveau du thorax, sont séparés alors qu'ils sont âgés de quelques années. Quelques années après, ils n'arrivent toujours pas à s'en remettre, l'un devant s'aider d'une canne pour marcher, l'autre se mutilant la cicatrice, ils finissent par décider de se réunir à nouveau et fabriquent une sorte de machine à coudre géante qui va avoir un "léger" raté (vous voyez Massacre à la tronçonneuse ? Eh bien, remplacez la tronçonneuse par une aiguille géante de 1m de long et 10 cm de diamètre)... A ne pas mettre devant tous les yeux, l'utilisation de marionnettes paraissant limites suintantes amplifiant encore plus le côté viscéral et organique du film... Eprouvant...
Autant dire que la joie et le côté festif style Bollywood (cinéma indien) de Sony Joy "Ananda" a quelque peu adouci l'atmosphère assez suffocante...
Pour finalement terminer la séance par un film japonais assez hilarant, Sky Jumping Pairs de Riichiro Mashima qui nous présente le nouveau sport de saut à ski à deux, avec différentes figures selon les participants... Un site sur ce film: http://www.jump-pair.com.
Ca, c'est le monde qu'il y a dans l'entrée du théâtre, toujours pour obtenir les tickets des accréditations, il est 9h50... Il faut savoir que la porte pour accéder à la salle dun théâtre est à deux mètres... et sans personne devant...Quelque chose d'autre à noter sur ce programme ? Quelques soucis techniques par exemple, pas de son pendant la première minute de Show & Tell, aucune musique sur le très court (1mn25) X-man, le public a hurlé tout le long, les organisateurs ont alors dit qu'il n'y avait pas de son sur ce film (alors que le générique indiquait "Musique composée par...") pour finalement rediffuser en fin de séance une autre version, avec du son cette fois-ci... Ils en ont profité pour diffuser un des courts-métrages qu'ils avaient sauté lundi soir du fait d'un trop gros retard dans les horaires...
On notera enfin le film japonais Fade into White #3 de Kazuhiro Goshima, 14 mn durant lesquelles il ne se passe pas grand chose (des vues d'une ville en 3D ordinateur), on a entendu quelques bâillements et toutes les 2 mn lors des fondus en noir, le public croyait que c'était fini et applaudissait et hop, ça repartait... Il faut reconnaître que 14 mn, c'était bien long même s'il est vrai qu'esthétiquement et techniquement, c'était superbe...

12h20: On se trouve un resto pour manger vite fait (enfin vite fait... quelle idée de prendre le dessert super long à préparer...) et on retourne en vitesse à Bonlieu pour la séance suivante...

Robbie le Renne14h00: Nous voilà dans le théâtre pour suivre les films de télévision en compétition 3. Cinq films en tout, trois de plus de 20 mn, deux courts. J'en retiendrai surtout le premier Robbie le Renne "La légende de la tribu perdue" de Peter Peake (Grande-Bretagne-2002), série déjà connue par certains spectateurs et, il faut le dire, particulièrement réussie niveau animation (marionnettes) et assez hilarante niveau histoire, dialogues et personnages, dans le même style que Wallace et Gromit. Excellent.
Pour le reste, Marcellin Caillou, le second film de plus de 20 mn était sympathique (j'aimais beaucoup le style de Sempé quand j'étais gamine) mais un peu longuet, le troisième intéressant, un jeune loup envoyé par ses parents chez son oncle pour apprendre les 9 règles de la méchanceté. Je lui reprocherai peut-être de n'avoir jamais trop su quel style clairement adopté, un style tranchant et incisif, pour adultes (c'était un loup qui n'avait pas spécialement de scrupule quand il s'agissait de bouffer une grand-mère...) ou un style plus sage et enfantin (parce que ça n'allait pas non plus très loin)...

L'attaque du poulpe rouge géant15h40: Monsieur H n'ayant pas eu de ticket pour la séance suivante, Monsieur E et moi nous installons donc dans la Petite Salle de Bonlieu pour suivre la sélection de films Internet. Un peu de tout dans ce programme, souvent distrayant...
Olympics ou une parodie des sports olympiques, Héros (Barbare) ou le nouveau boulot d'un personnage de jeu vidéo, Dick Spader "Le crime était presque évident" ou une parodie des films noirs des années 30 avec un détective privé complètement nul et sa secrétaire godiche, les abominables Happy Tree Friends qui mettent en scène des personnages tout mignons à qui il arrive les trucs les plus trash, gores, horribles (ma voisine de droite m'a regardée d'un air totalement effaré quand j'ai commencé à rire devant ça... hum désolé...), et enfin un film de presque 10 mn qui nous a beaucoup fait rire Monsieur E et moi-même, on devait être les seuls à s'intéresser à l'animation japonaise dans la salle vu qu'on était vraiment les seuls à rire sur Seigei Sentai Pinpin : L'attaque du poulpe rouge géant, réalisé par le studio Tanuki (toute ressemblance avec un autre grand studio japonais connu est totalement fortuite ?), avec le doublage de Gotowhan et bourré de références totalement parodiques aussi bien aux sentai, Sailor Moon, le DDR, Ken etc... Si vous voulez voir ces films, jetez un oeil sur: http://www.annecy.org/home/Festival/Vote/index.php?Page_ID=467

The Legend of the Sky Kingdom17h40: On craignait d'avoir du monde pour la séance suivante, finalement on était les premiers à attendre devant la porte du théâtre pour voir le second long-métrage en compétition, The legend of Sky Kingdom de Roger Hawkins (Zimbabwe). Pas mal d'enfants dans la salle en fait (qui ont dû être ravis du sous-titrage français...). Que dire du film ?
Déjà, il faut savoir qu'il n'est ni en 3D ordinateur, ni en dessin traditionnel mais utilise des objets animés image par image. Et pas n'importe quel objet mais des objets de la vie courante qu'on retrouve souvent dans les corbeilles, des boîtes, des canettes, des bâtons quelconques, des ressorts, des boutons, des capsules de bouteille etc... ce qu'on appelle de la junkmation.
Evidemment, ça fait un peu bizarre au début mais on se rend vite compte du boulot énorme (3 ans de travail pour une équipe de 15 personnes, ils tournaient entre 8 et 15 secondes de film par jour...) et de la remarquable imagination qu'il a fallu déployer pour arriver à ce résultat (au niveau de la création technique des personnages, de leur environnement...).
Ce qui est un peu dommage, c'est qu'à mon sens, l'histoire n'est pas si réussie qu'elle aurait pu l'être. Je trouve déjà l'ensemble un peu long, je l'aurais bien vu plutôt en cour voire moyen métrage. L'histoire, c'est en fait une sorte de conte initiatique. Un peu comme un shônen baston avec le jeune héros qui va partir avec ses amis à l'aventure pour découvrir le monde et apprendre beaucoup sur lui au fil des rencontres et des épreuves. Ça donne des personnages un peu trop classiques et stéréotypés (le jeune héros tout feu tout flamme, le personnage féminin plus pondéré qui hurle régulièrement, le meilleur copain un peu con mais qui va tellement apprendre, les sous-fifres là pour faire marrer et faire évoluer...) et une histoire basique et assez prévisible, aux dialogues un peu naïfs et donc un peu longuette (les personnages principaux veulent échapper à leur situation de départ, ici un orphelinat où ils servent d'esclaves, l'équipe se forme, le voyage commence vers le Royaume du Ciel dont ils viennent justement d'entendre parler, les épreuves s'enchaînent tranquillement les unes à la suite des autres, le méchant est super méchant, les gentils sont super gentils, pas mal de bons sentiments et de gentillesse...).
19h40, du monde et un groupe sur scène...Intéressant techniquement, une musique pas désagréable avec des rythmes africains et bien sûr, l'émergence du continent africain dans le domaine de l'animation, personnellement, pour moi c'était une première... Mais niveau histoire, plus difficile...
Le site officiel: http://www.thelegendoftheskykingdom.com

19h40: Je devais rester avec Monsieur E et Monsieur H pour dîner en vitesse et aller à un programme spécial animation australienne à 21h mais j'avoue, je suis faible, je suis nase, je suis crevée, 4 séances dans la journée, c'est déjà beaucoup et j'ai un peu peur de me dégoûter de l'animation... On s'arrête donc là pour cette fois...
A demain donc avec en avant-première les fameuses Triplettes de Belleville...

Momo de Mangajima vous donne son propre aperçu de Kaena ainsi que du programme avant-première du Festival...

Retour à l'accueil du Festival