Deuxième jour: mardi 3 juin 2003
Le Paquier à la descente du bus...Après une bonne (et courte) nuit de repos, me revoilà d'attaque pour le second jour...
9h10: Ça va, j'ai du temps, je pars d'ici 5 mn... Alors qu'est-ce qu'il donne ce Quartier Lointain 2 ?

9h20: J'accumule les conneries, quelle idée de me plonger dans une BD à cette heure-là... J'ai encore envie de courir après le bus ou quoi ???

9h40: Arrivée près de Bonlieu. Je prends quelques photos, oula, il ne va pas faire froid aujourd'hui encore... Le Paquier est déjà plus animé qu'hier à la même heure (même si ça ne se remarque pas sur les photos), on trouve quelques Festivaliers... Bon j'ai rendez-vous avec Monsieur E. à 10h10, occupons-nous...

Un petit zoom du Paquier, toujours à la descente du bus... Remarquez la boule bleue :)9h50: Ah tiens, Monsieur E. s'ennuyait tout seul dans sa tente, il est déjà là... On discute, alors cette première soirée ? Sympathique me dit-il mais personne dans les rues le soir... Ils sont bien sages, ces Festivaliers...

10h10: Après quelques rapides et onéreux achats à la boutique du Festival (mais si les filles, il est très bien votre T-shirt Festival 2003... un peu trop blanc peut-être...), nous voilà déjà placés devant une des entrées du théâtre. Il y a une queue monstrueuse à côté mais uniquement pour les accrédités qui doivent tous les matins chercher leurs tickets de la journée... Il faut reconnaître que c'est un des avantages de l'abonnement, on n'est peut-être que des amateurs (un peu paumés au milieu des nombreux étudiants et journalistes) mais nos tickets, on les a déjà...

OK, elle rend nulle... J'ai tenté quelques photos dans le théātre même mais ça rend rien du tout...10h20: On s'installe dans les rangées du côté, les meilleures places ont déjà été prises au milieu... Le programme pour les 90 prochaines minutes ? Courts-métrages en compétition numéro 2. La salle se remplit rapidement, elle est bondée, les gens s'installent même sur les strapontins... Les avions fusent de toutes parts, ça hurle, ça siffle, oula l'ambiance est déjà bien chaude... Les lumières s'éteignent et le manège habituel commence, "Le lapin, le lapin, le lapin..." scandent les étudiants, ponctuant la descente du malheureux lapin à l'écran par des olés bien placés... Puis bande-annonce des Gobelins, une jeune fille poursuivie sur un carnet de croquis par une énorme tâche d'encre...
Finalement, on passe un très bon moment avec ces courts-métrages... Neuf en tout, mais je ne parlerai que des plus marquants à mes yeux. Oui parce que bon, certains étaient sans doute très bien mais en anglais sans sous-titres, on perd quelques subtilités au passage...
Harvie Krumpet de Adam Benjamin Elliot, Australie, 23 mn, VASTF: La vie d'un homme, né dans une famille pauvre d'Europe de l'est, qui émigre en Australie après la mort tragique (et complètement stupide) de ses parents... Un gars qu'on dit un peu simplet parce qu'il est victime du syndrome de la Tourette (tics incontrôlables, par exemple, dès qu'il rencontre quelqu'un, il doit lui toucher le nez ce qui lui vaudra quelques soucis...) à qui il n'arrive que des tuiles... Le tout en pâte à modeler, superbement réalisé, avec un commentaire dit de manière parfaite par l'acteur Geoffrey Rush... Ce film a eu droit à une véritable ovation du public. Techniquement excellent, il dégageait beaucoup de tendresse et d'ironie, de joie de vivre et de simplicité, de sensibilité et de burlesque...
How to cope with deathHow to cope with death de Ignacio Ferreras, Grande-Bretagne, 3 mn, sans dialogue: une vieille dame seule devant sa TV, la Mort arrive, voit là une victime idéale, elle s'apprête à la faucher... quand Mamie se transforme d'un coup en championne de kung-fu qui explose tout. Hilarant, tout simplement... La vieille dame qui saute sur sa chaise à bascule et éclate la tronche de la pauvre Mort qui croyait avoir là un boulot facile, réellement, ça vaut le coup d'oeil...
Ces deux-là étaient vraiment marquants. J'aurais pu aussi parler du premier court, où une journaliste américaine tentait de comprendre le conflit israélo-palestinien en s'intéressant à certains jeunes extrémistes de chaque pays (intéressant mais en VA uniquement), du second, français, où je n'ai pas compris grand chose, du septième mettant en image une légende inuit avec beaucoup de poésie, du huitième au thème intéressant (l'homosexualité féminine) que j'ai trouvé hélas très mal mis en scène (je ne sais même pas comment ils ont réussi à écrire un résumé dessus, j'avais rien compris de tout ça)...
A noter qu'on peut voter pour le court-métrage qu'on préfère, mon choix est vite fait...

Une petite vue d'ensemble de Bonlieu le matin...12h20: On cherche une sandwicherie pas trop bondée, on mange tranquillement puis je fais découvrir à Monsieur E. une autre boutique BD (YES ! 20th century boys 7 !!). On retourne tranquillement sur Bonlieu où à 14h les films de télévision en compétition numéro 2 nous attendent.

Les durs du mur "Les premiers seront les derniers"14h: On est parmi les premiers dans la salle, on s'installe donc tranquillement... Avions (petits joueurs d'ailleurs, du mal à atteindre la scène), Le Lapin, Les Gobelins... Venons-en au fait. Rien de vraiment exceptionnel finalement dans ce programme. On signalera Ape, court-métrage irlandais de 27 mn en VASTF tout en pâte à modeler, techniquement maîtrisé mais que j'ai trouvé quelque peu longuet dans son développement. L'histoire en deux mots, un orang-outan s'enfuit d'un zoo et devient animateur de talk-show dans le monde humain, réveillant par la même la jalousie d'un clown dépassé et la haine de l'ancien responsable du zoo... Suivent un film japonais de 7 mn un peu trop gentillet et niais à mon goût, un film français de 23 mn assez long et pas bien rythmé (l'histoire me faisait un peu penser à Rahan...) qui nous a arrachés les oreilles (baissez ce foutu volume), un court hollandais un peu... abstrait, un film américain sur l'éducation d'un bébé pas bien folichon non plus... Puis un film français de 7mn plutôt drôle, 3 copains dont les parents attendent les bulletins de note pour le meilleur et pour le pire surtout, dialogues bien sentis mais dessin assez... difficile dirons-nous... Puis un conte mis en image dans un film hongrois de 7 mn, maîtrisé, distrayant et, enfin, un dernier film, français, au dessin mignon comme tout, visant le public jeune mais pas dépourvu de certains dialogues et situations assez marrants tout de même...

Ils commencent la journee en étant déjà fatigués...15h40: Mon ticket suivant m'autorisait à assister à une rencontre avec des créateurs de musiques de films d'animation... N'étant pas super intéressée sur ce coup-là (et pas parce que Phil Collins n'était finalement pas là, je tiens à le préciser), je suis Monsieur E. dans la Petite Salle de Bonlieu pour un programme spécial animation australienne nommé "Le rire aux antipodes". Vu qu'aucun ticket n'est nécessaire, ils laissent entrer du monde jusqu'à remplir la salle, autant dire que ça a été un peu juste pour nous, il n'y a pas eu grand monde qui soit rentré après nous... Salle plutôt sympa, pas mal de places pour les jambes, sièges confortables, parfait... Par contre, oulala, aucune ambiance, j'ai bien fait de ne prendre que des séances au Théâtre, c'est là que l'ambiance doit être la meilleure... Le lapin, les Gobelins, tout ça dans une ambiance super calme, sans avions ni hurlement... Et les films me direz-vous ? Eh bien, comment dire... Je ne dois pas avoir exactement le même humour que nos amis australiens... Bon déjà, un certain nombre de films étaient en VO pure, rien suivi... Et puis si je devais définir l'humour qu'on nous a présenté là je dirais: humour très très très noir, parfois carrément morbide (le film intitulé La Danse de la Mort n'a pas fait marrer grand monde), parfois assez trash, grotesque, cynique... Pas facile comme programme... Un des films datait de 1976 et durait 14 mn (en VO pure), long mais long... J'avoue, j'ai roupillé quelque peu et beaucoup sont partis juste après... J'étais assez contente de sortir de la salle même si quand même il y avait quelques films intéressants...

BDFugue, le lieu de rendez-vous...17h40: Monde ou pas monde devant le théâtre ? Car à 18h, on va enfin pouvoir découvrir le premier long-métrage de la sélection, Kaena La Prophétie de Chris Delaporte (qui n'a pas pu être là, dommage). Eh bien, pas mal de queue à faire, quand on entre enfin dans le théâtre, difficile de se trouver une bonne place. Nous voilà qu 5ème rang, quasiment le nez sur l'écran, mais, gros avantage, plein de place pour les jambes... La salle est pleine à craquer, les avions volent, ambiance garantie...
Et finalement, ce film ? Eh bien, plutôt passé un bon moment...
L'histoire vite fait: sur Axis, l'arbre qui s'élève au dessus d'une mer de nuages vit une tribu d'humains, assujettis par le grand prêtre qui leur martèle la tête à coups de Dieux protecteurs... Ils doivent pour mériter leur protection passer leur temps à leur trouver de la sève, mais celle-ci se raréfie et les Dieux sont en colère devant les maigres récoltes. Kaena, jeune fille rebelle dont les parents sont morts voilà longtemps, ne rêve que de découvrir ce que cache la mer de nuages. Elle défiera les lois de sa tribu pour sauver son peuple et aller à la rencontre des prétendus Dieux...
Kaena en mode gentille...Ca a l'air assez bateau comme ça et il faut le reconnaître, c'est un scénario assez classique mais qui évite un manichéisme qu'on retrouve souvent dans n'importe quel film américain de ce style. Car pour ceux qui ne le savent pas, c'est le premier film français réalisé entièrement en images de synthèse, sur des ordinateurs des plus classiques avec 3D Studio max à ce que j'avais pu lire (donc assez loin du gros matos qu'on pourrait croire). Techniquement, tout est loin d'être parfait mais ça rend tout de même pas mal.
Les visages font un peu lisses, les mouvements ne sont pas toujours super naturels, mais l'animation est fluide (hormis à quelques moments) et il me semble tout de même pas simple de réussir à rendre un monde totalement imaginaire hyper réaliste. Quelque chose que je trouve un peu dommage, c'est que le film, du fait que l'action ne se déroule pas sur une planète en elle-même mais au-dessus des nuages, reste constamment baigné dans la même lumière, tout garde le même style de teinte (ocre, doré je dirais), on manque donc parfois de suffisamment de contraste et de nuances pour vraiment bien visualiser l'ensemble, ça donne un côté un peu fouillis dans certains scènes d'action, c'est un peu frustrant.
Un paysage du film KaenaMais certaines scènes, comme celle d'ouverture, sont tout de même superbes... hormis nous concernant sur un petit problème: le son... Etant à quelques mètres de l'écran, on a cru que nos oreilles allaient exploser dès la première minute, ce qui n'aurait pas été complètement gênant vu qu'on a eu droit à une version française sous-titrée anglais. Mais louper la jolie voix de Cécile de France (que j'aime beaucoup, la voix comme l'actrice), ça aurait été dommage.
Niveau personnages, on s'attache vite à Kaena (qui me faisait penser à Gally de Gunnm pour certaines scènes) ainsi qu'à quelques autres mais je regrette pour ma part qu'ils n'aient pas été plus approfondis, plus développés, on ne sait tout de même pas grand chose d'eux au final...
Vous ne lui trouvez pas un petit air de Gally ?Quand au scénario, des plus classique donc (une jeune fille rebelle qui va sauver les siens grâce à son courage en se battant contre des prétendus Dieux, c'est pas super nouveau), manquant peut-être un peu de cohésion, on a un peu l'impression qu'il manque quelque chose qui lierait le film de A à Z, pas confus pour autant mais il manque un petit quelque chose... Mais quand même, on passe un bon moment, on évite la romance à deux balles, pas mal d'action bien mise en scène (malgré le côté un peu confus dû à mes yeux aux couleurs), ça manque peut-être un peu d'émotion, de ce côté épique, de ce souffle d'aventure qui aurait été parfait... Une chanson en guise de générique de fin qui a permis à un couple de festivaliers de s'élancer sur scène pour un slow sous les applaudissements du public... Bref, c'est pas le chef d'oeuvre du siècle, certes, mais il faudra compter sur les français pour les images de synthèse à l'avenir...
A noter que Kaena sort demain mercredi 4 juin sur les écrans français, si vous voulez plus d'infos; le site officiel: http://www.kaena.lycos.fr/

19h40: Aie, ça fait tard, ça... Dans Bonlieu, sur la scène, une pianiste se défoule sur son instrument, il y a du monde qui écoute, l'ambiance est bonne enfant, la soirée promet d'être agréable avec un petit vent doux... Je file attraper un des derniers bus et je me rentre...
Finalement, journée assez longue (8h de projection tout de même) mais je suis plus rentrée dans l'ambiance que la veille, c'est agréable...
A noter que ce soir, sur le Paquier sera diffusé Fantasia 2000 précédé d'un court inédit, présenté la veille en exclu lors de la cérémonie d'ouverture, par Roy Disney lui-même (si j'ai bien compris ce que j'ai lu dans la Quotidien, le journal du Festival)... Ce court-métrage s'appelle Destino et est né de la rencontre il y a plus de 50 ans entre Walt Disney et Dali, il a été terminé il y a peu et commence donc à être diffusé dans les Festivals.
A demain, parce que là, mon lit m'attend...

Bien sûr, n'oubliez pas de lire la seconde chronique de Momo sur Mangajima...

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