Edito du dimanche 30 mai 2004:

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Laissons donc cette semaine la parole à taikun pour son premier édito qui lancera peut-être une discussion passionnée sur le forum. Par la même occasion, vous remarquerez que le site reprend peu à peu son activité habituelle, avec quelques nouvelles chroniques ou fiches... A noter d'ailleurs que dans une semaine va commencer le Festival Internation du Film d'Animation d'Annecy, une semaine fatigante mais riche en perspective...

"Quel honneur pour moi de faire un édito cette semaine pour le site Mangaverse, j'admets que j'ai beaucoup hésité pour trouver un sujet le plus correct possible. Et finalement j'ai opté pour un sujet à première vue classique mais qui, je l'espère, sera efficace .

Le shônen a été très longtemps considéré comme un genre à répétition avec toujours de la violence or ce n'est pas le cas. On trouve divers shônen ne présentant pas la même trame globale mais utilisant des types de narration certes communes, c'est ce que l'on va voir maintenant.

Qui n'a jamais voulu devenir tel personnage de dessin animé comme Olivier Atton dans Olive et Tom (Captain Tsubasa), ou qui n'a jamais rêvé de lancer des boules d'énergie et de se transformer en super guerrier ? Moi-même, j'aurais rêvé être l'un des deux. Mais qu'est ce qui nous pousse à vouloir ressembler à des personnages de manga ? Ne serait-ce pas leur caractère ou plutôt leur apparence physique ? Petit, généralement, on s'identifie aisément à des personnages comme un Sangoku ou un Sangohan, qui vivent pour réaliser un but (ici, sauver le monde), ce mode de scénarisation semble commun à tous les shônen. Dans I'll de Hiroyuki Asada, le lycée de Kouzu veut atteindre le stade suprême, c'est a dire gagner le tournoi. Dans Shaman King, le héros Asakura Yoh veux devenir le shaman king pour avoir une vie tranquille, et pour One Piece, Luffy veux devenir le seigneur des pirates. Ces exemples montrent très bien la caractérisation des personnages et leur but pour attirer le jeunes adolescent, c'est-à-dire être comme lui, être le meilleur dans tel domaine, voila en gros l'attrait scénaristique principal du shônen.

Dans le shôjo, cela est diffèrent à cause du public ciblé, le shôjo étant le plus généralement adressé au sexe féminin, les héros masculins se doivent d'être attendrissants, attentifs. Souvent, on considère le shôjo avec une trame du type: je t'aime, moi non plus, je m'éloigne de toi, toi tu essayes de te rapprocher de moi et puis après des péripéties, le couple se forme. Nobu dans Nana d'Ai Yazawa est au premier abord un peu aux pieds de Nana Komatsu mais finit par lui faire comprendre qu'il ne veut pas que sa relation sois partagée entre lui et Takumi, il fait donc preuve de responsabilité et de maturité, ce qui fait généraliser le shôjo à un genre qui pourrait être considéré comme niais de la part du public masculin. Mais qui après la lecture de ces shôjos matures pourrait contredire facilement cet avis ?

Dans le seinen, cela est encore plus diffèrent, les héros sont tout bonnement des gens comme les autres, sans pouvoir physique tape-à-l'oeil, ou résistance physique hors-normes, ici, ils vivent leur vie avec leurs moments de bonheur et de peine. Quand on lit Eden de Hiroki Endo, on voit comment le héros Elia vit difficilement et à quel point il est fort moralement face a cette vie terrible. Si on regarde également 20th Century Boys, on y voit une autre facette du seinen, ici, on retrouve une bande de jeunes hommes plutôt bien intégrés dans la société qui, pour sauver leurs espaces vitaux, doivent accepter les contraintes de leurs société pour trouver qui est le protagoniste de toute la terreur du monde dans lequel ils vivent. Ils cherchent désespérément qui est le coupable quitte a mettre leurs vie sociale de côté, cela est quand même très fort, c'est sans doute pour cela qu'il est un seinen, car il éveille en nous des buts qui semblent a première vue sans grand intérêt mais qui, si on s'intéresse un peu plus a l'histoire, semblent tellement importants.

Très souvent, une personne ne s'intéressant pas beaucoup au manga fait une généralisation confuse et fausse de ces trois types, il ne sait pas qu'ils ont des idées et des méthodes de narration toutes différentes, c'est pour ca que se forment les préjugés sur les mangas. A cause de l'ignorance dans ce domaine, les personnes non-amateurs de ces bandes dessinées japonaises classent ces trois types d'une façon totalement fausse.

Le shônen, le shôjo et le seinen ont tous leurs qualités qui font du manga un loisir enrichissant . Et vous qu'en pensez-vous ?

taikun"