Edito du dimanche 28 novembre 2004:

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Les éditos de Mangaverse ne cessent d'alterner sujets légers et sujets plus sérieux. C'est à la seconde catégorie que s'attaque aujourd'hui chopper avec un édito consacré à la fantasy, longtemps ignorée en version manga dans nos vertes contrées. L'arrivée de Ki-oon et la 3ème chance de Berserk n'y sont sans doute pas pour rien...
A côté de ça, je vous avais parlé il y a deux semaines de quelques changements sur le site. Bon, là, ça ne saute pas aux yeux, c'est normal, rien n'a changé... pas de bol, il m'a été impossible aujourd'hui de me connecter par FTP à mon site. Il y a des jours comme ça... Si vous lisez cette intro, c'est uniquement parce que j'ai réussi à me connecter quelques secondes... Mais les changements (liés au mois de décembre, vous vous en doutez) devraient être mis en ligne dès que possible (ajout du 29/11: c'est fait !!)...

"Deuxième édito sur Mangaverse et pourtant, la tâche se révèle toujours ardue. Toutefois, je tiens mon sujet. En effet, grand fan de Berserk, je me devais de consacrer mon édito à cette œuvre. Mais, le matraquage de certains mangaversiens m'en a dissuadé. Ainsi, faute de Berserk, me voilà prêt à vous parler d'un sujet qui lui est proche et surtout qui me tient à cœur : la fantasy.

En France, la fantasy a depuis quelques années la côte. Chaque librairie digne de ce nom n'hésite donc pas à lui consacrer un rayon spécifique au même titre que le genre policier par exemple. Avec comme locomotive le Seigneur des Anneaux, les livres de fantasy se portent bien. Mais avant de pousser l'analyse plus loin, jetons d'abord un œil sur la définition et sur les caractéristiques de ce genre littéraire.

La fantasy fait partie d'un genre nouveau dans la littérature, celui de la science fiction. La science fiction est un genre qui obéit à deux règles. Tout d'abord, la SF raconte une histoire irréelle, elle explore nos souhaits et nos désirs pour les mettre en scène. Ainsi, les histoires de SF n'ont pas forcement besoin de lieu ou d'époque définies, l'important est que l'histoire s'éloigne de la réalité. La deuxième règle importante est que cette irréalité ait une certaine vraisemblance. Pour cela, plusieurs méthodes ont vu le jour comme par exemple les voyages dans l'espace temps, l'invention du futur de l'humanité, ou encore l'utilisation de pouvoirs paranormaux etc.…

Revenons maintenant à nos moutons et à un sous genre de la SF, la fantasy. Elle aussi se décompose en plusieurs sous parties. On peut en distinguer trois principales :
- La science fantasy : elle relate souvent l'exploration d'un monde, la découverte de ses coutumes et de ses habitants…bref, on est ici dans le dépaysement total.
- L'heroic fantasy : elle reprend les bases de la science fantasy mais elle met en plus en scènes des êtres doués de superpouvoirs. Souvent, les romans d'heroic fantasy sont le récit de guerres entre dieux ou entre le bien et le mal.
- Enfin, la dark fantasy : c'est en quelque sorte l'opposé de l'heroic fantasy. Ici, les superpouvoirs sont un mystère et les héros sont souvent perdants. A l'occasion même, la dark fantasy n'hésite pas à mettre en scène des anti-héros.
Ainsi, sans rentrer plus dans les détails, la fantasy est vaste et variée, parfois compliquée mais toujours là pour faire rêver et laisser libre cour à l'imagination. Après cette longue intro, laissons de coté romans et définitions pour nous pencher sur un sujet qui nous fédère tous ici : le manga, et bien entendu son rapport avec la fantasy.

Quand on parle de fantasy et de manga, on en vient forcement à parler de l'univers de Lodoss. D'après les définitions plus hautes, on peut voir que Lodoss se classe sans nul doute dans l'heroic fantasy. Ainsi, que ce soit Les Chroniques de Flaim, Les Guerres de Lodoss ou La Légende du chevalier héroïque, on a toujours le droit à la composition d'un groupe de héros aux pouvoirs variés fait pour se compléter entre eux. Une sorte de communauté de l'anneau diraient certains. Lodoss c'est en quelque sorte la grosse soupe de la fantasy. On a pris tous les ingrédients de la recette et on a bien mélangé. A vrai dire, rien dans les mangas de Lodoss ne laisse planer une once de suspense ou de mystère. A chaque fois, la trame et la construction sont les mêmes. En fait, seul les noms et les époques changent. On peut alors en venir à se demander comment Lodoss peut être un si grand succès commercial.

En fait, les mangas traitant de fantasy sont tous en quelques sortent des Lodoss-bis. Certes, il y a une différence entre les mondes mis en scènes a chaque fois, mais en général, on retrouve toujours les mêmes clichés du genre. On peut se poser une fois de plus des questions. N'étant pas Japonais, je ne peux malheureusement pas dire si ce genre est bien représenté au pays du soleil levant que ce soit dans les livres ou les films. En tout cas, très peu sont arrivés jusqu'en France (.Hacksign par exemple). La réponse est pourtant peut-être simple. En effet, si on y regarde de près, la fantasy c'est le lieu de rencontre des chevaliers, des châteaux forts et de la magie. Si on enlève alors ce troisième paramètre, on correspond parfaitement au Moyen-Age. Or, le Japon n'a pas connu le Moyen-Age tel qu'un occidental se le représente. En revanche, l'ère des samouraïs correspond plus au Moyen-Age japonais (Vagabond, Kenshin…). Ainsi, peut être que si la fantasy est si mal représentée, c'est parce qu'elle est remplacée par les histoires de samouraïs. Alors doit-on plaindre les Japonais de peut-être passer à coté d'un genre passionnant ? Sûrement pas plus que nous de passer à coté des samouraïs.

En outre, il faut avouer que depuis quelques temps Lodoss n'est plus seul. Le simple nom de Berserk suffit à prouver que la fantasy peut bien être représentée au Japon sans être une succession de " déjà-vu ". Berserk, c'est en quelque sorte l'antipode de Lodoss. Berserk c'est de la dark fantasy à n'en pas douter. Pour le prouver, il suffit de compter les morts laissés derrière Gutts. Ou encore mieux, de regarder à quel point Gutts représente un anti-héros. Sans aucun doute une des raisons de son succès. Mais comme promis, laissons de côté Berserk car d'autres exemples existent dorénavant. Ainsi, on peut citer Ragnarok de Génération Comics ou encore Element Line de Ki-oon Editions. Dans ces deux exemples, les mondes ont des points communs, tous deux sont aux portes de l'apocalypse mais pourtant totalement différents dans leur mise en scène et dans le ton donné à l'œuvre.

Enfin, je pense que Ki-oon Editions est en quelque sorte en train de contrebalancer l'idée que la fantasy est mal représentée au Japon. En effet, les récentes sorties de Role Playing Girl et bientôt Role playing Guy tendent à nous prouver (après Slayers et Excel Saga) que la fantasy peut aussi avoir un ton décalé et humoristique et ce par l'intermédiaire du jeu de rôle. Tiens, en parlant de jdr, Pourquoi ne pas se demander comment celui-ci est représenté chez les Japonais ?

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