Edito du dimanche 28 mai :

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Pour son nouvel édito, notre féministe en peau de tigre nous livre son avis sur l'augmentation des sorties de ces derniers mois. Sujet polémique ? A vous de voir...
Sinon, du 5 au 10 juin 2006 se tiendra sur Annecy le traditionnel Festival International du Film d'Animation (avec entre autre la venue de Tim Burton ou l'avant-première de Nausicaä). Depuis 2002, Mangaverse aime en proposer sa revue quotidienne. 2006 ne devait pas faire exception... mais un petit souci de dernière minute m'obligera certainement à ne pas y participer cette année, à regret. Tant pis, je me réserverai pour l'année prochaine...


"Actuellement, chez certain(e)s blasé(e)s, il est de bon ton de pester contre tout le monde dans le petit monde du manga : il y a trop de sorties, il y a trop d'éditeurs qui font n'importe quoi et surtout pas de la qualité, les titres qui se vendent les plus sont pour la plupart des bouses outrageusement commerciales, etc. Certes, rien de tout cela n'est faux mais les choses ne sont pas si simples. Il est tout aussi vrai que jamais le manga ne nous a proposé autant d'œuvres intéressantes, surtout si on est une fille.

Il y a quelques années, les seuls shôjo proposés, sans nier leurs qualités, étaient loin de représenter toute la variété du genre. N'oublions pas que le josei était, lui, carrément absent des librairies. Sans parler que la surexploitation (toujours en cours) d'auteurs comme Clamp et Yuu Watase avaient vite fait tourner les lectrices en rond. C'est grâce à l'explosion commerciale du genre, à la multiplication des éditeurs, à la création de niches éditoriales que l'on a pu sortir de ce cercle infernal. Des éditeurs cherchant à se faire une place au soleil ont dû se tourner vers le josei. Asuka et Delcourt en sont un exemple mais d'autres ont emboîté le pas. De même, Sakka nous a permis de découvrir de nombreuses auteures qui officient dans le genre seinen ou alternatif.

Et si la multiplicité des sorties oblige à ne pas se jeter sur tout ce qui sort, il y en ainsi pour tous les goûts. Même si on peut ne pas aimer des mangaka comme Yamada Naito ou Erica Sakurazawa, venant même à douter de leur capacité à faire des œuvres réellement fortes, c'est peut être parce que les éditeurs n'ont pas eu accès à leur meilleure production. Et la sensibilité de chacune joue beaucoup lorsqu'on n'est pas en présence de titres calibrés. Le plus important, c'est que grâce à cette variété dans les sorties, on a pu découvrir des femmes au talent flamboyant comme Kiriko Nananan, Setona Mizushiro ou Mari Okazaki. Et d'autres sont à venir, sans aucun doute. Pensez qu'on n'a pas encore pu découvrir Moto Hagio ou Machiko Hasegawa.

Enfin, c'est un peu grâce aux ventes de Naruto et consorts qu'on a pu lire une série aussi formidable que Basara, à celles de Fruit Basket ou de Nana que Kei Toume est publiée dans nos contrées. Donc, au lieu de jouer les éternels insatisfaits, réjouissons-nous de vivre une époque bouillonnante où tout le monde fait feu de tout bois. Certes, cela oblige à un peu de vigilance et de faire des choix de lecture mais le développement des moyens de communication entre amateurs du genre permet de le faire de plus en plus facilement.

Lamu"