Edito du dimanche 27 novembre 2005:

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Quelques semaines après son 5ème édito, michael ne se lasse pas de l'exercice en nous proposant son 6ème opus, cette fois-ci sous forme de petite histoire. Fera-t-elle autant réagir que ses prédécesseurs ? A vous de voir...
Et tant qu'on parle de voir, vous avez dû remarquer le léger changement de look de Mangaverse. Vous n'aimez pas ? Eh bien, il va falloir vous y habituer ou snober le site jusque début janvier (remarquez donc cette énorme liberté de choix que je vous propose !!). En effet, le mois spécial Décembre'05 est lancé, à vous de découvrir si vous le souhaiter ce qu'il contient à l'aide de la bannière bien visible en page d'accueil (oui, le côté rouge ou un peu gnan-gnan est totalement assumé, rassurez-vous).


"Jean-Jacques, égal à lui-même, se leva à 13h37 en gémissant, déjà gonflé, énervé, stressé à bloc et révolté par la médiocrité et les injustices qui parsemaient son quotidien. Il se préparait une journée passionnante, ne sachant pas encore que celle-ci bouleverserait le cours de son existence grise, morne et sale, à tout jamais.
Lors de son petit-déjeuner infusion (faite à partir d'un sachet sec depuis deux semaines, le café étant trop cher) et cigarettes magiques (feuilles à rouler, tabac de mégots récupérés et pépites de s**t coupées au L*D), il se remémora la conversation téléphonique de la veille avec le géniteur. Il était plus que grand temps qu'il se bouge le cul, qu'avait dit le vieux, à la fin du mois il lui couperait les vivres.
Ayant moins de 25 ans et n'ayant jamais travaillé, il ne touchait ni le chômage ni le RMI. Pas de véritable formation, pas de gonzesse, il avait ses parents qui l'entretenaient encore un peu, et une connection Internet.
Jean-Jacques alluma son PC pour voir où en étaient les enchères dont il était vendeur et qui étaient sur le point de se terminer.
Un professionnel des enchères en ligne, voilà ce qu'était Jean-Jacques.
Que vendait-il ? Des merdes qu'il choppait à gauche ou à droite et principalement des BDs Japoniaises, braquées à des ados pourris crétinisés à leur sortie des magasins spécialisés tard le soir ou volé à son petit frère lors des visites à la maison génitiale.
Il avait déjà feuilleté la chose… no comment, mais ça se vendait pas mal. Il fallait les faire en série, mettre des photos sur les annonces et puis ça partait bien.

Alors…
HEIN ??! 3 euros les 5 Dragon Clash my Heart et… 8 euros la collection complète des NO PANTS ?!!
Il avait tellement misé là-dessus et il se récoltait à peine de quoi bouffer en kebabs pendant une semaine… Rien d'autre dans ses ventes.
QUOI ???!! Le tome 31 de City Hunter dans la version PQ de G Lu pour 40,60 euros (dramatiquement authentique) ????

S'en fut trop pour le pauvre Jean-Jacques, la goutte déclencheuse qui lui permit d'extérioriser toute la frustration, la colère et les humiliations qui avaient fermentées en lui sous le poids du fil des années face à l'absurdité, la cruauté et le cynisme de notre monde par un gros coup de boule dans l'écran de son ordinateur.

A sa grande surprise, apparut alors sous ses yeux une grande et belle dame dans une robe bleue aux reflets argentés, la chevelure virevoltant alentour et tenant une souris magique à la main. Elle prononça d'une voix cristalline :
- Bonjour, je suis la bonne fée Morgan. J'ai été enfermé dans cet écran d'ordinateur par un industriel cupide et malveillant, excuse-moi les redondances, et tu viens de me libérer Jean-Jacques… Je vois que tu as toi aussi beaucoup souffert. Pour te remercier je vais t'envoyer dans un univers merveilleux, où tu auras toujours chaud, tu ne seras jamais seul et toujours heureux !
- Et pour la bouffe ? demanda Jean-Jacques.
- Ne t'en fais pas, dans ce pays exotique il y a de tout en abondance, notamment les fruits les plus savoureux de la Terre : il y pleut en effet des noix de coco, des bananes et même des mangues à verse. Si tu n'as pas d'autres questions, je t'expédie vite fait.
- Heu …

Jean-Jacques hallucina bien de ses deux orbites lorsqu'il se retrouva la seconde d'après sur une île déserte, coupé de tout et du temps. Là où… il avait toujours voulu être après tout.
Le bonheur !

Il s'allongea dans l'herbve fraîche, admira le passage d'une horde de gallinettes cendrées, apprécia le parfum ambré de l'écume, et se fondit dans l'atmosphère paisible du lieu qu'était maintenant son horizon.
Puis il remarqua des cavités dans les palmiers autour de lui. Il s'approcha et vit qu'elles contenaient des livres, petits, avec des images colorées en couverture et des dessins en noir et blanc à l'intérieur, ces mêmes daubes qu'il refourguait pour avoir sa dose de kebab au piment sans oignon chaque jour.
Il avait maintenant le temps, il était serein, et il lut.
Des daubes, il y en avait, des vraies, mais… aussi des livres très divertissants, intéressants voire passionnants et enrichissants, et il en avait tellement à découvrir encore…
La fée n'avait pas exagéré, c'était vraiment un paradis son île…

Jean-Jacques fut retrouvé deux jours plus tard par la concierge alertée par l'odeur, la tête enfoncée dans son écran débordant de sang.

Ne fumez pas de s**t coupé au L*D, ne pétez pas de coup de boule dans vos ordinateurs.

michael"