Edito du dimanche 27 juillet 2003:

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Devrait-on se méfier des "on dit que" ? Par exemple, on dit que les gens sur Internet sont soit: a) des pervers voyeurs psychopathes qui recherchent sur la grande toile inlassablement leur prochaine victime, soit b) des mordus d'informatique sans aucune vie sociale, qui ne quittent jamais leur ordinateur, ne se nourrissant que de sandwich et de chips et se faisant passer pour Julia Roberts ou Brad Pitt pour draguer d'autres mordus dans le même cas... Où est-ce que je veux en venir ? Juste dire que je poste cet édito vachement tôt en ce dimanche car j'ai AUSSI une vie sociale (minuscule certes mais existante) car je ne sais pas quand je serai de nouveau devant mon pc aujourd'hui... Encore plus fort, cet édito de Pitite Kouraï qui, elle, n'appartient ni à l'espèce a (enfin, j'espère...) ni à l'espère b (sans aucun doute) et va nous parler de yaoi...
Pfff, ces "on dit que", c'est que des conneries...


"Bonjour tout le monde !

C'est poussée par certaines personnes (une en particulier hein ^_-) que je vous livre cet édito. Ceux qui m'ont déjà parlé (les pauvres...) ne seront pas surpris que je vous parle de yaoi ! (et oui, on ne se refait pas ; faut bien parler de ce qu'on connaît non ?!).

Alors, tout d'abord, qu'est-ce que le yaoi ? C'est un genre de manga plus ou moins dérivé du shôjo et qui met en scène des relations homosexuelles masculines à différents degrés : allant des histoires où seuls les sentiments sont évoqués (shônen aï) à celles où les relations sexuelles sont explicites. On y retrouve le plus souvent (tout le temps ?!) des bishônen (littéralement « beaux jeunes garçons ») et des biseinen (« beaux hommes » qui sont un peu plus âgés et plus expérimentés) pour le plus grand plaisir des fans ^_^. Il est à noter que le yaoi est destiné à un public féminin (enfin, ça n'empêche personne d'en lire) et est, pour la grande majorité, réalisé par des femmes.

Si le yaoi est maintenant bien présent au Japon (dans les manga et, pour beaucoup, dans les dôjinshi (manga amateurs)) qu'en est-il en France ? question sorties, on est pas les plus gâtés. Seuls 2 mangas yaoi à ma connaissance : Zetsuai 1989 de Minami Ozaki (le premier manga yaoi a être sortie chez tonkam en 2000 ; dont la suite, Bronze, n'est toujours pas d'actualité chez nous v_v) et New York New York de Marimo Ragawa (sortie l'année dernière). On trouve pourtant du yaoi (ou plutôt du shônen ai) dans d'autres séries (Banana fish par exemple ou la plupart des mangas de Clamp.... et aussi dans n'importe quoi (surtout les shônen) pourvus qu'on ait un peu d'imagination ^_-). Heureusement les scans, les dôjinshi et les fan-fic rattrapent le coup ; les travaux amateurs (tout comme les dôjin au Japon) représentent la plus grande part parmi les oeuvres yaoi en France.

Seulement voilà, tout le monde n'a pas le net pour aller dénicher tous pleins de sites sympa et trouver son bonheur. Ce qui m'amène à cette question :pourquoi si peu de manga yaoi sorties en France ? Est-ce parce que les lecteurs (et plus généralement la société ?) ne sont pas à l'aise avec l'homosexualité ? Les ouvrages qui en parlent sont souvent des essais, et donc moins accessibles qu'un manga (qui, pour moi, est un support plus populaire). Pourtant l'homosexualité reste également tabou au Japon, mais les manga et les dôjin qui l'abordent (certes, pas toujours de manière très réaliste) sont nombreux ; mais servent-ils seulement à satisfaire les fantasmes des lectrices ou aident-ils à une meilleure intégration de l'homosexualité dans la société ?

Je n'ai pas vraiment de réponse à ce sujet. Mais je pense que si quelqu'un est homophobe, il ne va sûrement pas aller lire un manga yaoi. Le genre s'adresserait alors à un public déjà converti, et n'aurait donc pas beaucoup de portée sur le reste de la société. Il resterait alors un simple divertissement pour ses lecteurs. Malgré tout, il faut reconnaître la quantité importante de mangas/dôjinshi publiés au Japon et qui abordent un thème hélas, pas encore évident pour tout le monde, et espérer qu'il y en aura un peu plus qui seront traduits chez nous.

Pitite kouraï"