Edito du dimanche 26 mars :

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Pour le nouvel édito de ce jour, c'est SHK (aussi appelé Saishû Heiki Kareshi ou Saishou-boss par certaines :)) qui s'y colle. SHK, vous le connaissez si vous fréquentez le site d'Akata... Vu que je ne vois pas trop comment lancer son édito très personnel, je vous invite tout simplement à le lire...
De manière plus triviale, vous pouvez voir que le Mangaverse Festival revient cette année : on commence en douceur avec la présentation des membres du Jury. Eh oui, les choses sérieuses commencent dimanche 2 avril, soyez au rendez-vous...
PS encore plus trivial : aujourd'hui dimanche 26 mars (18h30), vous avez peut-être remarqué que le forum est inacessible depuis ce matin 11h. Et je ne peux rien y faire... En fait le forum est hébergé par Sivit (à qui je paye donc un abonnement chaque année). Les serveurs de Sivit sont situés dans un immeuble (datacenter Redbus) où se trouvent également les serveurs de dizaines d'autres hébergeurs. Et ce fameux immeuble a connu une grosse coupure de courant ce matin à 10h54. Depuis, le système est totalement instable, les systèmes de secours n'ont pas assuré leur boulot et les hébergeurs ne peuvent pas redémarrer leurs innombrables serveurs dans de bonnes conditions. Donc, on ne peut qu'attendre et croiser les doigts qu'il n'y ait aucune perte de données...
Bonne lecture...


"Au début, je voulais parler du génie de Nintendo, et puis finalement je me suis dit que ça pourrait attendre : il y a des sentiments plus importants, ou tout du moins plus éphémères, qu'il est important de capter au moment où ils se présentent. Au final, ce qui se dégagera de ce texte sera très (trop ?) personnel, et probablement très très confus (je m'en excuse d'avance).

Tout cela a commencé il y a un an, un soir d'hiver, alors que je rentrais chez moi après quelques bières, bien décidé à dégommer du zombie sur ma GameCube (ah ben finalement, je parle bien de Nintendo). Je passe par le petit passage qui mène jusqu'à mon immeuble, j'ouvre la porte, je monte les piteux escaliers et j'arrive devant la porte de chez moi. Comme bien souvent, ma voisine a récupéré un colis pour moi, et elle l'a délicatement posé devant ma porte. Je pense à des services de presse mais…

Je me trompais.

Le colis vient en fait de mon grand-père paternel. Je comprends alors très vite ce qu'il contient : ces fameux cahiers dans lesquels mon grand-père écrit ses mémoires, sa vie, pour les léguer en héritage à ses petits enfants. Mon rôle à moi est simple, informatiser tout ça, pour le rendre lisible et archivable. Fébrilement, je me saisis du petit cahier sur lequel est écrit XXIV. J'en lis quelques lignes, par ci par là… Le résultat fut immédiat.

J'ai pleuré.

" Je m'explique. Notre situation s'avère désespérée ; on est incapable de contenir la rapide avance de l'armée de Leclerc. "

" Les moustiques, les marécages, les mangroves, les sangsues, le manque d'eau potable, le défaut d'intérêt économique constituent depuis toujours de vrais éléments répulsifs pour le colonisateur blanc. "



Et pourtant, je le savais. C'était enfoui quelque part au fond de moi, mais je n'en avais jamais pris conscience : mon grand-père vietnamien a fait la résistance contre les colonisateurs français. Là où ça devient plus cocasse, c'est quand on sait que mon père et ma mère se sont rencontrés… en Côte d'Ivoire. D'un côté, on fuyait le colonialisme français, de l'autre on y participait. De ce constat, un gouffre énorme s'est créé en moi, comme une espèce de vide. Ma naissance, mon existence n'était plus qu'un énorme paradoxe, un non sens. Et tout cela, j'en ai vraiment pris conscience en l'espace de 30 secondes. Comme si ma chair, ma substance, se réveillait soudainement. Moi, petit français sur le papier, appartenant à ce peuple qui a fait souffrir mon grand-père, mes ancêtres… moi-même ?! Plus rien n'avait de sens, j'étais tout simplement perdu. Enfin, difficile de décrire ces sentiments tant ils sont irrationnels. Il m'aura fallu environ une semaine pour trouver les réponses à mes questions, ou plutôt la réponse. Car elle est unique, universelle et évidente (bien qu'elle ne le fût pas à cet instant là).

Deuxième étape de ce cheminement, ma vie au Japon. Un pays que j'aime, malgré sa xénophobie. Sa xénophobie… Parlons en justement. A Tôkyô, mégalopole internationale, la plupart des Japonais sont encore très inconfortables en présence d'étrangers. C'est tellement cliché, et c'est pourtant tellement vrai. Aujourd'hui, il est encore difficile d'établir un véritable contact avec les jeunes de notre âge. Mais est-ce par malaise vis-à-vis de l'étranger ou plutôt à cause de l'inculture d'une grande partie des jeunes Japonais ? Peu importe, car finalement ces deux problèmes se rejoignent. D'un autre côté, à Tôkyô, il est très facile pour n'importe quel individu de sexe masculin de " race blanche " et pas trop corpulent d'avoir à ses pieds toute une horde de Tokyoïtes. Malsain ? Oui et non. En tout cas, les clichés ont la vie dure… Quoiqu'il en soit, le résultat est évident : ici à Tôkyô, les couples Japonaise / Européen sont globalement très courants. Mais sont-ils viables sur le long terme ? J'entends souvent dire que les mariages internationaux sont plus difficiles que les autres, voire voués à l'échec. Posez la question autour de vous, je pense que globalement tout le monde aura les mêmes réponses : problèmes de culture, problèmes de communication, problèmes de religion… Eh bien ces réponses sont toutes à mes yeux trop faciles.

Si je regarde ma propre expérience, à savoir mes parents, je ne crois pas que le fait d'avoir été Française et Vietnamien a rendu leur vie de couple plus difficile. De fait, comme dans toute relation, il y a eu des hauts et des bas. Mais ces problèmes sont à mes yeux bien plus liés à leur condition d'être humain qu'à n'importe quoi d'autre. Je pourrais multiplier les exemples tant je connais de couples internationaux qui brillent sur le long terme. Ca ne servirait à rien ici. De fait, de nombreuses relations sont vouées à l'échec, mais vouloir mettre ça sûr le dos d'une différence culturelle, c'est refuser de voir ses propres tords, ses propres erreurs. A l'extrême, on pourrait presque dire que cette différence culturelle est une aubaine et que bien souvent, elle peut permettre de renforcer le couple, ou tout du moins de régler quelques accrocs. " Bah, c'est parce qu'il est Polonais, c'est pas de sa faute, c'est à cause de sa culture et de son éducation. Je vais pas le blâmer pour quelque chose dont il n'est pas responsable ". Ou comment accepter facilement les défauts de l'autre. A ce niveau-là, la question n'est même pas de savoir si on peut imputer les erreurs que l'on fait dans notre vie quotidienne à notre culture, il suffit juste d'en être convaincu.

Tout ça pour dire, c'est de la différence qu'on s'enrichit (je vous avais prévenu que ça serait confus). La France a la chance d'être un berceau de la mixité, alors ne gâchons pas tout ce potentiel. Quand je repense aux derniers mois en France, à la politique générale de notre cher gouvernement, ça me blesse profondément. Malgré mes origines, je suis Français. Non, je suis Français justement de par mes origines et mon métissage culturel. Je suis un bâtard, et je suis fier de l'être ! Mais la force du bâtard, c'est justement de ne pouvoir être que tolérant, par nature. Par conséquent, il acceptera aussi bien ses congénères bâtards que les autres, les " purs ". Car ces " purs " en question sont précisément ceux qui ont lui ont donnés la vie, ceux sans qui il ne serait pas là. Le dénominateur commun de tout ça, il est évident : notre humanité. Alors métissons-nous, ou pas, et profitons de la vie comme elle vient, c'est probablement ce qu'il y a de mieux à faire.

Merde, je suis parti dans tous les sens et ça n'a plus aucun sens. Je voulais juste dire qu'il était important d'être ouvert d'esprit, et que le métissage était pour cela une très bonne solution. Solution efficace, mais heureusement pas unique. Lire du manga, de fait, est également une manière de casser les barrières de sa propre culture. Ou comment retomber sur ces pieds pour ne pas faire un hors sujet (ben oui, ce site il s'appelle Mangaverse quand même).

SHK"