Edito du dimanche 23 juillet :

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Question bête mais... vous n'auriez pas un brin trop chaud, vous ? C'est sûr, en hiver, on râle parce qu'il fait trop froid, il neige, il gèle, les routes sont casse-gueule, on grelotte à moins de monter le chauffage au max et on rêve de l'été, du soleil... et en été, c'est l'inverse. En tout cas, dans mon petit coin derrière mon PC, je cuis littéralement... Enfin, ça ne m'a pas empêchée de rajouter pas mal de couvertures sur le site ce week-end, notamment espagnoles... Et puis, une chronique devrait bientôt débarquer, concernant une certaine danseuse. Bref, pas de vacances pour Mangaverse. Et pour la peine, je vous laisse avec Herbv et son édito, consacré aux conventions manga...

"Le premier week-end de juillet est devenu une date d'importance dans l'univers du manga, comme peu de fans doivent encore l'ignorer. En effet, c'est à ce moment qu'est organisée la plus grande convention manga en francophonie depuis la disparition du Cartoonist pour des sombres affaires de gros sous. Pour la 7ème édition de la Japan Expo, un nouveau record de popularité a été établi avec environ 60 000 visiteurs. Il faut dire qu'après une année 2005 sans réelle grande convention de masse sur Paris à cause de petits soucis dans l'organisation de la JE, les fans étaient un peu en état de manque et semblaient décidé à se rattraper cette année. Cette édition a semblé tout à fait réussie, même si tout n'a pas été parfait. On était bien loin des dysfonctionnements de l'année 2004 liés à une trop grande popularité. Les choses avaient été prévues en grand cette fois même si le cadre (la gigantesque zone industrielle de Paris Nord) n'était pas franchement idyllique. Et la convention couvrait bien les différentes facettes commerciales du monde du manga et de la japanimation avec ses différents stands d'éditeurs papier ou vidéo, de nombreux stands vendant des produits dérivés en tout genre sans oublier un fort pôle dédié au jeu vidéo. Et bien sûr, les fanzines et autres associations amateurs étaient présents en grand nombre. Et n'oublions pas le formidable succès public du cosplay de dimanche. Certes, on pourra regretter que la représentation plus générale de la culture japonaise soit un peu faible mais il faut dire que ça ne semblait pas intéresser la masse des visiteurs vu la relativement faible fréquentation des stands dédiés. Le chemin semble encore long pour faire sortir l'otaku du monde fermé du manga / animation / goodies / jeux vidéos. Ceci dit, des efforts semblent être faits dans ce sens même si ce genre de manifestation ressemble encore bien trop à un gigantesque supermarché. Il faut dire que le prix très élevé des stands incitait plutôt à vendre au maximum pour rembourser les frais occasionnés. Mais ne boudons pas notre plaisir et félicitons tous les participants à l'organisation pour le boulot effectué.

Mais comment en est-on arrivé là ? En fait, il faut remonter à la moitié des années 90 pour voir apparaître les premières conventions dignes de ce nom comme BD Expo à Paris, le Cartoonist à Toulon puis à Paris, l'Epitamine organisé par l'EPITA au sein même de l'école. Une bonne convention s'appuie sur trois pieds : japanimation, manga papier, goodies. Si l'animation avait le premier rôle au début, elle l'a perdu au détriment des deux autres et surtout au profit d'une certaine marchandisation à outrance. Une convention, c'est aussi une formidable opportunité proposée aux fans de se rencontrer car un événement comme le Cartoonist Paris hier ou la Japan Expo aujourd'hui draine un public qui ne couvre pas seulement la région parisienne mais aussi la province et même toute l'Europe francophone. Le Cartoonist pouvait se targuer d'attirer plus de 50 000 visiteurs sur Paris, la Japan Expo pourra se venter d'en avoir attiré plus de 60 000. Malheureusement, le succès, le gigantisme coûte cher et le passage à la professionnalisation de l'organisation devient alors obligatoire, au moins aux yeux de l'URSSAF qui n'aime pas beaucoup le bénévolat dès qu'un certain chiffre d'affaire est atteint. Chose difficile à réaliser et si BD Expo et le Cartoonist ont disparu de l'agenda du fan de manga, l'Epitamine continue vaillamment à être organisée tous les ans. Sa taille modeste, son orientation plus tournée vers l'animation que la vente, le renouvellement permanent de ses cadres (les étudiants de l'EPITA) et sa structure totalement amateur a dû aider en cela. Et surtout, d'autres ont su prendre la place laissée vacante comme la Japan Expo. A noter aussi que l'énorme (plus de 200 000 visiteurs sur 4 jours) festival de BD d'Angoulême s'intéresse de plus en plus au phénomène et a organisé cette année une sorte de mini convention manga en son sein avec la présence des principaux éditeurs mangas, des stands de vente de produits dérivés japonais et même un cosplay. Et nul doute que cela sera encore plus développé en 2007. En attendant, les conventions mangas se multiplient en province, notamment sur Lyon, et à Paris, la concurrence devient de plus en plus rude avec la tenue des conventions G.A.M.E. et Manga Expo. Si ces deux dernières doivent encore faire leur preuve et se retrouvent en concurrence assez directe dans le calendrier, le seul fait qu'elles existent montre bien que le succès du manga en francophonie n'est pas encore sur la pente descendante, bien au contraire.

Herbv"