Edito du dimanche 22 août 2004:

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En ce dernier jour de mes vacances (vacances pas du tout bosseuses, vu que moins on en fait, moins on a envie d'en faire), l'ami Michael, futur spécialiste d'Hokkaido, nous propose quelques petits tuyaux pour écrire un édito... En dehors de ça, le mois d'août se termine et il va falloir que je me remotive pour essayer de me remettre dans le bain... C'est pas gagné...

"Samedi soir, 22h, il est temps de s’atteler à l’écriture de cet édito… et je songe alors que personne n’a jamais pensé à dire comment il fallait s’y prendre…

Merde ! C’est déjà râpé pour mon légendaire rythme d’un édito tous les 6 mois ! Que vais-je faire ? Je continue quand même ?
Allez, ça ferait un peu court là...

Voilà, ça c’est ce qu’on appelle « l’entrée en matière », ou « l’introduction ». Pas besoin d’en faire des tonnes, il suffit de contextualiser votre texte selon votre humeur ou le moment avec un peu de sympathie, de sérieux ou d’humour, selon vos intentions.

Maintenant arrive l’introduction du thème qui a été mûrement réfléchi :
On peut aussi bien évoquer un sujet d’actualité qu’un sujet de fond, les deux étant d’ailleurs conciliables, souvent quelque chose qui nous concerne voire nous tient à cœur, et si l’on arrive à lier ceci à ce à quoi se consacre le site qu’on éditorialise, c’est un plus non négociable…

Ok, faisons une simulation :

Si on commençait par parler d’héroïsme, ou des limites de cette notion ?
Pourquoi un brave gars comme Spider-Man ne fait qu’arrêter les « méchants voleurs » par exemple, le but est de les stopper ? Alors pourquoi on ne le voit jamais réfléchir sur les causes du phénomène qui amène des gaillards à braquer une banque, de l’injustice totale qu’il peut y avoir dans le fait qu’un mec se retrouve à la rue ou dans une situation de merde telle qu’il en vient à envisager cette possibilité ? Hum ?

Alors, vous avez relevez l’erreur ?
Et oui, on est sur mangaverse et Spider-Man est un personnage de comics. C’est bien, vous êtes attentifs.

Attendez, j’essaye de chopper un fil rouge. Hum…

Voici un exemple typique de ce qu’est une bonne transition, très utile pour lier vos idées si jamais votre édito se révélait être un peu bordélique.
Notez aussi que les jeux de mots sont tendances : ici « Spider-Man » et « chopper un fil », c’était brillant. A retenir.

Voilà ! Pour relancer et ouvrir le débat commercial/non-commercial, on peut tenter de réfléchir avec d’autres notions : divertissement/enrichissement ! Ça tient la route ?

On ne balance jamais une idée dans le vide, il faut souvent illustrer.

Que le Spidey arrête les « méchants » : c’est divertissant. Qu’une tentative de compréhension et/ou de critique de la chose soit abordée : nous sommes au-delà du divertissement.

Ho… un thème émerge.
Mais comment le traiter ? (ne pas hésiter à poser des questions pertinentes pour interpeller le lecteur). Parler du rapport de consommation, de distraction ou d’enrichissement par rapport aux mangas, à la culture, à nos occupations quotidiennes ? De ce que cela nous apporte ?
Ah ouais, go !

Hein ? Ça a déjà été fait et refait ?...
Qui a osé me piquer mon idée ?!

En parlant du piquage d’idée, on peut évoquer l’édito de Chyrae d’ailleurs… (penser aussi à meubler les silences ou les espaces blancs). Ok il est bon, ok il est beau, mais il est tout de même basé sur une idée que j’avais eue !
A part que je comptais dire que s’éloigner du manga pour redécouvrir la vraie vie, c’est great, (un mot anglais ou un néologisme inséré au milieu d’une prose plus classique peut avoir pour effet de rafraîchir votre texte et de vous octroyer un « style ») mais pour découvrir d’autres choses encore, c’est great too… (attention à ne pas en abuser tout de même) M’enfin bon, le monde est ainsi fait, et comme j’en vois déjà m’acculer au plagiat…

Alors de quoi on parle finalement ?

Mais c’est bien sûr ! (il faut aussi être toujours lucide sur les intentions de l’auteur du texte : là il est évident que le garçon essaye de sauver les meubles)
Puisque l’on vient d’évoquer la mise à distance parfois nécessaire par rapport à une passion, nous pouvons allez plus loin en nous attachant à la notion de « déracinement ».

Comment porter un regard plus riche sur son quotidien, si ce n’est en s’en déracinant, en prenant une distance avec notre environnement familier, en multipliant les expériences, en s’ouvrant sur d’autres milieux, ou en nous confrontant directement sur le terrain à des éléments qui nous interpellent ?

Ne pas hésiter à raconter sa vie lorsqu’elle est intéressante :

Ainsi chers/chères confrères/consoeurs mangaversiens, certains d’entre vous ne sont pas sans savoir que je pars pour un an étudier à Hokkaido, Jolan me passant le relais, et qu’au niveau du déracinement, cela va être total. Dans le même temps, je me plongerai dans une culture qui m’est déjà familière par plusieurs aspects, même si c’est de loin, et qui en tous les cas me fascine.
Je prendrais alors du recul par rapport à « ma » culture, et je me retrouverai à distance de quelques unes de mes occupations, pour me fondre dans d’autres… Niveau lecture, va falloir que je m’accroche avec mon niveau survivor en jap (amusant que les mangas m’aient ouvert la porte sur cette culture, et qu’une fois que je l’explore, je ne puisse plus en lire), idem pour le cinéma, avec un prix de séance exorbitant en plus, etc…
Mais une chose est sûre, que cela va être riche !! (les points d’exclamation sont très utiles pour exprimer l’enthousiasme)

C’est à peu près tout chers amis, une fois que vous avez soulevé des éléments permettant d’alimenter quelques réflexions ou même des débats, vos pouvez considérer que votre mission est accomplie. Pour ce qui est de la conclusion, référez-vous à l’exemple de la phrase précédente.

Deux dernières choses cependant, et nous nous quitterons à regret là-dessus :
Il faut tout d’abord veiller à ce que votre édito, même s’il est d’un niveau irréprochable en terme de qualité, ne soit pas trop ambitieux en terme de quantité, au risque de perdre des lecteurs.

Si vous finissez par être un éditorialiste reconnu, ce que je vous souhaite, il est de bon ton de clore votre édito par une signature, un slogan, quelque chose de particulier qui vous est spécifique et qui ouvre d’autres perspectives…

LISEZ PARASITE !!! (le 10 m’attend, enfin…)

Michael"