Edito du dimanche 17 novembre 2002:

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Dites donc, ça passe vite, deux semaines... En plus du nouveau lovematch que vous pouvez découvrir dès à présent (et qui a connu une conception très difficile, vous pouvez me croire... d'ailleurs, ça doit se remarquer :)), voici le nouvel édito, signé cette semaine par jolan, qui nous parle entre autre de quelque chose que personnellement je connais bien: un petit break sans manga... Bonne lecture et à dans deux semaines...

"Après toute ces portions de vies passées à aimer, lire, regarder, discuter, échanger, pleurer, s’émouvoir, bref vivre nos passions, il est temps parfois de faire un bilan de la situation quand à la passion que suscitent manga et anime en France.

Où en sommes-nous réellement ? Le marché des éditions papier et video semblent bien se porter, du moins, le fan que je suis n’est pas pris d’amertume en comparant notre situation par rapport à d’autres pays. Cependant, plutôt que de réfléchir sur ce que NOUS apportons au monde du manga, je préfère retourner la question et m’interroger sur ce qu’IL veut nous dire, nous transmettre…

De toute évidence, et sur un plan particulièrement matériel, je dirais que nos passions pour le manga et les animes nous incitent à toujours consommer plus, tout en nous réconfortant sur la culpabilité que l’on pourrait avoir à consommer autant : en effet, sur un plan personnel, je dirais qu’il m’est déjà arrivé de penser que je préfère de toutes façons dépenser dans les mangas plutôt que dans les cigarettes ou autres drogues, ou les produits que l’on considère inutiles voir nuisibles. Le manga est-il nuisible ? Je ne sais pas, je pense qu’on ne peut en juger qu’à la fin de sa vie, quand on regardera ce qu’il nous a apporté, et le chemin qu’on a fait ensemble, cette passion et nous…

Ensuite, si on essaie de s’intéresser à ce que veut nous dire cette passion, j’essaie tout simplement de me remettre en situation de visionnage intensif d’anime ou de lecture intensive de mangas, à tel point que je ne sais plus ouvrir correctement un livre européen, ou quand je vois toutes ces images défilant à grande vitesse dans ma tête. Cela m’arrive souvent, et je me dis : « putain mais arrête, tu vas faire une overdose ! » ou un truc du genre. A force de VOIR, je ne m’aperçois même plus si j’aime ou non ce que je regarde, c’est juste de l’émerveillement, de la passivité. Peut-être alors que ces animes, ces mangas, à la manière de Hideaki Anno à la fin d’Evangelion, peuvent aussi nous dire : « Stop ! Fais autre chose, aère toi ! Il existe d’autre sources d’émerveillement dans l’Univers ! ». Alors je sors, je cherche, je découvre autre chose, j’apprend des trucs, je bosse même ! Je suis obéissant… Et je me sens bien après une petite pause… « Ça » ne me manque même pas !

C’est ce dernier sentiment qui est important, je pense, car ainsi, on ne devient pas dépendant, et ainsi, on vit. Si on réalise la chance qu’on a d’avoir accès à notre passion, je pense qu’alors oui, on peut se prétendre passionné. Il est amusant d’entendre les gens râler pour raison de liens morts, de fichiers videos non dispo, de ftp, de scan, de divx etc… Avant j’étais 20 fois plus heureux devant ma vieille-K7-pal-non-sous-titree-issue-d’une-copie-de-copie-de-copie-de….du Film D’Asgard de St Seiya ou d’un film de Dragon Ball ou de Ranma 1/2 ! Putain c’était bon ! Cette culture de l’instant (la formule est célèbre maintenant je pense) dans laquelle on s’installe de plus en plus a ses avantages et ses inconvénients. Pour ma part, j’ai envie de grandir encore, de passer une étape aussi importante que celle qui m’a fait aujourd’hui fan de manga et de japanim, et qui remonte a plus de 14 ans maintenant. C’est pour cela qu’aujourd’hui, après un petit break, je suis content de pouvoir m’émerveiller de nouveau en lisant Nana, I’ll, Banana Fish ou Quartier Lointain ; en allant voir, ou revoir très prochainement Laputa ou les courts métrages de Tezuka au cinéma.

Voilà c’est tout. Bisous aux courageux qui ont supporté cet edito, et aux autres aussi.

jolan"