Edito du dimanche 16 mai 2004:

Revenir au menu précédent

Pour son second édito, le bulledairien petitboulet nous interpelle sur le "danger" des parutions mensuelles. Et il n'a pas tort... Ne vous êtes-vous jamais rendu compte que vous suiviez une série sans trop savoir pourquoi, plus par habitude que par réel intérêt ? Personnellement, j'ai plein de titres en tête... Dans ces conditions, un petit nettoyage de printemps ne fait pas de mal... Et puis finalement, c'est peut-être comme ça qu'on apprend à faire le tri et qu'on découvre ce qu'on prend vraiment plaisir à lire...

"J'aimerais parler un peu d'un effet pervers lié à la périodicité des mangas. Je sais, c'est pas très clair, mais partez pas, j'vous jure, c'est hyper intéressant. Plus que ça même !

Je viens à l'origine de la BD européenne. Qui dit BD euro, dit attendre un an en moyenne pour voir sortir le nouveau tome d'une série. Alors quand j'ai commencé à me mettre aux mangas, il y a 1an ½ environ, le changement a été assez soudain: d'un coup, je ne devais plus attendre que 3 mois maximum dans la plupart des cas pour avoir la suite d'une série. Je sais pas si vous vous rendez compte, mais ça fait vraiment tout drôle, ce genre de choses. Surtout chez un boulimique de lecture... Bref, ce qui devait arriver arriva, à savoir que je me suis littéralement gavé de mangas de tous styles pendant 6 mois, avec les mauvais choix que cela implique...

Ca a duré jusqu'au moment où un truc tout simple s'est littéralement révélé à moi, avec trompettes et tout le tremblement: je n'aimais pas toutes les séries que j'achetais pourtant avec fébrilité et compulsion sauvage. Oui je sais, vu comme ça ,ça fait un peu tout naze, mais l'explication est super, 'tendez voir !

Or, me dis-je en mon fort intérieur (c'est comme ça que je me cause à moi dedans), pourquoi diable continuais-je à acheter des séries qui m'apparaissaient comme médiocres (et dont je tairai le nom parce que je suis un gros lâche qui n'assume pas la lecture de I"s... oups...)? Tout simplement à cause de la périodicité de ces titres, ou tout du moins, au rythme auquel je les achetais. C'est quelque chose de bien connu: plus la suite d'un titre se fait attendre, plus le public se lasse. L'inverse est bien sûr vrai. Pour peu que l'auteur maîtrise un tant soit peu la technique du feuilleton, vous voilà happé, accroché dans une spirale acheteuse dont il est assez difficile de sortir. Bonne ou mauvaise chose ? Certains diront tant mieux. Je ne suis pas de ceux-la, et je dirais même que je deviens méfiant devant un titre à parution mensuelle.

Ce rythme de parution rapide, s'il ravit les fans, possède un gros inconvénient: le manque de recul du lecteur: celui-ci, la tête constamment dans le guidon, a presque tendance à penser au volume suivant alors qu'il lit celui qui vient de paraître. Cela se voit assez souvent sur les forums: on tente de se projeter dans le futur du titre, sans réellement s'attarder sur le présent. De ce fait, la réflexion sur la qualité de l'oeuvre s'en trouve fatalement appauvrie, et deux conséquences se profilent: premièrement, nous allons nous complaire dans une série qui ne nous plaît pas vraiment mais à laquelle nous sommes habitués. Deuxièmement, même si l'on trouve les derniers tomes lus d'une médiocrité affligeante, il y a 9 chances sur 10 que nous continuions la série pour X raisons, la principale étant qu'au rythme ou les tomes sortent, "il n'y en a plus pour très longtemps". Cette attitude, aidée par le rythme de parution élevé, est malheureusement plus celle d'un consommateur de base que celle de quelqu'un qui recherche à se cultiver, ou même à se détendre tout simplement. Parce que dans le fond, ce genre de lecture ne détend même pas, elle relève plus du réflexe que d'autre chose.

Alors levons un peu le pied. Si la parution mensuelle a ses avantages, elle recèle aussi d'énormes inconvénients. Un bon titre saura supporter sans problème une publication trimestrielle. Prenons le temps de savourer nos séries préférées à leur juste valeur, donnons leur un espace temporel assez long pour faire fonctionner notre imaginaire et notre esprit critique par la même occasion. Nous en sortirons grandis, et les mangas aussi, n'en doutons pas.

petitboulet"