Edito du dimanche 16 avril :

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J'entends déjà les mauvaises langues siffler "nan mais c'est quoi encore ce retard ?" (au moins, si vous le remarquez, c'est que vous lisez l'édito... mine de rien, vous faites déjà partie d'une minorité :)). Mais qu'importe, cela vous aura laissé une semaine de plus pour apprécier l'édito précédent signé SHK. Cette semaine, c'est au tour de moudidoung de faire son introspection, cherchant alors à découvrir quelle petite flamme anime sa pasion du manga. Un vaste programme...
Sinon, n'oubliez pas qu'il ne vous reste plus que 2 semaines pour voter au Mangaverse Festival...


"En relisant les éditos précédents, j'ai remarqué que le jeu favori des mangafans est justement de parler de mangafan, et surtout, de faire des catégories.
Je suis un mangafan, je vais parler d'une catégorie, la mienne (parce que je n'aime pas parler de gens que je ne connais pas, et surtout parce que j'aime penser à moi et j'aime parler de moi... d'ailleurs pourquoi écrirais-je cet édito sinon ?). Or l'angoisse m'étreint en lisant les commentaires amusés de forumeurs sur telle catégorie qui est toujours comme ci ou comme ça. Mon esprit encore bien naïf me pousse donc à poser LA question fatale : que représente-je dans le monde impitoyable du manga ? Le constat est pourtant implacable. Je ne me retrouve nulle part dans cette liste interminable de shônen mangafan abrutis, de shôjo mangafan cucul, de oldies mangafan nostalgiques (de plusieurs générations), de scantrad mangafan impatients (ceux qui se font bannir de tout bon forum qui se respecte), de sakka mangafan élitistes, de yaoi mangafan (un jour lointain, peut être, je comprendrai ce qu'il y a de tellement carrément plus mieux dans un yaoi que dans un bête shôjo), etc., etc. et j'ose à peine parler de la crème des crèmes, le mangaverse mangafan !^^
Je suis un peu de tout ça, et finalement rien du tout. J'ai donc trouvé ma catégorie à moi, où vous pourrez vous ranger si ça vous fait plaisir... J'ai mis du temps à m'en rendre compte, car...

Je suis le Mangafan Monomaniaque. Le Vrai. Le Pur. Le Dur. Le Névrosé. Le Boulimique. L'Angoissé. L'Influençable. Le Compulsif. L'Insatisfait. (importantes, les majuscules)

Je m'explique... Le mangafan monomaniaque est une version extrême et névrosée du vrai collectionneur. Son simple but est d'arriver à la mangathèque parfaite, la mangathèque ultime, celle qui lui vaudra enfin la reconnaissance qu'il n'a jamais obtenue pendant sa petite vie agitée de frustrations diverses, comme ça il pourra draguer les shôjo-girls sur internet et écrire des éditos spirituels et intéressants. Et donc, il consomme de manière frénétique ET indépendamment de ses moyens financiers réels. Mais là où ça fait mal, c'est que ses mangas, il ne les dévore pas, il les gobe, purement et simplement, comme des petites cacahouètes. Car une fournée de quelques dix malheureux bouquins ne suffira jamais au monomaniaque... Ce qui motive le monomaniaque dans sa quête effrénée, ce n'est pas vraiment le plaisir de lire un bon manga... Non, ce qui le fait vibrer, lui donne des palpitations et des sueurs froides, c'est mettre trois quart d'heure à prendre les bouquins qu'il avait déjà choisis avant de partir, sortir la carte bleue du portefeuille, manipuler la machine-où-qu'il-faut-taper-le-code, voir le prix (monstrueux, mais il s'en fout, il n'a aucune notion de l'argent dans ces moments là), s'afficher, exhiber devant la foule ébahie son sac plastique plein, tout déballer chez lui, se jeter dedans, faire quelques brasses en hurlant sa joie de malade mental... Et surtout, ranger soigneusement ses acquisitions sur des étagères qui plient littéralement sous le poids de plusieurs années d'achats continus.

On comprendra bien que cet acheteur compulsif n'a que peu de plaisir à lire un manga qu'il n'a pas lui-même acheté... Et d'ailleurs, il ne connaîtra jamais la joie de trouver LA petite perle inconnue qu'il avait oublié d'ajouter à sa liste d'achat, puisque sa pratique assidue des forums et sites spécialisés lui apporte les connaissances nécessaires pour prévoir très précisément, à l'avance, ses achats de la journée (ce qui ne l'empêche pas de passer des heures à squatter sa librairie préférée et à poser des questions dont il connaît déjà la réponse...). Il décortique consciencieusement les plannings de sorties, les annonces des prochaines acquisitions des éditeurs, et surtout les critiques, se jetant généralement directement sur la conclusion pour savoir si oui ou non, tel manga est à classer parmi les indispensables... et parfois, le monomaniaque angoisse d'avoir acheté dans un moment de pure folie un shôjo cucul-la-praline qu'il cache honteusement sous son matelas, ou de prendre du retard dans la parution de tel ou tel chef d'oeuvre incontournable...

Et au fil, de son exploration du monde fabuleux du manga, il trouve chaque jour un nouveau but à atteindre, de nouvelles terres à explorer ! (il faudrait déjà que j'arrête d'ajouter systématiquement "tout pourri" à "shônen de baston", ça m'ouvrirait bien des portes, héhé). Et donc, il angoisse encore plus... Car les cruels éditeurs n'attendent pas que le fan, même monomaniaque, même ultra dépensier, les rattrape... Les sorties s'alignent les unes après les autres, dont certaines sont dispensables, mais dont finalement il aimerait bien en lire les trois quarts ! Le mangafan n'a même plus le loisir de fouiner parmi les vieilleries, il court après les nouveautés, car sa plus grande angoisse est certainement d'en laisser passer une... Le jour où le monomaniaque se lève, va à sa librairie favorite, se fait sa pile de mangas, puis repose le dernier City Hunter en se disant que c'est pas grave, il l'achètera le mois prochain, ce jour-là, le mangafan monomaniaque n'est plus. Il retourne parmi le commun des mangafans mortels, ceux qui hésitent, choisissent, ignorent, se trompent, et parfois connaissent la joie de tomber sur LE titre qu'ils n'attendaient pas. Eh oui, le City Hunter de cet après-midi m'a finalement convaincu que j'avais re-franchi la frontière... déjà bien entamée en osant dépenser mes précieux deniers dans des titres aussi futiles (mais tellement poilants, j'avoue !) que Shin-Chan ou Noodle Fighter, ou aussi bateaux (mais tellement mignons, j'avoue !) que Kare First Love.

Je n'aurai jamais ma bibliothèque idéale... J'aurai peut-être assez de patience pour acheter tous les nouveaux City Hunter, ou assez de motivation pour acheter les vieux Candy à cinq fois leur prix d'origine, mais tant que j'aimerai les petites BD qui se lisent à l'envers, je ne veux plus acheter que celles qui me feront autant voyager, rire, pleurer, que les toutes premières que j'ai lues... celles qui ornent encore ma bibliothèque et me rappellent l'ancien temps où j'économisais dur pour finir mes Akira... (il y a trois ans pour être précis, mais bon, pas besoin d'être vieux pour être nostalgique ^^)

Finalement, les catégories c'est lourd, plein de gens vont se reconnaître en partie dans la mienne, pourtant aucun ne pourra dire "J'ai été comme toi !". C'était un fragment de ma vie, sans doute moins passionnante que d'autres (mais pourquoi je suis passé après Saishû ? T_T ), mais je tenais à dire à quel point les mangas y ont une part primordiale. J'ai une tendance naturelle à la monomanie, certes (ça me rappelle que je devrais ranger les quelques cartons de lego qui traînent dans le garage... ça c'était lorsque le but de ma vie était de finir la collection des pirates, puis des indiens, puis...). Alors je me pose des questions sur le sérieux de toute cette histoire... Mais il me suffit de prendre n'importe quel tome sur mon étagère, de l'ouvrir à n'importe quel page, et je me dis que y'a pas moyen, j'ai trouvé l'amour de ma vie !

moudidoung"