Edito du dimanche 13 août :

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Avec une petite semaine de retard, voici l'édito de Minh. Retard qui m'est imputable puisque le temps que j'aurai consacré à mon PC cette semaine n'aura pas été pour le site. Je viens donc tout juste, en ce dimanche soir alors que la France entière semble partie loin de tout, de découvrir l'édito de ces deux prochaines semaines. Attention, la boîte d'aspirine n'est pas fournie avec :D Bonne lecture.

"Revenue de l’humide plénitude (32.47N de latitude, 129.50E de longitude), un chétif édito pour rendre compte du grouillement de petits contes renouvelés dans ma hotte d’histoires longues et autres récits plats de vie bosselée.
Mais Cher Lecteur, je vais te faire plaisir : entre nous autres, sur commande d’un flexible modérateur, et comme Cammyn bien avant moi, j’ai bien fouillé far lointain à quel propos j’aurais bien pu zézayer. Mais la joyeuse vérité, c’est celle-là : je ne peux pas, je ne sais pas et je n’ai pas envie d’en raconter. Car après tout, ce qui est à moi n’est pas à ce qui n’est point moi, donc j’écroue mon tiède émoi dans un trou noir histoire de le laisser en culture jusqu’à la moisissure : pour cette fois, aucun racontar d’une expatriée.

Mode pont entre les éditoriaux ON : sur le sol nappounais, la fortune a voulu qu’on m’emporta au cinéma. Pour l’info-pratique, la séance, en dehors de la réduction ponctuelle du mercredi soir qui s’applique à l’ensemble de la variété féminine, s’aventure le long des 15 euros… Puis je laisse filer sur D**** N***, un incertain film d’une qualité douteuse (peut-être vais-je retrouver comme par bonheur, une colonie de punaises OGM dans mon lit ce soir déposées par de valeureux défenseurs de l’œuvre papier…) : car le plus important et ce qui blanchit cette dépense excessive, fut la précieuse preview qui m’aura laissée une empreinte de patte de chat pourléchée ayant fait escale dans une tâche encore humide de lait.
C’était la bande-annonce de hachimitsu to kuroba : Honey and Clover.
Furetant la truffe dans un Book-Off, une publicité aguicheuse monopolise mes huit battements cils à la minute : la chose previewisionnée était issue d’un manga dont je fais l’heureuse acquisition peu après. Et voici comment on crée une lubie toute neuve.
Voilà où je tardais à en arriver : si j’ai commencé à me procurer des manga, c’était par curiosité (et accessoirement afin de compléter ma collection BD livres junior de Candy Candy…).
Si j’ai poursuivi l’agrandissement de ma mangathèque nouvellement parue à la vie, c’est non pour suivre une voix divine inspiratrice des pires vices, non plus par esprit immobilier pour développer mon complex mangatitanesque, et encore moins par une tendance à m’adonner à la mangaboulimie (ou plutôt la compulsion mangalimentaire puisque la logique voudrait qu’un mangaboulimique revende ses titres au fur et à mesure qu’il les avale), mais bel et joliment bien pour l’engouement que certains d’entre eux avaient créé.
Ce fut le cas de Fruits Basket à l’époque révolue des emplettes pionnières, qui guida mes faits et gestes le temps des premiers mois/ans ; ce fut le cas de Sifme, qui emmêla mes méninges et de modestes réflexions ; ce fut celui de Basara, qui me faisait tambouriner à chacune de ses pages renversées. Enfin c’est le tour de Honey and Clover, limpide et halé où me guettent comme des envies de parfumer mes écharpes et de gober des céréales mous noyés à la petite cuillière rêveuse au demi-écrémé.

Le manga, c’est avant tout un plaisir solitaire venant parfois pour remplir un manque, combler une cuvette : on cherche à s’y refléter, et curieux comme ces bestiaux peuvent nous défaire pour nous remanier…
Et vous, jusqu’où un manga aura pu vous altérer ?

Minh"

Note de Morgan :
Sifme : Sing Yesterday for me de Kei Toume (Akata/Delcourt pour l'édition française)
Honey to Clover : pas encore sorti en France mais qui ne tardera pas...