Edito du dimanche 11 juin :

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Taikun revient dans un second édito nous parler des mondes que nous dévoilent divers mangas, mondes imaginaires ou réels.
Sinon, vous avez pu remarquer que finalement, j'ai pu assister au Festival d'Animation d'Annecy 2006 avec comme chaque année mes habituelles chroniques quotidiennes. Histoire de voir que l'animation ne se résume pas à Disney, Pixar ou Miyazaki...


"Pour mon deuxième édito j’ai décider de parler de l’importance des mondes créés dans le manga, qu’ils soient en prise de vue réelle ou imaginaire.

Comme dans un bon nombre de manga ou bien même de l’animation japonaise, l’histoire se déroule dans un monde plus ou moins différent que celui que l’on connait tous. Si je prends l’exemple d’Escaflowne, le monde dans lequel évolue Hitomi sur Gaia est très semblable au nôtre : des guerres, des histoires de prises de pouvoir. En gros tout ce qui a pu nous toucher lors de la période médiévale mais en ajoutant à cela des éléments de SF et d’Heroïc Fantasy propre à la culture contemporaine japonaise. Il faut bien se l’ancrer dans notre esprit, la culture japonaise, contrairement à la nôtre, vit au quotidien avec des légendes propres au pays. Ainsi, voir notre monde terrestre dévasté par des hordes de robots ou de bêtes géantes ne nous choque plus. Mais est-ce pour cela que la globalité du manga et de l’animation Japonaise se contente de créer des univers de pure fiction ? Non.

Il y a, du fait de la multitude de titres, des mangas qui transposent à l’identique le monde d’aujourd’hui au Japon et autre part dans le monde. Si nous nous intéressons au manga I’ll, nous découvrons une bande de jeunes gens évoluant dans le Japon actuel (pour preuve, certains décors de Hiroyuki Asada ont été dessinés a partir de photographies prises dans la rue). Par ce type de bandes dessinées, on peut constater que les mangas jouent sur deux points essentiels : jouer sur un univers étranger pour fasciner le lecteur à la découverte d’un monde qui le dépasse ou bien retranscrire la vie sociale ordinaire d’un monde identique au nôtre avec tous les problèmes qu’un individu peut vivre dans la société. Par ces deux points essentiels, chaque lecteur trouvera la petite chose qui attirera son attention, que ce soit dans un monde créé de toute part ou une transposition de notre monde à l’identique.

A première vue, on pourrait penser que retranscrire notre société actuelle dans un manga qui nous sert principalement à nous divertir est peu ambitieux puisque chacun de nous sait dans quel milieu nous vivons tous les jours. Mais si nous poussons la réflexion plus loin, on peut, par le biais des mangas, s’interroger sur notre propre existence. Des titres comme GTO ou 20th Century Boys par exemple sont extrêmement instructifs. Dans le premier, le décor général du manga est le Tokyo que tout le monde connaît avec ses quartiers jeunes, plus ou moins risqués, où des jeunes lycéens se cherchent eux-mêmes une propre existence. C’est cela qui est intéressant. Utiliser la société actuelle pour développer le problème du mal de vivre des jeunes, je pense que c’est ce que fait GTO. Par exemple, on y traite de l’ijime (victimes dans leur collège ou leur lycée, ce sont de pauvres jeunes qui se font gravement chahuter toute la journée) mais aussi de l’envers du décor de l’industrie du sexe au Japon, des problèmes relationnels parentaux, etc. GTO, sous une apparence de manga fun, est alors un miroir flagrant de notre société. 20th Century Boys pousse le principe encore plus loin car là, adieu les soucis sexuels de chacun. Ici, on parle d’une autre face du Japon, le côté manipulateur où chaque membre de la société se forge son avis sur celui de l’autre et où, quand un homme se démarque par ses idées, tout le monde y adhère sans même se demander si son quotidien sera meilleur qu’avant. Le monde de 20th Century Boys est corrompu, tout le monde agit pour soi et cela montre bien l'obscurité cachée à l’intérieur de nous.

Pour conclure, je finirai avec ceci : je pense que créer telle ou telle variété de monde, qu’il soit fictif ou réel, a une importance énorme dans le plaisir que le lecteur éprouve à lire tel ou tel titre car, par delà ces mondes réels ou fictifs, il s’y retrouvera dans l’un comme dans l’autre.

Dio-Eraclea (Taikun)"