Edito du dimanche 10 août 2003:

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J'avais prévu une super intro, j'avais plein d'idées... Oui mais voilà, je me liquéfie sur place avec cette foutue canicule qui ne veut plus nous lâcher, je reprends le boulot demain, autant dire que je n'ai même plus le courage d'écrire quoi que ce soit. Je vous laisse donc avec Cosmos qui nous parle cette semaine de l'enthousiasme qu'on ressent plus ou moins selon les mangas et le temps qui passe...

"Je me souviens encore de la période où je découvrais les mangas… un vaste catalogue de titres inconnus et à la réputation sulfureuse s’offrait à moi. A n’en pas douter des œuvres toutes plus enthousiasmantes les unes que les autres.
C’est donc avec excitation et enthousiasme que je dévorais les tomes les uns après les autres… Puis les années sont passées et petit à petit, au fur et à mesure de la découverte de nouveaux mangas, cet enthousiasme a lentement diminué. Jusqu’à ce que finalement ne subsiste que la lassitude… La lassitude notamment de lire des titres qui ne m’intéressaient pas, de me forcer parfois, alors qu’il s’agissait au départ de passer des moments agréables. Je pense par exemple à 20th Century Boys qui, en dépit d’une critique unanime, ne m’a pas vraiment plu au bout de 4 tomes ; j’ai trop longtemps cherché à tout prix à apprécier ce titre puis hésité à le revendre alors que c’est ce que j’aurais immédiatement fait pour n’importe quel autre manga.
Bien sûr j’en suis venu progressivement à demander aux mangas plus qu’un simple « moment agréable » et certaines de mes récentes lectures n’ont jamais été aussi exaltantes. Mais pour combien de déceptions ? de titres qui ne supportaient franchement plus la comparaison face à de véritables bijoux ? Finalement, l’enthousiasme se diluerait-il dans l’expérience et l’exigence ?

Eh ben pas du tout.

Je pense au contraire qu’à partir du moment où on commence à faire preuve d’une certaine exigence, continuer de l’exercer constitue le meilleur rempart contre la lassitude ou le dégoût. Il est tellement facile de se laisser entraîner par la routine… si confortable de ne pas se remettre en question… Ne pas tenter de découvrir des styles inconnus (« ah non, ça je lis pas, les dessins sont moches »), de dépasser certains de ses préjugés (au hasard hmm… « les shôjo, c’est des mangas de tapette » (véridique -.-)) …mais alors le risque est grand de se retrouver à lire des œuvres pour lesquelles on ne vibre pas vraiment, de demeurer dans des univers qui en deviennent lassants à force d’être trop souvent parcourus (exemple : le shônen et ses inévitables quêtes initiatiques plus ou moins palpitantes d’un titre à l’autre). Pourtant qu’est-ce qui nous empêche de nous poser la question « mais, ce que je lis me convient-il vraiment ? » et d’en tirer au plus vite les conséquences ? Ou bien de se dire « est-ce que j’aime vraiment ce que j’écoute ? ces gens avec qui je parle ? …cette vie que je mène ? » Ces questions, avez-vous déjà tenté sérieusement d’y répondre ? C’est peut-être dans leur réponse que se trouve la source de l’enthousiasme, celle qui nous fait garder en nous l’émerveillement…

Cosmos"