Edito du dimanche 9 mars 2003:

Revenir au menu précédent

C'est au tour de l'ami Popop de nous proposer un édito... ou plutôt un billet d'humeur. Ce qui tombe plutôt bien car son humeur semble avoir quelques points communs avec la mienne: lassitude, agacement, fatigue, ras le bol, voilà en gros ce qui me caractérise en ce moment en ce qui concerne mon approche des mangas... ce qui explique le peu de mouvement du site (surtout niveau critiques, il faut dire que je n'ai pas ouvert un manga depuis un certain temps) ainsi que mon absence du forum ces derniers temps... Eloignement temporaire ou définitif ? On verra...

"Mine de rien, le temps passe vite. Je me faisais la réflexion l'autre jour que cela faisait un peu plus de deux ans que je fréquentais, plus ou moins assidûment selon les périodes, le petit monde des amateurs de mangas sur le net. Et ce contre vents et marées. Car bien que fussent nombreux les moments où, la lassitude me gagnant, la sortie des derniers Glénat ou Tonkam me faisait le même effet que la parution d'un recueil de pensées philosophiques par Benjamin Castaldi, à aucun moment il ne m'est venu à l'idée de me détourner de cette petite communauté de passionnés. A plusieurs reprises même, je m'y suis ressourcé et, je dois bien l'avouer, j'ai replongé. Et pourtant…

Pourtant, ces derniers temps, j'ai du mal. Beaucoup de mal. L'agacement aurait même presque tendance à prendre le pas sur l'ennui poli que certaines attitudes pouvaient engendrer chez moi. Car en deux ans, force est de constater que les choses n'ont pas beaucoup évolué. Je ne parle pas bien sûr du marché français des mangas, qui s'est sacrément développé en quantité, pas toujours en qualité certes, mais tout de même avec un effort de la part de quelques éditeurs pour diversifier leur offre. Et au final quelques franches réussites. Cette évolution aurait dû être source de satisfaction pour notre petite communauté de fans : de nouveaux convertis, des nouveaux titres à la pelle, des éditeurs de plus en plus fidèles aux œuvres originales… Même l'ignoble Glénat s'est mis aux jaquettes amovibles !!! Autant de raisons de se réjouir, semble t-il.

Eh bien, non. Que dalle !!! Alors qu'il y avait là une quantité formidable d'occasions de s'ouvrir à de nouveaux horizons, une grande partie des fans a préféré se cantonner dans son rôle d'enfant gâté. On hurle toujours autant pour un sens de lecture français, un grain de papier, une bavure d'impression, des dates de parution trop espacées, une onomatopée un peu encombrante… Et je ne parle même pas de l'habituelle musique des éternels incompris, ce mythe de la marginalité soit-disant mal vécue, version " journaliste véreux " ou " grand public plein de préjugés " au choix.

Au fond, ce n'est pas surprenant. Si une passion peut permettre aux gens de s'épanouir d'une manière inouïe, lorsque celle-ci se fait exclusive, on observe souvent le résultat inverse. Dans cet univers autrefois si enthousiasmant, j'ai désormais l'impression d'étouffer. Au milieu d'une pléthore d'individus qui s'aveuglent les uns les autres en oubliant de tourner la tête de temps à autre pour voir ce qui se passe dehors. Il se peut bien sûr que ce ne soit une fois de plus que temporaire, mais le côté communicatif de cette passion me paraît désormais en voie de disparition… En espérant que l'avenir me donne tort.

Popop "