Edito du dimanche 8 octobre :

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Depuis combien de temps un édito n'était-il pas mis en ligne dans les temps ? (Oui, bon, on se jette des fleurs comme on peut...)
Voici en tout cas la prose de Marcy, celle à qui les enfants vont bientôt dire "Allez Mamie Manga, raconte-nous encore quand Kana a sorti le premier Naruto !!". A quand les rayons manga dans les services de gériatrie ?
Allez, Goldorak Go comme dirait l'autre...


"Quelqu'un de très juste a dit un jour que la nostalgie était un poison. J'en veux pour preuve le nombre de petits vieux qui vous regardent d'un air sombre avec leur fataliste "c'était mieux avant !". Vous noterez la délicate différence entre eux et moi, entre le point d'interrogation et l'exclamation sans faille. Mais pire encore que les quinquagénaires endurcis, ce sont les vieux de la veille, ces otakus de la génération Goldorak, âge d'or pour tout amateur de manga, et surtout ... en voie de disparition.

Je salue au passage mes deux compagnons de travail qui se reconnaîtront sans doute dans ce portrait, mais que je rassure tout de suite, non ça ne me dérange pas de vous entendre parler des chevaliers du zodiaque chaque jour durant. On en voit de temps en temps aux conventions, chantant des chansons d'un autre temps et affichants des T-shirt mythiques sortis pour la promotion 1993 d'Akira ou de Ghost in the shell.

La nostalgie donc, c'est un peu ma vision du moment, il faut dire que les générations se succèdent et ne se ressemblent pas, mais ça fait toujours un petit choc d'entendre dire "moi j'ai connu les mangas avec Card Captor Sakura" ou "Mon voisin m'a prêté Naruto, depuis je lis tout ce qui sort en manga". Bref, autant de petits poignards qui vous rappellent que petite vous planquiez vos mangas au plus profond de votre cartable pour ne pas vous faire virer de l'école. Ça doit être ça que ressentent les anciens combattants, dans un style noir et blanc et avec la réplique fatale "on s'est battu pour la liberté du manga". Mais bon, j'avoue, c'est super cliché ... passons ...

Il ne nous reste plus qu'un sentiment égal au sempai japonais qui se doit d'apprendre des choses à la relève, surtout quand vous devez présenter le monde des mangas dans une Fnac bondée d'adolescents prépubères fans du ninja orange et des CLAMP et qui ne connaissent pas le nom d'Adachi (par contre Théo ou la batte de la victoire, oui ^^ ouf tout n'est pas perdu). L'histoire ne dira pas si c'est pour nourrir un ego démesuré "hahaha bande de mioches vous n'y connaissez rien" ou si c'est par véritable passion de transmettre un brin de l'histoire du manga en France. Ho et puis après tout, on s'en fiche, le résultat sera le même. En tant que "vieux" vous serez adulés, mythifiés comme un dinosaure qui aurait survécu au cataclysme et à l'usure du temps. J'espère à ce sujet que les musées dans lesquels on finira seront chauffés ...
Mais assez d'exemples stéréotypés sur les mangas. A la Starac' cette année il y a une candidate qui ne connaît pas les Beatles. Les dégâts sont donc généraux (oui, pour moi il est plus important de connaître les Beatles qu'Adachi, n'en déplaise aux fans du maître).

Tout ça pour dire quoi ? Et bien, le dur constat de la vieillesse, la mienne et la vôtre, c'est que tout change et que finalement ça me plait. Plus les années passent et plus j'ai de choses à apprendre, à raconter. Un jour des gens diront "vous savez autrefois les mangas n'existaient pas en France" et les auditeurs rigoleront en se demandant en leur fort intérieur si c'est une blague ou une vérité. Les vieux copains se marient ... chacun fait sa route, beaucoup quittent les pavés noirs et blancs des mangas et parfois j'me dis que je serais seule à finir le chemin, si fin, il y a.

Marcy"