Edito du dimanche 8 janvier 2006 :

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Fort occupée depuis près d'une semaine à la préparation d'un certain bilan qui ne devrait donc plus tarder, j'en ai par la même occasion quelque peu délaissée le site. Et donc cet édito, pourtant reçu (deux fois qui plus est) tout à fait dans les temps, à l'heure, pile au bon moment... Le voici en tout cas mais sa lecture demande néanmoins un minimum de préparation psychologique : il est signé Minh !! Ceux qui connaissent bien le forum Mangaverse ne peuvent que la connaître également et donc connaître son style si... particulier. Pour les autres... eh bien... ce sera une découverte, n'en doutons pas...
Sur ce, bonne lecture...
Et merci, par la même occasion, à ceux qui auront réagi au précédent édito (c'est-à-dire le mien) par un petit mail toujours fort sympathique...


"A mon tout dévoué,
Voyageur du potagespace, parcoureur d’images dérisoires et voyeur de pellicules animées sur grandioses écrans,

La toile, les manga, les films… Tout ça c’est un peu du pareil, voilà pourquoi je reviendrai sur un seul de tes points soulevé (et très vite reposé) dans ta lettre dernière…

Sommes-nous blasés ?
Il est un cercle (vicieux ou vertueux…), celui de la découverte qui entraîne d’autres découvertes. Mais plus les découvertes sont à découvert, moins il reste de découvertes (croit-on). Alors comment continuer à découvrir quand on a tant découvert ? Voilà qui nous amène la blase et avec cela, le sentiment qu’avant, eh bien, c’était beaucoup mieux…
Mais voilà, il existe des moyens et des films capables de laver ton regard obstrué, vider tes glandes lacrymales pour qu’elles soient en mesure de se remplir à nouveau.
Des films devant lesquels il est impossible de rester de glace, fusse-t-elle fondante. Des films qui ont raison de notre cuirasse, notre culture et nous transforment en gens nouveaux (un enfant, un étranger, un vieillard à l’écart), eux d'argile et de ce fait constamment malléables. Remarque que les gens nouveaux (un enfant, un étranger, un vieillard à l’écart) ignorent les clichés, tout est découverte continue. Et tu serais congelé parce qu’eux peuvent découvrir un monde qu'ils connaissent… Pourrais-tu m’opposer : un monde, on vit dessus que l'on sache, comment pourrait-il nous être étranger ?
I.I.I. (illustration inutile insensée) : le matin je mange des brioches (carbonisées), je sais ce qu'est un grille pain. Je regarde *** (le dit film). Hum... Un grille pain, ça ressemble bien à un pot d'échappement ? Je conclus : je ne connaissais pas le grille pain (…mais c’est quoi ça ?!).

Tes yeux sont-ils un peu flapis ? Apparemment non si tu lis, alors allons jusqu'à les épuiser...
Un jour en déclinaison, tu rentres dans une salle obscure et tu interroges tes accommodants géniteurs : pourquoi passez-vous votre après-midi claquemurés dans le noir, alors que André et Joséphin matchent leurs billes sur les bouches d'égout labyrinthiques (les cartes Pokémon encore indisponibles, les Pog trop rasoirs). Et tu sursautes, tu découvres les images virtuelles du réel. Ça, c'est le cinéma tel que tu le pénètres à 6 ans, alors que tu as oublié Renardino ton écureuil amorphe sous ton oreiller, et que tu le retrouveras à moitié mort par asphyxie le soir-même... Comment redécouvrir le cinéma 10 ans, 30 ans plus tard ? Voilà qui serait une bonne mission pour les cinéastes d’aujourd'hui. Hé non, ça ne devrait pas être de récolter du blé, il existe bien des gens et des machines pour ça.
Tu me dis que le cinéma, comme tant d’autres choses… a pour objectif de nous permettre le rêve. C’est broyer du magenta (active ton rose bouclier Minh – zouibip – …activé) non ? Le rapport du cinéma avec la réalité, quelles que soient les dimensions et époques, demeure très fort : d’après moi c’est en partance de notre quotidien que nos fantasmes devraient être fomentés et notre propre cerveau savoir extraire les ficelles des éléments communs et tirer sur nos rêves pour qu'ils émergent gentiment. Le cinéma serait une clé de lecture de ce quotidien.
C'est comme lorsque l’on nous dit que le cinéma doit soulever les masses. Merci Mike, on te rappelle mon minet. Le cinéma doit rendre des comptes, ça oui, c'est un peu forcé étant donné l'état de fabrication... Devons-nous pourtant exiger qu’il porte un message ? Mais qu’en attendre alors ?
Ha, je t'ai eu inconnu ! Je propose : vidons notre crâne dans une pensine, et n'attendons rien lorsque l'on s’introduit dans ces salles, laissons-nous envahir. Certains réclament de rire, parce qu'il est inscrit comédie, d'autres de pleurer, encore d'autres de frissonner. Une solution pour éradiquer toute déception désabusée : cyberpèlerin, pour être surpris, n’attends rien (et ressers toi bien en modération).
Alors comment ne pas déborder de gratitude, comment ne pas déborder... quand on entre sans rien, et que l'on sort empli ? Lorsque l'on nous donne en 1h43, ce que l'on attend depuis xxx tps ? Comment est-on parvenu à recevoir *** (le dit film) comme un tout premier Pendu en cartes jouables (jeu de découverte, vieux comme le terroir avec principalement à son palmarès, des mots comme nabuchodonosor… et d’autres que je n’ai pas retenus mais c’est un patrimoine intellectuel très gratifiant de savoir que le naureblabla [orthographe approximative – mieux vaut choisir la prudence et l’évacuer par voie orale] est une appellation de pharaon…) ?
As-tu du cœur, un peu d’esprit qui ne soit pas bouffi ? Un bout suffit.
Te penses-tu vraiment perdu, trop abîmé ou trop corrompu ?

Sur ce… Ne prends pas froid, mange à ta faim et pense moins,
Ton amie, pour la vie.

Minh"