Edito du dimanche 7 septembre 2003:

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La rentrée est là. Et avec elle, son lot de nouveautés, de nouvelle routine, de nouveaux copains ou même de simple retour au boulot pour pas mal d'entre nous. Mais revenons-en aux mangas. Ou plutôt à leur pays d'origine. Nombreux sont les fans de mangas qui aimeraient un jour faire un petit tour du côté du Japon, histoire de confronter réalité et fiction. Lisez donc l'édito de Cammyn qui a eu la chance voilà quelques semaines de connaître cette aventure-là...

"Lorsque j'ai regardé mon écran vide, je me suis faite la réflexion qu'il était impossible de vous raconter le Japon avec des mots. C'est trop grand, c'est trop magnifique, c'est trop. Aussi mon récit n'est pas évident, peut-être même incohérent parfois. Je préfère ne vous parler que d'un événement, mais je vais essayer de le faire bien.

La visite qui m'a le plus marquée a sans doute été le Honsen-ji, ou Shinagawa-dera, à Tokyo. Il s'agit du temple qui est à l'origine de l'échange qui m'a permis de partir au Japon: sa cloche sacrée a été perdue en Europe et retrouvée en Suisse, puis rendue au Japon, fondant l'association d'amitié entre Genève et Shinagawa (quartier de Tokyo).

Dès l'entrée, les moines ont tout fait pour nous mettre à l'aise en accrochant des drapeaux de la Suisse et de Genève. Nous avons commencé par sonner cette fameuse cloche, dont le son plein et planant nous réunissait tous dans un univers homogène et uniforme. Puis nous avons eu la chance d'assister à une cérémonie du feu, dite “Goma“, qui devait nous bénir ou nous protéger (je n'ai malheureusement pas bien compris le sens exact…)

Imaginez une petite salle dont une des façades donne sur une plus grande salle, publique, tapissée de tatamis. Au centre de la petite salle est posé une table basse qui se révèle être un sanctuaire, sur lequel sont posés divers objets et récipients à encens. Sur le fond de la salle, un autel sur lequel repose un bouddha et quelques offrandes (fleurs, fruits, encens…).

Nous sommes installés sur les bords de cette petite salle, qui dégage une atmosphère spirituelle impressionnante. La cérémonie, exécutée par six moines et présidée par le Révérend Nakada, dure environ une heure. Les moines font d'abord résonner quelques notes de leurs conques, tandis que l'un des moines sonnait une espèce de marmite au son de cloche; puis ils récitent leur prière sans discontinuer, nous plongeant à nouveau dans cet univers si particulier du bouddhisme. Durant tout le temps de la cérémonie, le Révérend s'occupait d'allumer et de maintenir dans cet état un petit bûcher au centre du sanctuaire.

Ayant laissé passé quelques dizaines de minutes afin d'arriver aux circonstances idéales, l'un des moines part battre un énorme tambour, et pendant ce temps, nous allons mettre un petit bâton dans le feu, en faisant bien attention de passer par dessous la cordelette qui entoure le sanctuaire (sûrement pour ne pas le profaner). Pendant cette étape, le rythme des prières s'accélère, au tempo du tambour. Puis l'un des moines fait passer des tablettes inscrites de nos noms dans le feu, elles ressortent intact, sans doute signe d'une bénédiction.

Les moines se mettent alors à agiter un hochet de grelots, et la cérémonie se termine avec l'extinction du foyer, sur le son des conques des moines, tandis que le tambour s'est tu. La coquille de plénitude et de paix se craquelle, les moines se relèvent, et le retour dans la vie réelle se fait non sans mal, car nous avons tous vécu un moment hors du temps et des soucis du monde…

Grâce à la générosité des gens du temple, nous avons eu l'insigne honneur d'être même intégrés dans cette cérémonie, et nous avons ainsi pu nous sentir plus proches encore de cette religion passionnante, mais malheureusement mal connue du public occidental… Je vous souhaite de pouvoir un jour bénéficier de l'amabilité de tous ces Japonais qui sont, malgré bien des idées reçues, très ouverts et d'une extrême gentillesse !

Cammyn"