Edito du dimanche 4 septembre 2005:

Revenir au menu précédent

Imaginez donc une tablée de plus de 20 personnes, en pleine campagne, sous le chaud soleil d'un dimanche de fin d'été, en train de manger une raclette suivie d'une phénoménale quantité de gâteaux à l'ombre d'un peuplier... Ca a été en gros le programme de mon dimanche, expliquant ainsi que je n'ai pas allumé mon PC de la journée (entre un gâteau au chocolat et deux heures devant mon PC, le choix n'a pas été trop difficile...). Et expliquant donc le petit retard de mise en ligne du présent édito, signé beanix_xz, que je vous laisse désormais découvrir...

"Sushis pour déjeuner dans le quartier diplomatique (Pékin)

S'il y a bien un pays sur terre qui se vante de vraie gastronomie, de vrai savoir-vivre par la bouche, c'est bien la Chine. Nation la plus peuplée du monde, on y a toujours su que manger est ce qui importe au peuple - littéralement " la nourriture est le ciel pour le peuple ". Et en tant que capitale d'une si grande nation, Pékin réunit les cuisines les plus diverses du pays et du monde, notamment dans le quartier diplomatique du SanLiTun à l'est du centre-ville, endroit propice par son internationalisme.
Et c'était là que j'atterris avec ma cousine par un beau jour de fin d'août. Midi sonna et il devint urgent de trouver un endroit où rassasier notre faim pour un budget acceptable, ce qui était difficile vu le côté petit-bourgeois (entendre très cher, chic et marques étrangères) que veut s'afficher l'endroit. (Pour l'anecdote, il faut dire que c'est le premier quartier à bar et donc l'un des endroits chauds de la ville la nuit, comprenant à ce qu'il paraît un bar homosexuel.) Toujours était-il que malgré notre budget restreint, nous décidions de manger à un sushi bar assez luxueux dans un grand magasin du quartier - magasin à standing " petit-bourgeois " bien sûr.
Le restaurant est assez joli, déco moderne, endroit branché voire kawai, ce qui correspond aux attendes d'une clientèle de jeunes salarié(e)s dynamiques et donc " petit-bourgeois ". Nous nous installâmes sur les petits tabourets devant le sushi-train, pour s'essayer à ces rouleaux riquiquis de riz et autres ingrédients fraîchement préparés (on pouvait voir les chefs dans un " atelier " transparent à côté) et enveloppés dans des algues séchées servis sur des plats colorés placés sur un tapis roulant. Heureusement que nous n'avions guère faim et qu'en tant que demoiselles nous faisions preuves de vrai appétit de moineaux, malgré notre goût prononcé pour " de la bonne bouffe " (excusez le rot). Parce qu'au prix que nous avions payé pour les cinq petits plats de sushis consommés (sauce soja, wasabi et service compris), un vrai chinois ne considérerait pas cela comme un déjeuner, à peine des amuse-gueules (pas que ce n'était pas délicieux :9). Il est vrai que nous aurions pu faire encore plus " petit-bourgeois " et commander des obentos-bozos (menus présentés dans une boîte compartimentée), mais nous ne sommes pas encore " pôvres filles " à ce point là.
Je ne pourrait dire si les sushis mangés ce jour-là ont aussi perdu leur " goût originel " comme ces plats médiocres servis aux restaurants chinois d'ici. Je regrette seulement ce maniérisme de la nouvelle génération montante - ma génération - qui veut s'afficher ouvert d'esprit en empruntant tout chez " les autres d'ailleurs" (laowai en mandarin), les gaijins pour les japonisants. (Voyez la similarité entre les deux langues, gaijin pouvant indiquer s'améliorer en phonétique chinois, mais ceci n'est qu'un aparté).
Viendra-t-on à perdre le " goût de chez nous ", le " goût de maman ", à toujours vouloir s'essayer à la (aux) nouvelle(s) cuisine(s) ?
Est-ce que l'apparition des Pockys dans des supérettes ouvertes 24h sur 24 (des combinis ! s'exclameront les plus otakus) est en réalité le signe avant-coureur du début de la fin ?
Je ne saurai répondre.
Mais à ce qu'il paraît, les japonais en raffolent de ces Pockys - voire l'édito de Manuka et aussi Sumire de chez Kimi wa Pet (à paraître prochainement chez Kurokawa !). J'ai pas essayé les multiples arômes extraordinaires disponibles à la supérette (à 0,50 euro le paquet pour le niveau de vie de là-bas, quant même …) mais je suis convaincue que rien ne vaut le goût original des Mikados fait de bon chocolat.

beanie_xz"