2003-08-06: Le manga au Japon, petit récapitulatif non exhaustif et sans prétention...
LES MAGAZINES DE PRÉPUBLICATION JAPONAIS LES CATÉGORIES MANGAS QUI EN DÉCOULENT
Shônen collection: Des années après les magazines Manga Player et Kameha (Glénat), Pika relance le magazine de prépublication en France avec Shônen Collection, en partenariat avec l'éditeur japonais Kodansha. Au programme, Young GTO, Get Backers, FLCL, Cyborg Kurochan, Psychic academic, Jing roi des voleurs... Pika Tokebi: nouvel éditeur spécialisé dans le manhwa (BD coréenne), il lance également un magazine de prépublication pour faire découvrir les séries coréennes. OK, c'est pas du manga mais vu qu'on a pour le moment juste 2 magazines de prépub en France... TokebiAprès des années d'incertitude, ébranlé par la mauvaise réputation des dessins animés japonais diffusés souvent à tord et à travers sur nos petits écrans, le marché du manga en version française semble prendre son essor. De plus en plus de titres, de plus en plus de choix, de plus en plus d'éditeurs, apparition de magazines de prépublication (en France comme dans d'autres pays occidentaux d'ailleurs)... Mais le marché francophone est bien évidemment minuscule comparé à son grand frère nippon: là où on est fier d'annoncer quelques dizaines de milliers d'exemplaires vendus pour tel titre phare en France, on parle plutôt en terme de millions d'exemplaires au Japon. Mais le pays du soleil levant étant en pleine crise financière depuis plusieurs années, l'âge d'or du manga y semble bel et bien terminé... Néanmoins, on ne peut pas s'intéresser au manga sans s'interroger sur le monde de l'édition japonaise. Shônen, shôjo sont devenus des termes couramment employés, parfois un peu n'importe comment. Il faut savoir que les mangas (souvent appelés comics au Japon, le terme manga évoquant pour le japonais lambda, loin du fan acharné qu'on s'imagine, aussi bien les bd que les animes) sont tout d'abord prépubliés, au rythme d'un chapitre à chaque fois, dans des magazines spécialisés bon marché avant d'être édités sous forme de volumes reliés (tankobon) qui réunissent 10-12 chapitres. Ces magazines se trouvent partout, aussi bien dans les kiosques, les librairies, les combini (supérettes ouvertes 24h/24 où on peut aussi bien acheter son repas que régler ses factures), les distributeurs automatiques*. Ce sont ces mêmes magazines qui permettent la classification en terme de shônen, shôjo, seinen, etc... selon le public qu'ils visent. Regardons d'un peu plus près les catégories Shônen, Seinen et Shôjo, les 3 catégories les plus représentées en France, ainsi que quelques magazines de prépublication japonais...Banzai: magazine de prépublication allemand lancé par l'éditeur Carlsen en partenariat avec l'éditeur japonais Shueisha. Au programme, Shaman king, Yu-gi-oh, DNA2, etc... Carlsen Manga Power: magazine de prépublication allemand lancé par Ehapa avec: The big O, Cyborg Kurochan, Kaito Saint Tail, les enquêtes de Kindaichi, Peach girl, Chobits, Psychic academy, What's Michael, Turn a Gundam, Othello, etc... Ehapa
* Pour autant, le manga n'est pas si bien perçu dans son pays d'origine qu'on le croit en France. Il n'est pas rare que des japonais souhaitant correspondre avec des occidentaux indiquent dans leur annonce "fans de manga s'abstenir". Les otaku font peur, du fait qu'ils sont loin du sens que l'on donne à ce terme chez nous: un otaku japonais est obsédé par l'unique objet de sa passion (manga, maquettes, jeux vidéo...) et perd toute relation sociale, préférant rester enfermé chez lui sans contact avec qui que ce soit. Le Japon a découvert avec effroi ce phénomène à l'occasion d'un fait sordide des années 80, l'arrestation d'un otaku nommé Tsutomu Miyazaki, responsable de l'enlèvement et du meurtre de plusieurs fillettes, chez qui on a retrouvé bon nombre de mangas et de cassettes d'animes porno. Beaucoup de japonais en restent donc à la lecture occasionnelle de quelques mangashi dans le train ou dans les salles d'attente sans pour autant courir acheter les volumes reliés. Inutile de dire qu'à moins d'être du genre ultra-connu et riche aux millions (ce qui n'est pas donné à tout le monde), le métier de mangaka n'est pas vraiment bien considéré, vu plutôt comme un amuseur public qui ne rentre pas dans le rang... (Pour plus d'infos sur le phénomène Otaku, un ouvrage: Otaku, les enfants du virtuel, d'Etienne BARRAL - Editions Denoël)
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C'est tout ? Bien sûr que non mais...
Il existe également la catégorie hentai, c'est-à-dire porno pour public masculin (ecchi n'étant pas à proprement parler une catégorie, il s'agit juste de la prononciation du H de hentai, H signifiant au Japon ce que le X signifie en France... Néanmoins, on sous-entend par ecchi un côté moins hard que le hentai). Il ne faut pas croire pour autant que le porno pour public féminin n'existe pas, bien au contraire, comme le prouvent de nombreux mangas de la catégorie Lady's (le rapport à la sexualité n'étant de toute façon pas vécu de la même manière en occident - sous influence judéo-chrétienne - qu'au Japon). Il existe également les yon koma qui sont aux Japonais ce que sont les comic strips aux américains, des petites BD traditionnellement de 4 cases. Le film Ghibli Nos voisins les Yamadas est ainsi adapté d'un yon koma qui est publié dans un quotidien japonais (les japonais sont de gros lecteurs de la presse écrite). Et puis encore... On en reste là ? Ceci n'est qu'un rapide point de vue sur l'édition made in Japan, non exhaustif (et qui ne souhaite de toute façon pas l'être). Il existe énormément de magazines de prépublication (et donc de catégories) et d'éditeurs dont le lecteur français n'a jamais entendu parler du fait du nombre tout de même relativement restreint de mangas sortis en France (tous les mangas n'étant de toute façon pas vraiment exportables selon leur qualité, leurs thèmes, leur vocabulaire, leurs références qui passeront totalement au-dessus de la tête du lecteur occidental). Il ne faut pas oublier non plus que cette catégorisation n'est pas à prendre comme une référence absolue mais tout au plus comme une des multiples sources de renseignements sur tel ou tel titre. S'empêcher de lire tel manga sous prétexte que c'est un shôjo sans prendre la peine de se renseigner un minimum dessus serait par exemple assez idiot. Soutenir mordicus que tel titre est un shôjo car contenant de la romance alors qu'il est prépublié dans le Jump ne servira à rien. Tous les shôjo ne se résument pas à des amourettes superficielles niaises, tous les shônen ne se résument pas à des bastons bourrines qui durent 40 volumes, tous les seinen ne sont pas des mangas prises de tronche ou bourrés de cul. Le classement est décidé objectivement par le magazine japonais selon le public de base visé et non selon les thèmes abordés, il n'a pas à être discuté et vouloir à tout prix caser tel titre dans telle catégorie "sous prétexte que" ne changera rien à ses qualités et ses défauts. Connaître le type du manga n'est pas une finalité en soi. Ce n'est ni le type ni la couverture qui fait le manga, c'est ce qu'il y a dedans...
EN RÉSUMÉ Ce qui donne la catégorisation d'un manga, c'est le type du magazine dans lequel il a été prépublié et non les thèmes du manga. S'il a été prépublié dans un magazine shôjo, c'est un shôjo même s'il y a de la baston, s'il a été prépublié dans un magazine shônen, c'est un shônen même si l'histoire raconte une amourette d'ado. C'est tout... Dans les catégories qu'on connaît plus ou moins en France, nous avons: - shônen: manga pour un public de jeunes garçons - seinen: manga pour un public de jeunes hommes - shôjo: manga pour un public de jeunes filles - yaoi: manga pour un public féminin mettant en scène des relations homosexuelles masculines. Le shônen ai n'est pas une catégorie en elle-même, mais signifie "amour entre garçons". Pour le reste, je ne peux que vous inviter à lire le long et insipide texte ci-dessus (ou à le faire lire par un pote qui vous fera un résumé mais dans ce cas, vous louperez les zolies images... ce serait dommage !!) Mais malgré toutes ces catégorisations surtout en vigueur au Japon, ce qui compte c'est qu'un manga vous plaise, quelque soit son style... Bonne lecture, gardez les yeux et l'esprit ouverts, soyez curieux...
Sources: Différents Kana From Japan du site Mangakana - Animeland, notamment le Hors-Série 5 sorti le 28/06/2003 - Différentes discussions sur différentes forums dont celui de Mangaverse - plus de 2 ans de surf intensif sur les sites mangas. Je ne peux que vous conseiller par exemple le site italien: http://www.shoujo-manga.net, assez incontournable niveau shôjo et qui possède également des liens vers des sites anglophones. Pour les mangas Kodansha, jetez un oeil au site officiel en anglais: http://www.kodanclub.com (plus de mise à jour depuis début 2002) Enfin, il ne faut pas oublier de citer Poupées, robots, la culture pop japonaise d'Alessandro Gomarasca (Editions Autrement - Collection Mutations) Et bien sûr, un gros gros merci à Hervb qui s'est chargé d'une première relecture et à HazuiTokage chargée de la seconde et qui m'a apporté de nombreux éclaircissements.



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