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Près de 1140 volumes sortis soit presque 400 de plus
qu'en 2004. 152 nouvelles séries, 43 one-shots ou recueils,
86 séries qui se terminent dont 26 d'entre elles commencées
dans l'année. Voilà des chiffres qui donnent un
peu le vertige. On l'avait dit, on le constate, 2005 aura été
une année d'excès. Le bilan suivant, que je vous
propose comme le regard d'une simple lectrice, vous en dira
plus...
| LES TOURNÉS MANGAS D'AUTEUR |
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| Les P'TITS JEUNES QUI EN VEULENT |
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| LES NOUVEAUX OU LES RETOURS |
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Quels précisions nécessaires sur des éditeurs
non mentionnés ci-dessus. Ne cherchez plus Muteki, l'éditeur
n'existe plus. Sa durée de vie aura été
courte (9 mois, de janvier à septembre 2004 pour 4 volumes
sortis...) et les séries alors éditées
(La plume de feu et Girls Saurus) évidemment
interrompues. La première victime du boom de sorties
?
Ne cherchez plus non plus Dybex... enfin, si vous le cherchiez
encore. Plus rien depuis juillet 2003 (malgré une promesse
faite en juin 2004), il ne faudra donc pas compter là-dessus
pour terminer Getter Robot Go (plus que 2 volumes...)
ou Golden boy...
Un cas un peu différent pour Atomic Club : en janvier
2002 était paru le premier volume de la nouvelle saison
de Princesse Vampire Miyu de Narumi Kakinouchi. Et il
semblerait que vers avril 2005,le second volume soit sorti...
mais dans combien de librairies ? Discret comme retour...
On se retrouve en tout cas avec près de 22 éditeurs
touchant de près ou de beaucoup plus loin aux mangas.
Et vous connaissez la meilleure ? D'autres vont arriver. Ainsi,
on nous annonce la sortie prochaine de mangas chez Bamboo et
Milan.
Dupuis aurait dû faire partir du voyage en 2005, ils avaient
déjà quelques titres dans leur catalogue mais
leur rachat par Dargaud (chez qui on trouve Kana) a quelque
peu changé la donne...
Mais où cela va-t-il s'arrêter ?
Car, déjà, l'année 2005 aura été
celle des records : plus d'éditeurs, plus de titres,
plus de volumes. Là où l'habitude était
à 5 sorties par mois, on en est maintenant à pas
loin de 10 par éditeur... et on imagine sans mal qu'ils
projettent d'atteindre les 15 sorties mensuelles. Tous sont
d'accord pour dire que trop de choses sortent mais aucun ne
semble vouloir alléger la charge (hormis exception).
Car le trop plein de titres, c'est toujours chez les concurrents
qu'il sort. Chaque éditeur est ainsi persuadé
(officiellement bien sûr) de sortir le meilleur et que
ce serait donc aux voisins de se calmer un peu...
Aucune raison donc dans ces conditions que les choses se calment
avant l'inévitable boom, le trop plein, le ras-le-bol...
qui amènera peut-être, comme il se dit ici et là,
aux rachats des plus petits par de plus gros : ainsi on a déjà
vu Delcourt détenir une grosse part de Tonkam et des
bruits de plus en plus récurrents courent sur divers
rachats. Un moyen comme un autre de faire baisser le nombre
d'éditeurs, ou en tout cas de calmer la concurrence.
Quel impact pour le lecteur ? Difficile à dire pour le
moment car interviennent aussi les éditeurs japonais,
de plus en plus sélectifs dans le choix de leurs partenaires
francophones. Ainsi, Shueisha refuse désormais de travailler
avec d'autres éditeurs que son petit panel (Delcourt,
Tonkam, Kana, Glénat, GC... bref les principaux) et Kodansha
ou Shogakukan ne semblent pas très ouverts non plus vers
les plus petits.
Restent alors les éditeurs comme Akita shôten,
Futabasha, Media Works, Shônen gahôsha ou Gentôsha
puisque même Square-Enix, qui refusait jusqu'à
l'année dernière à s'ouvrir au marché
francophone a choisi juste quelques éditeurs avec qui
travailler (comme Kurokawa). Il y a donc des éditeurs
pour qui cela va être très très dur...
Certes, l'offre se diversifie et en tant que lecteur, on ne
peut pas s'en plaindre. Certes, la sortie de daubes n'est pas
une nouveauté et on n'en sort certainement pas plus qu'avant,
proportionnellement parlant... sauf qu'on est désormais
passé de 40 sorties par mois à plus de 100. Donc
ce qu'on pouvait lire auparavant en ne le considérant
que comme sympa devient totalement dispensable aujourd'hui.
Finie la curiosité qui faisait commencer un titre comme
ça, pour découvrir : le lecteur doit désormais
savoir où il met les pattes. Pour autant, la communication
reste le facteur invalidant de la plupart des éditeurs.
Réactions des lecteurs, même acharnés, face
à cette quantité : on calme le jeu, on commence
à regarder autour de soi et à s'intéresser
un peu à autre chose. De toute façon, si on a
déjà 4 volumes de retard sur telle série,
on n'en est plus à ça près... Ainsi, le
lecteur qui d'habitude pouvait attendre le jour de sortie de
son manga préféré avec fébrilité
ne sera peut-être plus désormais devant sa librairie
préférée le jour J mais attendra quelques
jours... voire quelques semaines... ou quelques mois, ce qui
ne fait pas forcément les affaires d'un éditeur
se fiant aux premiers chiffres d'une série pour voir
son impact plutôt que d'attendre quelques mois d'installation.
Sans parler du lecteur débutant qui va avoir besoin de
reins solides pour s'attaquer à la découverte
de ce média dans le vent : face à la quantité
disponible sur les étagères des librairies, il
y a de quoi avoir le tournis et une forte envie de baisser les
bras...
Bref, peut-être est-ce, après les folies de ces
dernières années, le moment de la maturité
pour certains lecteurs : prise de recul, sélection
drastique des lectures, appréciation et non consommation
"vite acheté, vite lu, vite oublié"
paradoxalement à un nombre de sorties qui pousse justement
à une surconsommation abrutissante. Bref, découvrir
peut-être une nouvelle manière de lire et découvrir
le manga, une manière plus ouverte sur autre chose.
Et c'est peut-être la chose à retenir...
Bonne lecture 2006 |