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Près de 760 volumes sortis. 109 nouvelles séries
ainsi que 28 one-shots ou recueils. 37 séries terminées
dont 9 commencées dans l'année. Voilà les
chiffres qui résument l'année 2004 côté
manga. Une année qu'on aurait cru de tous les excès,
avec en tout cas des chiffres qui ne cessent de grimper... Et
pourtant, une année qui laisse plus une impression de
transition qu'autre chose. En détail...
Remarque: les couvertures qu'on trouve en illustration dans
les pages des éditeurs ci-dessous ne sont pas forcément
liées à l'éditeur lui-même mais ont
toujours un lien avec le texte en lui-même, il ne s'agit
aucunement d'une erreur...
| LES TOURNÉS MANGAS D'AUTEUR |
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| Les P'TITS JEUNES QUI EN VEULENT |
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Comme dit plus haut, si l'année a pu donner une impression
d'excès et de folie acheteuse du côté des
librairies (où il devient de plus en plus difficile de
tout mettre en rayon), on ne retrouve pas cet enthousiasme frénétique
qui devrait accompagner une grande année. Peut-être
parce que 2004 n'était effectivement qu'une transition:
si de petits éditeurs apparaissent, les plus gros ne
font qu'évoluer tranquillement, sentant le marché
changer mais sans peut-être vraiment savoir jusqu'où
ils peuvent aller, tâtant quelque peu le terrain.
Il est vrai que les choses changent. Voilà quelques années,
il était relativement facile de tout suivre, au moins
de tout connaître, de savoir tout ce qui sortait, un rapide
coup d'oeil dans les rayons suffisait à embrasser du
regard toutes les sorties du mois. Ainsi, on pouvait prendre
le temps de découvrir tel ou tel titre sans forcément
que l'éditeur n'ait mis en place une publicité
tapageuse ou simplement un peu mis en avant ses choix.
Mais désormais, c'est impossible. Il n'est pas rare qu'on
dépasse les 70 voire 80 sorties en un mois et bien évidemment,
certains titres à la couverture moins accrocheuse, à
l'exposition moins chanceuse, au mangaka moins connu partent
déjà avec plus de risques de passer totalement
inaperçus. S'il n'y a peut-être pas eu la casse
que l'on pouvait redouter, le clash entre un marché qui
grossit trop vite et un public qui ne peut pas tout découvrir
et préfèrera peut-être décrocher,
il n'en reste pas moins qu'on a déjà pu voir quelques
retombées: tels titres à la parution très
ralentie, tels autres dont on ne sait pas si on pourra lire
la suite, tels autres encore qui changent de couvertures pour
devenir plus attirants ou encore éditeurs qui tournent
de l'oeil et dont on ne connaît pas l'avenir...
Le risque de noyer le marché et de lui faire faire un
grand bond en arrière est toujours là même
si on peut imaginer que finalement, tout se fera petit à
petit, avec juste quelques casses ici et là. Mais il
faudra pour cela que le lectorat tout comme le milieu de l'édition
évoluent. Ce dernier en misant plus sur la communication,
arrêtant d'attendre que ce soit les lecteurs qui fassent
le premier pas vers eux. Et on sait parfaitement que du côté
des lecteurs, quand une rumeur court sur les mauvaises ventes
d'un titre, on aura beaucoup plus le réflexe d'arrêter
son achat pour éviter de risquer la déception
d'un arrêt, quitte à faire chuter les ventes encore
plus...
Et cette surenchère de titres, si elle apporte petit
à petit une véritable diversité de thèmes,
de traitement, risque surtout de pousser à la consommation
type fast-food: vite acheté, vite lu, vite consommé,
vite oublié, passons au suivant, comme des robots. Il
est vrai que c'est dans l'air du temps.
Mais là où la BD pourrait être un art mondial,
présentant les différences, les atouts, les points
de vue d'êtres humains à la culture si disparate,
elle risque surtout de ne devenir qu'un produit commercial de
plus, qu'on consomme sans en déguster la moindre saveur,
blasant le lecteur qui n'arrive alors plus à se divertir
ou à réfléchir. Là où la
diversité devrait être enrichissement et ouverture,
une surconsommation risque de conduire à l'ennui et au
désintérêt...
Mais ne boudons pas notre plaisir et ouvrons, découvrons
et dégustons avec curiosité et esprit critique,
faisant de la diversité l'occasion d'enrichir nos goûts...
Bonne lecture en 2005... |
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