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Après vous avoir fait découvrir
(en prépublication comme diront certains) le bilan manga
2003 par petites touches, pas forcément exhaustives,
tout au long du mois de décembre (dont vous pouvez retrouver
les textes
et les images),
voici le résultat final qui, comme l'année dernière,
se présentera par éditeur, listant les sorties
de l'année 2003, les nouveautés, les mangas terminés,
les projets lancés, abandonnés ou aboutis, les
prochains titres connus pour 2004 (et il y en a, beaucoup).
On peut commencer par des chiffres: 540 mangas (à quelques
oublis près) publiés en 2003 contre 377 en 2002.
On peut décomposer ça comme:
- 18 séries commencées avant 2003 et terminées
en cours d'année
- 81 séries commencées dont 14 one-shots (manga
en un volume) et les 2 rééditions Tonkam (RG
Veda et Tokyo babylon)
- 1 série arrêtée (par perte de droits chez
Dybex)
- apparition de 3 magazines de prépublication: shônen
- manhwa - shôjo
Petite note: je présente ce bilan en tant que simple
lectrice, je suis loin de connaître les rouages internes
de chaque éditeur, je ne fais donc que récapituler
les informations connues et parfois, donner un petit avis (succinct,
ceci restant un bilan informatif) de mon point de vue personnel...
On le remarque vite, cela fait déjà beaucoup,
beaucoup d'éditeurs.
Et ce n'est pas fini puisqu'on sait déjà qu'il
y aura également en février la naissance d'un
nouvel éditeur spécialisé dans le manga
d'héroïc-fantasy (terrain intéressant, certes,
mais ne serait-ce pas franchement trop restreint et limité
pour être viable vu le marché actuel ?), Ki-oon
avec son premier titre Element line.
Sans oublier IMHO
avec en premier lieu Cinderalla de Junko Mizuno pour
normalement mars 2004 (avec possibilité d'autres titres
de la mangaka par la suite), une sorte de remise au goût
du jour de Cendrillon mais sous acide. Leur objectif avoué
est de s'intéresser au côté trash et underground
de la production japonaise, avec des mangas d'horreur noirs
et violents pour adultes (mais le manga ne sera qu'une partie
de leurs sorties, jetez donc un oeil sur leur
interview sur Mangavore).
Pour terminer, on parle également de l'arrivée
d'un poids lourd de la BD franco-belge, c'est-à-dire
Dupuis qui ferait son entrée dans l'année,
ce qui n'a rien d'étonnant vu que le manga commence à
faire un chiffre assez significatif face aux autres types de
BD. Et qui sait si d'autres ne vont pas tenter l'aventure dans
l'année...
D'un côté, on est évidemment content du
fait que cela entraîne forcément une diversification
de titres et donc de choix, il est bien loin le temps où
on devait se contenter de son Video girl Ai ou de son
Dragon ball paumés au fin fond du coin le plus
miteux de la librairie. Maintenant, qu'on soit amateur de shônen,
shôjo, seinen, bientôt josei, de petites culottes,
de guerres apocalyptiques, de grandes romances, d'aventures
épiques, de scènes de vie quotidienne et j'en
passe, le choix devient chaque jour plus vaste.
Mais ne serait-ce pas trop ? Alors que l'on dépasse la
vingtaine d'éditeurs touchant plus ou moins au manga,
ne risque-t-on pas de saturer le marché, de saturer le
lecteur qui devant cette immense vague de titres préfèrera
peut-être se détourner que de faire le tri ? Ne
risque-t-on pas de voir les titres les moins vendeurs, c'est-à-dire
bien souvent les plus ambitieux, les plus originaux, se faire
écraser et piétiner, et donc retirer de la vente
ou en tout cas ne pas encourager les éditeurs à
en chercher d'autres du même acabit ?
Il y a quelques années, le marché était
assez vaste pour tous, les lecteurs étaient avides de
nouveautés, vu qu'ils n'avaient quasiment rien, ça
n'était pas allé sans casse avec les premiers
seinen de Glénat, arrivés trop tôt, mal
estimés, mal mis en avant, qui avaient fait reculer pendant
longtemps les éditeurs devant des risques mal calculés.
Mais maintenant, pour survivre, les éditeurs vont devoir
jouer des coudes et cela aura des conséquences... Même
s'il est vrai que certains éditeurs ont une politique
éditoriale précise qui leur permettra peut-être
de trouver leur public...
De plus, qui sait comment vont réagir les éditeurs
japonais devant ça. Peut-être vont-ils vouloir
mettre un peu d'ordre et reprendre les choses en main, comme
on le voit sur le marché de la vidéo où
les éditeurs japonais commencent à éditer
directement pour le marché français. Peut-être
vont-ils s'associer avec les plus gros éditeurs francophones,
ceux qui leur paraîtront les plus solides, conduisant
forcément à la mort les plus petits qui ne pourront
plus se procurer de titres dans leur catalogue. Peut-être
ces mêmes éditeurs japonais vont-ils même
vouloir préférer s'attacher les services d'éditeurs
européens, afin de réduire les risques, comme
on peut le voir avec Coamix et Génération comics
pour le catalogue des Tsukasa Hôjo.
A moins que... à moins que le marché finisse simplement
par se stabiliser, que chaque éditeur qui tient la route
trouve sa place et son public, que tous les genres les plus
importants soient représentés par une myriade
de titres (de qualité évidemment variable), avec
bien sûr un peu de casse ici et là...
Que d'hypothèses possibles, de la plus optimiste à
la plus pessimiste mais dans notre monde où prime la
rentabilité à court terme, ce n'est pas souvent
la première qui gagne...
Tout ça pour dire que 2004 risque d'être une année
assez mouvementée, apportant la stabilisation pour les
uns tandis que les autres devront fournir la preuve qu'ils ont
des raisons, et les moyens, d'exister... N'empêche que
ça laisse à nous, lecteurs, une belle occasion
de découvrir une multitude de styles différents,
ne nous en privons pas... |
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