Paprika est signé Satoshi Kon, le réalisateur de Perfect blue, Millenium Actress et Tokyo godfathers.
En outre, il me semble que l'oeuvre originale est signée Yasutaka Tsutsui, auteur de science-fiction également à l'origine de La Traversée du temps. Je vois d'ailleurs dans le générique que Tsutsui, tout comme Satoshi Kon, ont prêté leur voix à deux des personnages du film.
Un petit résumé pour commencer ? Pas évident tant l'oeuvre est dense et foisonnante.
D'ici quelques années, une nouvelle technique psychothérapeuthique aura été mise au point, basée sur les rêves. Ainsi grâce à une machine, le DC Mini, le thérapeute peut entrer dans le rêve de ses patients, les enregistrer, les partager et donc mieux les sonder, les analyser. Une technique géniale dans le monde des Bisounours où tout le monde il est gentil, mais forcément nettement moins dans le monde des humains. La preuve ? Trois DC Mini disparaissent alors que la technique est encore en phase de test. Qui sait ce qu'il se passerait s'ils tombaient entre de mauvaises mains ? Le Dr Atsuko Chiba se met en chasse du voleur, secondé par le génial inventeur de la machine, le Dr Takito... sans oublier Paprika, l'alter ego onirique d'Atsuko.
Qui dit Satoshi Kon dit souvent oeuvre très complexe pas forcément évidente à suivre. Si Paprika joue fortement la carte de l'hallucination, de la manipulation, du flou entre le rêve et la réalité, le scénario n'en est pas moins fluide et relativement aisé à suivre, la narration rythmée et entraînante, sans aucun temps mort, nous permettant toujours de suivre. La frontière entre rêve et réalité est évidemment brouillée mais jamais trop pour nous perdre ou nous faire lâcher en cours de route. Le côté onirique est même totalement fou et sans limite, donnant un grand sentiment de liberté jubilatoire.
Je n'ai pu m'empêcher de penser aux adaptations de Ghost in the shell par Mamoru Oshii : même univers ultra coloré, même personnages féminins forts, et évidemment ce flou sur la limite entre réalité et autre monde, entre conscience et inconscience (sans oublier les poupées au visage si lisse). Si ces projets se veulent toujours assez ambitieux, ils tiennent toutes leurs promesses sans décevoir.
La seule réserve que j'émettrais concernant Paprika serait sur l'histoire secondaire du commissaire Konakawa, utile de par ses implications mais au développement quelque peu superficiel. Mais cela mériterait sans doute un second visionnage tant l'oeuvre est dense.
Côté musique, j'avais déjà pu écouter et apprécier la BO signée Susumu Hirasawa (qui avait déjà fait la musique de Paranoid Agent et Millenium Actress). L'entendre associée au film lui donne encore plus de punch, s'intégrant parfaitement avec les images, donnant toujours le rythme, accentuant ce côté complètement fou et tordu, décomplexé et faste, faisant monter la tension dans les moments de course-poursuites qu'on ne manque évidemment pas de trouver dans un thriller psychologique comme Paprika. On notera que la BO est d'ailleurs sortie en France chez ULM, c'est suffisamment rare pour être signalé...
L'animation n'est bien sûr pas en reste, très fluide, techniquement superbe, avec toujours un dessin très fin et élégant. Le focus est plus mis sur l'histoire et la narration que sur les personnages mais ceux-ci ne donnent pas non plus une impression de coquille vide, mention évidemment spéciale à Paprika qui fait sacrément rêver quand elle passe d'un univers à un autre. N'oublions pas non plus les quelques notes d'humour, assez rares mais tombant toujours au bon moment, sans alourdir ou affadir le récit. Cela lui évite d'autant plus de paraître trop sérieux ou austère, l'auto-dérision étant même plutôt bien présente.
Bref, c'est beau, c'est fou, ça part dans tous les sens en sachant toujours où ça va, sans nous perdre en route... Que demander de plus ?
L'édition DVD de juin 2007 n'existe qu'en une version, la collector, contenant deux DVD, l'un avec le film, le second avec des reportages s'intéressant à la création du film, notamment au travers d'interviews de Satoshi Kon et Yasutaka Tsutsui. Des bonus plutôt intéressants pour découvrir la génèse du film.
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Le Dr Atsuko Chiba, toujours aussi sérieuse...

Ca, c'est ce qu'on appelle un rêve haut en couleurs !

Le DC Mini en pleine fabrication

Une séance pas comme les autres...

Devinez lequel des deux est le commissaire Konakawa...
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