Brave Story est un long métrage signé Kôichi Chigira, qui a entre autre réalisé la série Last Exile (qu'on a pu découvrir sur France 4) . Mêmes producteurs qu'Origine, diffusé durant le Festival 2006, j'ai un peu peur de me retrouver face au même type de produit. C'est à peu près le cas d'ailleurs, avec quelques mauvais points en moins tout de même (genre, le héros ne gueule pas "TOOOOOOOLA" pendant 30 mn du film sans s'arrêter)...
A la base, Brave Story est un roman de Miyuki Miyabe, déjà adapté en manga chez l'éditeur japonais Coamix. Pas sûr que le film donne très très envie de découvrir le manga mais j'imagine qu'il est forcément plus développé (le fait de l'avoir vu en VOSTA n'aide peut-être pas non plus)...
Wataru est un jeune garçon tout ce qu'il y a de plus ordinaire, pas très courageux, ni très fort ni très intelligent, bref le garçon lambda. Avec son meilleur ami, il s'amuse, disons plutôt qu'il s'est laissé entraîner, à se faire peur dans un immeuble en construction qu'on dit hanté. En fait de fantôme, c'est un étrange garçon de son âge que Wataru rencontre, garçon qui disparaît près d'un mystérieux escalier flottant menant à une énorme porte...
Le lendemain, Wataru retrouve le garçon en question, nouvel élève dans son école, se faisant vite de très bons ennemis de par son caractère renfermé et un peu sombre. Bien que curieux, Wataru aura vite d'autres soucis en tête : ses parents se séparent, son père rejoignant sa maîtresse, et Wataru retrouve sa mère inanimée, plongée dans le coma. Le jeune gaçon se souvient alors des paroles du nouveau, Mitsuru Ashikawa, parlant de pouvoir réaliser un souhait derrière la mystérieuse porte... Il n'en faut guère plus pour Wataru pour qu'il passe la porte en question, se retrouvant alors dans un nouveau monde, Vision. S'il souhaite rencontrer la Déesse qui pourra réaliser son voeu, il va devoir affronter diverses épreuves et gagner 5 gemmes. Mais son camarade Mitsuru a déjà commencé sa quête en tant que magicien et ne reculera devant rien pour obtenir ce qu'il souhaite par dessus tout, quitte à tout détruire. Quelle voie choisira Wataru ?
Vous trouvez le résumé bateau ? C'est normal, il l'est. Ne cherchez de l'originalité ni dans les personnages, ni dans le scénario, ni dans l'animation, ma foi pas désagréable et avec de jolies scènes 3D pas trop mal fichues mais c'est tout.
Côté personnages, Wataru est le cliché typique du héros bien neutre pour qu'il parle au plus grand nombre: pas futé, pas trop courageux, pas bien fort, incapable de maîtriser le moindre sort ou la moindre astuce là où son copain Mitsuru (on nous les dit copains comme cochons alors qu'ils se sont à peine adressé trois mots mais bon...) peut dézinguer n'importe qui en deux coups de baguette. Il n'y a qu'à voir les gadgets que se trimballe ce pauvre Wataru, une épée qui fait airbag et planche de surf, voilà qui fait un peu miteux. Surtout quand au final, Wataru ne s'en sert jamais volontairement, se laissant simplement balader à droite à gauche, subissant sans jamais prendre la moindre décision. Classique du héros, ça, il n'en fout pas une, laissant les seconds couteaux se taper tout le boulot pendant qu'il chouine ou fait bouger ses trois neurones parce que lui, il veut sauver ses amis ! Mais si lui ne brille pas, les autres personnages ne risquent pas de lui faire trop d'ombre : bien que potentiellement intéressants, ils n'en restent qu'à des rôles de faire-valoir, jamais développés alors qu'ils possèdent d'office une personnalité bien marquée (même si classique et même un rien cliché).
Si le film dure presque deux heures, la narration perd tout de même des morceaux en route, ne développant jamais les intrigues, les personnages, restant en surface, nous baladant à droite à gauche sans vraiment nous expliquer où on est, ce qu'on fait là. Ainsi, d'un coup, on nous sort une guerre mais on ne sait rien des belligérants (pas grave, la guerre en question sera oubliée 10mn plus tard), on nous parle souvent d'Empereur, on n'en voit jamais l'ombre. Wataru doit récupérer ses gemmes, ce qui lui prend 30mn là où Mitsuru, pourtant largement plus capable que lui, semble galérer depuis des mois là-dessus. Wataru se retrouve donc avec ses 5 gemmes on ne sait comment, verse encore quelques larmes et comprend enfin ce qu'on voyait déjà venir gros comme un 38T depuis 1h40 : il faut affronter les épreuves de la vie sans attendre que ce soit une Déesse, le facteur ou la boulangère qui s'en occupent pour soi, et sacrifier les autres pour son petit bonheur personnel, c'est maaaaaaaaaaal ! Trop fort, mec...
Bref... Ca se laisse regarder, c'est sûr mais le niveau n'est tout de même pas très élevé. Disons que c'est à réserver à un jeune public pas trop exigeant. Ca manque d'un vrai souffle d'aventure, ça manque de personnages travaillés et attachants, ça manque de scénario sachant gérer tous les éléments plutôt que d'en touiller des dizaines pour en oublier les 2/3 avant la fin... Voilà un produit très calibré qui ne prend aucun risque, donc divertissant mais un peu fadasse, avec tout de même quelques timides notes d'humour...
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Wataru, son petit-déjeuner et sa mère... devinez où est qui ?

Wataru atterrit dans Vision, le monde des poussins multicolores !!

Mais aussi le monde des loups avec une tête bizarre...

L'expression classique de Wataru : ahuri...

La troupe des Highlanders en route vers... euh...

TOOOOOOOOLA !
Ah non, c'est pas le bon anime... |
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