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Ma première séance est à 10h30 et concerne le long métrage Chasseurs de dragons. Ca me tente bien mais d'un autre côté, j'ai l'impression de n'avoir fait que courir d'une projection à une autre, pourquoi donc ne pas prendre le temps de voir un peu autre chose ? Je pars donc vers 10h dans un bus bondé de lycéens, ça caille très très fortement malgré le soleil, je me prends un chocolat chaud à emporter et en route pour le Musée-Château voir l'exposition consacrée à Emile Cohl.



Emile Cohl... Voilà un nom qui me dit très vaguement quelque chose mais quoi... Cette belle expo va répondre à mes interrogations.

En fait, on célèbre cette année le centenaire du cinéma d'animation... déjà célébré en 1992 mais il ne s'agissait pas complètement d'animation, en tout cas pas de la même. Car c'est en 1908 qu'Emile Cohl, alors âgé de 51 ans, a réalisé le tout premier dessin animé en utilisant une caméra et la technique de l'image par image. Il s'agissait alors de Fantasmagorie, diffusé d'ailleurs dès le début de l'expo. Impressionnant ! Quand on se dit que ça a 100 ans et que ça reste toujours aussi efficace... Toute l'essence même du cinéma d'animation est là.

Cette expo est en tout cas très complète, avec déjà trois grandes salles dans une partie du château entièrement consacrées au travail d'Emile Cohl et de ses contemporains. On apprend ainsi qu'il est né en 1857 et qu'il a eu de nombreuses activités avant de se lancer dans l'animation : caricaturiste, journaliste qui collabora avec plus d'une centaine de revues, goûtant aussi aux joies du théâtre, passionné de jeux, de généalogie et de plans, photographe, adepte de la pêche à la ligne... Il a eu de quoi s'occuper et surtout de nourrir tout ce qui par la suite donnera son cinéma d'animation, avec son personnage favori Fantoche. Eh oui, trente avant les débuts d'une certaine souris de l'autre côté de l'Atlantique, un personnage animé était né. Même si au final, Emile Cohl sera mort, en 1938, totalement oublié de ses contemporains.

Cette expo est l'occasion d'admirer de nombreux photos, dessins, des caméras, mais surtout la reconstitution d'un banc-titre, inventé par Emile Cohl et toujours utilisé aujourd'hui pour toute animation image par image, en plus moderne, bien sûr mais avec toujours le même principe : une table très éclairée, surplombée d'une caméra capable de prendre des photos par une commande à distance. Ici, on peut même s'en servir pour créer son propre dessin animé...

On découvre aussi dans une autre salle, divers hommages directs au travail d'Emile Cohl, par des animateurs d'aujourd'hui comme Bill Plympton.
Enfin, une salle vraiment impressionnante propose la diffusion sur les murs de divers travaux de Cohl ainsi que des liens directs avec des travaux que l'on connaît, comme les Shadock ou La Linea.

Bref, cette très complète expo est vraiment l'occasion d'apprendre qui était Emile Cohl, en quoi il a apporté au cinéma d'animation tel qu'on le connaît aujourd'hui. Un bel hommage, vivant et instructif...

A noter que l'expo s'est ouverte le 9 juin et qu'elle se terminera le 31 octobre 2008.


L'entrée de l'expo


La présentation l'expo


Château côté Est


Château côté Ouest



Après un rapide repas, nous voilà partis vers la grande salle de Bonlieu pour la dernière séance des courts métrages. Il faut savoir qu'à chaque séance dans cette salle, une voix nous souhaite la bienvenue au début de chaque programme, nous présente la séance et nous invite à éteindre appareils photo, PC et portables. Mais voilà que la voix habituelle est ici remplacée par celles de Marge et Homer Simpson, nous invitant à leur manière à suivre les mêmes règles... La salle est hilare et ravie et le fait bien comprendre !

Alors que donne cette séance ? Reconnaissons que les premiers courts ne sont pas follement passionnants.
Oh, pitié ! Enfin, le pire reste quand même Kizi Mizi, un court polonais de 20mn qui s'avère rapidement vraiment mauvais, mal dessiné, mal animé (avec constamment les mêmes images en boucle...) avec une histoire indigente. La salle fait d'ailleurs vite comprendre son ennui le plus profond, en bavardant, applaudissant à chaque écran noir, huant même parfois... Le pire étant qu'une fois le générique de fin passé, l'histoire se poursuit... Il a dû être drôlement content d'être présent dans la salle, le réalisateur !

Le court suivant, On the Edge d'Artem Sukharev et Nikita Ratnikov (Ukraine - 6mn20), est totalement barré, nous montrant un patineur artistique bien kitsch qui se vautre sur la glace et voit son avenir défiler devant ses yeux... Un avenir de routier croisant un renne... Enfin, une histoire complètement absurde et foldingue, dont on ne sait pas trop si elle est à prendre au premier ou dixième degré...

Je parlerai ensuite d'Attack of Higashi 2-Chome de Shinji Kimura (Japon - 1mn), qui est d'ailleurs le dessinateur d'Hipira sorti en 2007 chez Casterman. Il nous propose d'assister à l'attaque de Tokyo par de méchants aliens... Mais à cause d'une baisse du budget alloué au court, le tout ne sera pas en 3D super classe comme dans les premières secondes mais en bricolage un peu casse-gueule. C'est court mais vraiment drôle et bien déjanté, voilà qui me réconcilie avec la séance.

Je passerai sur Shaman, intéressant mais utilisant un style devenant vite fouilli et incompréhensible, on ne voit rien à ce qui se déroule... pour m'attarder plutôt sur Operator de Matthew Walker (Grande-Bretagne - 1mn50) où un homme demande aux renseignements téléphoniques de le mettre en contact avec un personnage bien important à qui il doit poser une question fondamentale... Bien trouvé et drôle, tout simplement.

Paradise de Jesse Rosensweet (Canada - 8mn) est lui aussi très bien trouvé, mettant en scène des marionnettes qui font forcément tous les jours les mêmes mouvements, la même chose puisque c'est par un support fixé au sol qu'elles bougent. Difficile à expliquer mais le résultat est vraiment intéressant et bourré d'imagination.

Enfin, je terminerai avec Skhizein de Jérémy Clapin (France - 13mn40). J'avais déjà vu le précédent court de cet auteur lors du Festival 2005, Une histoire vertébrale, très touchant et juste. Qu'allait-il donc nous réserver cette fois-ci ? Eh bien, on rencontre Henri qui a eu le malheur de croiser la trajectoire d'une météorite de 150 tonnes. Pas de dégât ? Un peu, si, puisque voilà qu'Henri vit maintenant à 91cm de lui-même. Tous ses gestes du quotidien deviennent donc bien compliqués puisqu'il doit tout décaler de 91cm. Sur une idée a priori farfelue, Clapin parvient à faire rire et à émouvoir sans bsoin de grands effets, avec énormément de simplicité, aidé en cela par la voix de l'acteur Julien Boisselier. Cela donne quelque chose de vraiment original et touchant.

Voilà comment se termine ma dernière séance de courts, plutôt agréable. Mais il me faut maintenant affronter la foule qui m'attend à coup sûr pour la suite et fin de ce Festival...


Attack of Higashi 2-Chome


Shaman


Operator


Paradise


Skhizein

Voici une petite visite de l'expo "Simpson Le film" installée dans le couloir de Bonlieu.

Une première vue de l'expo Simpson... ... et une seconde vue.



Me voilà prête pour ma dernière séance de cette 32ème édition, déjà bien riche. Il va s'agir d'une rencontre avec Matt Groening, le créateur des Simpson, et David Silverman, réalisateur du film de la famille jaune. Inutile de dire que la salle va sans doute être très très remplie... A peine sortie de la séance précédente, je file me chercher un casque de traduction et pars faire la queue à l'entrée 1 de la Grande Salle : autant être le plus près possible de la scène pour mieux voir les deux intervenants. Il est alors 15h50 et la longue attente commence... Nous devons être 500 à poireauter dans un espace plutôt restreint et ça dure, ça dure... Enfin, vers 16h20, les portes s'ouvrent enfin et on avance à pas de fourmis vers l'entrée. Vite, vite, je file au troisième rang, me voilà bien placée, à côté d'une grande fan semble-t-il puisqu'elle porte un T-shirt Simpson ainsi qu'une peluche de Bart.

Serge Bromberg fait son entrée sous un tonnerre d'applaudissements - étrange, je l'ai à peine vu cette année, il devait être bien occupé ailleurs - mais me laisse perplexe en disant de suite qu'il faut éviter photos et vidéos... Hein ? Mais pourquoi ? Je ne compte pas filmer les projections mais bon, avoir Matt Groening en face de soi, ça mérite quand même quelque chose ! Mais voilà déjà que deux voix bien familières se font entendre : eh oui, Philippe Peythieu alias Homer et Véronique Augereau alias Marge viennent de faire leur entrée sur scène ! J'espèrais bien les apercevoir à cette occasion.

Philippe Peythieu en plein show... ... oui mais bon faut partir là, monsieur !

Ils sont évidemment là pour annoncer l'arrivée des vedettes de la séance, Matt Groening et David Silverman qui font donc leur entrée sous un tonnerre d'applaudissements et même une standing ovation. Ils tentent quelques mots en français, Groening nous proposant même une superbe prestation de doublage de Maggie Simpson et c'est donc parti pour 1h30 de Simpson.

Matt Groening se présente

Les deux compères enchaînent donc entre passages d'extraits de la série, anecdotes, explications sur leur travail, etc. On peut même voir les toutes premières images des débuts de la série, avec un design tout de même bien différent de celui qu'on connaît aujourd'hui. Très vite, j'abandonne le casque de traduction, je ne comprends rien à ce qu'il tente de traduire, je comprends mieux en écoutant Groening et Silverman parler.

Matt Groening en plein speech

Pas de révélation mais beaucoup d'humour dans les interventions, sans compter bien sûr les nombreux extraits (en VO bien sûr), avec notamment les parties d'hommage à certains classiques de l'animation par Itchy et Scratchy, des hommages forcément sanglants, mais aussi des guest-stars comme par exemple les White Stripes face à Bart.
On a également droit à un florilège des génériques (la partie où ils se posent sur le canapé, à chaque épisode différente) dont certains sont tout simplement hilarants (la salle a beaucoup réagi à la version Sailor Moon et sentaï).
Groening nous explique également d'où vient la couleur jaune : le rose, ça n'allait vraiment pas et le jaune, suggéré par un coloriste de la série, a l'avantage d'aller aussi bien pour la peau que pour les cheveux, en fait Bart, Lisa et Maggie sont blonds de la tête aux pieds !
Le "Doh !" d'Homer trouve aussi son explication dales vieux films de Laurel et Hardy.
Enfin, dans un des extraits, on voit Maggie mettre une fourchette dans une prise électrique et adorer se faire électrocuter. Une séquence passée une seule fois à la TV américaine vu que les dirigeants de la Fox leur ont dit "non, ça, on ne peut pas le montrer"... Ils ne passent donc plus la séquence que dans les Festivals et Groening nous explique bien que, non, il ne faut pas mettre de fourchette dans les prises électriques ! Il en profite d'ailleurs pour nous lire la liste des choses à ne pas montrer selon la Fox, genre que Bart braque un flingue sur le lapin de Pâques, même en rêve... Liste qu'ils n'ont jamais suivie : que seraient les Simpson sans les stupidités d'Homer et Bart ?

La séance est bien rythmée, alternant speech des deux créateurs et extraits, sans temps mort, avec même une petite salve de questions-réponses à la fin. Pas facile de lever le doigt pour causer à Matt Groening !

Hélas, il est déjà 18h et une autre séance doit avoir lieu dans la même salle, tout se termine donc bien vite.
Je file avec Herbv du côté de la librairie 9ème quaie où il a quelques affaires à règler. Mais c'est quoi tout ce monde devant ? Une bonne trentaine de personnes attendent sagement...
On entre, j'entends un enfant dire à un de ses copains "Ah ouais, c'est elle ?"... Mais de qui il parle ? Je vois enfin au fond de la boutique Philippe Peythieu et Véronique Augereau en interview devant un fond très Simpson, donnant de la voix à qui en veut, faisant même quelques enregistrements téléphoniques. Ils vont bientôt sortir pour signer de nombreux autographes, devant de grands plats de Donuts tout frais - forcément - mais on ne traîne pas, trop de monde de toute façon...

Voilà, le Festival 2008 est fini pour moi. Plus qu'à attendre le Palmarès. Je suis en tout cas très satisfaite de ma semaine. Même le temps a été (presque) clément !