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  Grande Salle Petite salle Décavision 1 Décavision 2 Décavision 3&4 Salle Pierre Lamy Novel La Turbine
10h30 Long métrage 9 Les trois brigands Films de fin d'études 2 Long métrage 8 Piano no mori     Inde : films courts    
14h Le meilleur de Zbig Le grand sommeil Films de
télévision 1
Films de fin détudes 5 Long métrage 3 Nocturna Politiquement incorrect Films de
télévision 3
L'animation citoyenne
16h Les vies secrètes de Barry Purves Inde : les films publicitaires Films de commande Pappé, magicien de l'insolite Long métrage 9 Evangelion Spike & Mike Liong métrage 7 Idiots & Angels Films de
télévision 4
18h Long métrage 1 Sita Sings the Blues Courts métrages 1 Long métrage 1 Return of Hanuman Inde : les films d'étudiants Long métrage 4 Hokuto no Ken Long métrage 8 Zhang Ga ! What's up Tex Long métrage 5 Lucky Luke
21h Cérémonie d'ouverture : Valse avec Bachir Films de télévision 5 Supinfocom, 20 ans déjà ! Inde : Saris & patchouli ! Long métrage 2 Peur(s) du noir Films de fin d'études 3 Long métrage 6 Chasseurs de dragons Long métrage 4 Appleseed : Ex machina
23h Film de
fin d'études 1
Spicy Animation            

Programmes en compétition Thème
"Inde"
Avant-première

Lundi 9 juin, 9h, je prends mon bus pour entamer ma première journée de Festival. Ça va, le soleil est assez présent, il fait doux, on va peut-être enfin goûter à une journée sans pluie... Après un rapide petit déjeuner, il me reste 40mn avant ma première séance. Largement de quoi me balader dans l'allée centrale du centre Courier pour regarder l'expo consacrée aux 10 ans de Gebeka Films, distributeur et coproducteur de films comme : U, Kirikou, Mia et le Migou, etc.

Les personnages de Mia et le Migou
ne passent pas inaperçus...
Le film, en avant-première mercredi au Festival,
est bien présent
La partie consacrée à Nocturna,
en comptétition cette année...
Un personnage de Nocturna
On reconnaît forcément Kirikou... Les ateliers attendent... Toujours Mia et le Migou en vedette De plus près...

À 10h, me voilà devant l'entrée du complexe Décavision qui réserve cette année quatre salles aux projections du Festival. Les portes s'ouvrent tout juste et ayant déjà ma contremarque pour ma séance, je suis la troisième dans la file d'attente... et donc la troisième dans la salle 1 ou j'ai le choix parmi 400 et quelques places. Il y a de quoi se faire plaisir... La salle se remplit petit à petit et deux étudiants devant moi mettent déjà l'ambiance en lançant le premier concours d'avions en papier de la semaine. Note pour les amateurs : ce sont les feuilles A3 qui donnent les meilleures résultats !
Vers 10h45, les lumières s'éteignent après nous avoir arraché les oreilles pendant les 5mn de tests sonores et on découvre la bande-annonce de cette 32ème édition qui nous accompagnera durant chaque séance de la semaine. Elle met en scène les personnages de la série Mandarine & Cow diffusée sur France 3 (et que je découvre par la même occasion), chantant littéralement les noms de tous les partenaires du Festival tout en rendant un petit hommage à l'Inde, pays invité de l'année. Cerise sur le gâteau, la dernière parole "Mais où est le lapin ?". Eh oui, pas encore de lapin cette année, il va finir par se faire oublier...
Le court des Gobelins du jour, Supertromp, mettant en scène un jeune garçon et son éléphant un peu spécial, est également très sympathique, lui aussi offrant sa touche indienne. Comme j'ai entendu une étudiante dire à sa copine hier "Quand tu vas voir les courts des Gobelins, tu vas pleurer tellement tu vas te sentir minable"...



Très sympathique Ma première séance est donc consacrée à Piano no mori de Masayuki Kojima, adapté du manga du même nom de Makoto Isshiki (inédit en France).

Un petit résumé pour commencer...
Shuhei, un enfant d'une dizaine d'années venu d'une famille plutôt aisée de Tôkyô, vient s'installer pour quelques semaines chez sa grand-mère en province. Il fait du piano depuis ses quatre ans et ambitionne de devenir pianiste profesionnel. Ou plutôt disons qu'il n'a guère le choix puisque son père est lui-même un grand pianiste et qu'il est donc de son devoir, aux yeux de tous, d'en faire de même. En arrivant dans sa nouvelle ville, il passe à côté d'une immense forêt dont semblent venir quelques notes de piano. Etrange... Mais le voici déjà dans sa nouvelle classe où sa présentation maladroite de futur pianiste a le don d'agacer ses nouveaux camarades qui le mettent alors au défi d'aller jouer du mystérieux piano perdu dans la forêt, un piano qu'on dit détraqué et dont il ne sortirait aucune note. Voilà alors que le jeune Kai se mêle à la conversation en affirmant bien haut que ce piano est le sien et qu'il fonctionne très bien. Unis par le piano pour des motivations différentes, les deux jeunes garçons deviennent vite amis alors que Kai montre à Shuhei ce fameux instrument dont lui seul peut jouer...

On retouve donc l'habituel duo si dissemblable : le riche sage et travailleur qui ne s'est jamais posé de question sur son avenir tout tracé qu'il n'a pas choisi et qu'il rique de finir par détester et le sans-le-sou espiègle, bagarreur et talentueux détestant la rigueur ennuyeuse des leçons et inconscient de son propre génie.
Mais ce duo marche bien avec une mention spéciale évidemment pour Kai, très attachant notamment dans sa manière d'appréhender le piano, non pas comme une obligation lourde à porter comme pour Shuhei mais comme une part entière de sa vie, son soutien dans un parcours difficile, un jeu, une source de bonheur et de sérénité qui n'appartient qu'à lui. Shuhei n'est tout de même pas en reste : s'il aurait été facile de faire de lui le rival un peu aigri des résultats de son nouvel ami, il parvient tout de même à prendre les choses d'un autre côté moins antipathique. Après tout, son talent et son travail restent dans le consensuel attendu par ses pairs, à lui au fur et à mesure qu'il mûrit d'apprendre à aimer ce qu'il fait histoire de ne pas se pourrir définitivement la vie. Les deux garçons apprennent donc l'un de l'autre, devant remettre en question leurs buts et motivation, savoir jusqu'où aller, jusqu'où s'engager tout en parvenant à rester aux-mêmes.

Le dessin est classique, la narration manque parfois un peu de punch, le rythme est parfois un peu mou, du moins au début, mais dès que Kai commence à se prendre véritablement au jeu, notamment par l'entremise du professeur Asano, on passe vraiment un agréable moment, de par sa personalité entière et drôle. Certes cela manque parfois un peu de personnalité, on sent bien qu'on est là dans la simple adaptation d'un manga sans réel parti pris de la part du réalisateur, certains transitions sont un peu tranchantes, il y a nombre d'invraisemblances que le film assume néanmoins sans problème, en gardant sa propre logique et l'ensemble n'est jamais niais, mièvre ou énervant, les personnages son attachants et on a même droit à des scènes franchement drôles qui permettent d'allèger des moments qui auraient pu s'avérer lourds ou un peu trop tendus. Et puis, c'est aussi un moyen de découvrir la musique classique sans le côté rasoir qu'on lui associe si facilement... Enfin, les Japonais ont semble-t-il le chic pour rendre leurs forêts incroyablement attirantes par leur sérénité et leur force (regardez Miyazaki). Là encore, on n'a qu'une envie : y aller pour se ressourcer...
A noter que j'ai passé tout le film à me dire que Kai devait être une fille, notamment par ses longs cils typiquement féminins. J'ai attendu pendant 1h40 le moment où un personnage s'exclamerait "ah mais au fait, c'est une fille" et à entendre d'autres spectateurs, je n'étais pas la seule...


Le mystérieux piano de la forêt s'est éveillé...


Kai montre son endroit bien à lui à son nouvel ami


La magie opère, sans partition ni fausse note...


Est-ce vraiment si confortable ?



Il est 12h20 quand je sors et j'ai le temps de mon sandwich du midi pour me décider pour la suite. J'hésite entre les films de fin d'études 5, pour lesquelles j'ai ma contremarque, ou la séance du politiquement incorrect où seul mon badge suffit. Je fais un petit tour du côté de Bonlieu pour passer le temps - il n'est que 13h - et passe devant la salle Pierre Lamy où sera diffusé le deuxième programme de mon dilemme. Bon allez, j'en reste aux films de fin d'études, je n'en ai jamais vus et la salle Pierre Lamy me fait frémir quand remontent les souvenirs de précédentes séances dans cette salle. J'aurai normalement l'occasion de la tester demain, je garde la surprise...

Me voilà à refaire la queue à Décavision pour cette fois-ci la salle 2, plus petite. En laissant traîner mes oreilles, j'entends une voisine se plaindre des soucis d'organisation de cette édition, ayant semble-t-il galéré pour tout. Il faut reconnaître, à ce que j'ai comprendre, que laisser de malheureux bénévoles sans aucune indication se débrouiller au service tendu de la réservation des contremarques n'est peut-être pas le meilleur moyen de permettre aux festivaliers d'être renseignés correctement.
De même, cette séance est censée accueillir les membres du Jury Junior (huit jeunes entre 9 et 15 ans, annéciens et indiens, qui ont aussi leurs prix à décerner) ce dont personne ne semble au courant... Et vu la manière assez foireuse dont s'est déroulée la séance, j'espère qu'ils ne voulaient pas prendre de notes... Courts qui plantent au démarrage, musique tonitruante - on était plusieurs à se boucher les oreilles - bug informatique, pas de lumière entre chaque film pour prendre des notes et voir où on en est... La totale.

Bon, ces films de fin d'études... Comme toujours, du bon et du... moins bon. Voir du limite supportable. Certains ne semblent que vouloir étaler leurs connaissances techniques quand d'autres se plantent quelque peu en voulant faire passer quelque chose, sans compter les films en anglais non sous-titrés (ou alors en espagnol...). J'en resterai donc aux plus mémorables pour ne pas garder en mémoire les plus - disons le clairement - chiants.

Sympa Haaf and me d'Oliver Aemisegger (Suisse - 3mn23) raconte le voyage de l'auteur avec son personnage animé à Pékin. Cela mélange donc des prises de vue réelles et un personnage en 2D découpé. L'idée est simple mais sympathique, le résultat intéressant mais à la limite du visuellement supportable à force de mouvements un peu trop saccadés pour moi...

bien trouvé ! Red Rabbit d'Egmont Mayer (Allemagne - 8mn) ets la première véritable agréable surprise du programme. Un homme héberge chez lui un lapin qui a la particularité de faire 2m de haut. Les appartements n'étant guère conçus pour ça, l'homme rame comme un malade pour s'en occuper sans éveiller les soupsons, y compris de cette charmante voisine qu'il semble beaucoup intéresser... Le tout était en 3D, classique mais agréable, le rythme était bien là, l'histoire bien trouvée et la chute amusante et inattendue. Très sympa.

Mignon Tôt ou tard de Jadwiga Kowalska (Suisse - 5mn) nous fait rencontrer un écureuil malicieux et une chause-souris solitaire. L'un vit le jour, l'autre la nuit, leur rencontre est donc improbable. A moins que... Mêlant dessin sur papier et éléments découpés, le style faisait très simple mais astucieux et le tout était vraiment joli et mignon sans être pour autant mièvre ou neuneu.

Tordant ! Eskimo d'Alexandre Louvenaz, Yannick Moulin, Alexis Artaud, Romain Teyssonneyre, Maxime Dalbois (France - 13mn52). Du monde pour un si petit court... mais vraiment bien trouvé, simplement rélisé en 3D, avec quatre petits esquimaux bien tranquilles à pêcher. En fait, après ça, vous ne mangerez plus jamais une glace comme avant...

Pas mal du tout... Crooked de Tali Gal-on (Australie - 1mn05), avec un simple dessin sur papier où une vieille dame tente de redresser un petit arbre... La chute est là aussi plutôt amusante et bien trouvée. Rien de révolutionnaire mais agréable quand on se tape plein de courts plus sinistres ou laids les uns que les autres.

Sympa comme tout Finissons avec Forbidden Fruit de Subhangi Subramanian, Amrita Singh, Aranito Assumi, Bhavana Vyas, Shilpa Alexander (Inde - 3mn06) qui nous propose sa version du jardin d'Eden, avec un Cupidon qui veut récupérer ses chaussettes, Eve qui n'aimera sans doute plus trop les pommes et le serpent au déguisement... inattendu. Simple, et plutôt fun pour finir cette séance sur une note positive.


Un des points info de Décavision


Red Rabbit


Tôt ou tard


Eskimo


Crooked


Forbidden Fruit



Ma séance suivante est toujours à Décavision mais ej suis bien obligée de ressortir pour refaire la queue depuis le début, logique. Le souci, c'est qu'il y a déjà pas mal de monde qui attend depuis un moment... Pas de problème, les adeptes de la salle 1 dont je fais partie passent un peu plus vite pour finalement refaire la queue de vant la salle. Au final, je suis bien installée, en bout de ligne exprès pour pouvoir respirer et sortir plus tôt si besoin est pour ne pas louper mon bus.

Cette dernière séance de la journée est donc consacrée aux films de commande, autrement dit films éducatifs, publicitaires, clips, etc. Vu qu'il y a beaucoup de films, j'en reste là aussi aux plus marquants.

Sympa comme tout The Bugs and The Fleas d'Hélène Firren (Pays-Bas - 1mn17) nous explique en ordi 2D pourquoi être humain n'est pas forcément plus agréable qu'être un insecte : famines, massacres, pollution, etc. La vie d'humain n'est pas forcément à envier. Bien fait, tout simple et ça donne le ton de quelques autres films, qui s'attarderont plutôt sur la tolérance et le respect des différences.

Sympa comme tout Prenons ainsi La théorie des ensembles de Juliette Hamon-Damourette, Jao Eka M'Changama, Marc Hericher (France - 4mn) où deux mains se partagent un tableau noir et y créent une société avec des blancs, des noirs, des ronds, des carrés, des triangulaires, tout ce beau monde finissant par s'entretuer à force de ne pas supporter les différences. Là aussi, c'est simple mais parlant.

Sympa comme tout Passons à Papa Chunnilal de Suresh Kumar Eriyat (Inde - 1mn30) où des personnages en pâte à modeler dans un monde très coloré (ce n'est pas un film indien pour rien...) finissent par exepliquer l'importance du depistage du HIV. Comme souvent avec les courts indiens, c'est joyeusement bordélique et entraînant.

Sympa comme tout Asience "Hairy Tale" de Kazuto Nakazawa (Japon - 1mn) est produit par Production I.G et nous embarque donc dans un univers fleuri typiquement japonais... pour finalement nous proposer une pub pour shampoing. Voilà une chute inattendue qui aira fait rire la salle.

Sympa comme tout Mix Brasil de Mateus De Paula Santos (Brésil - 45s) nous entraîne dans un combat de samouraïs... qui finissent très très copains. Normal, c'était une pub pour un festival de films gays ! Salle hilare, forcément...

Sympa comme tout BNN "Dennis & Dylan X23" de Greg Lawson (Pays-Bas - 4mn) nous font suivre des saynettes du quotidien de Dennis, Greg et leur amie Vodka, des tranches de vie drôles, très connes et même limite lourdingues qui font tout de même bien marrer tant la chute est toujours inattendue.

Sympa comme tout Amnesty International "Signatures" de Philippe Grammaticopulos (France - 2mn18) a quelque peu le don de gâcher la fête mais pour la bonne cause puisque c'est pour montrer le pouvoir des pétitions face à l'opression, la torture, la violence de certains régimes. Des petits films coups de poing vraiment marquants.

La suite n'est composée que de six clips que j'aurais abandonnés au bout du quatrième : c'est moche, gueulard, sans intérêt... On oublie bien vite.

Je sors donc de la salle en avance pour aller chercher le p'tit dej de demain matin et j'attends patiemment mon bus de 17h50. C'est que j'ai un compte-rendu à écrire, moi !
Vais-je tenir toute une semaine ? Pas gagné... En tout cas, le temps commence déjà à devenir bien sombre et la pluie n'est pas loin...
À demain quand même, pour une journée très longs métrages !


Décavision


La théorie des ensembles


Papa Chunnilal


Asience "Hariy tale"


Mix Brasil