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C'est un nouveau programme chargé qui m'attend aujourd'hui, avec pas moins de trois nouvelles séances. Le ciel est bien couvert et ça caille même un peu, j'espère que ça tiendra quand même jusqu'à ce soir...

Bus, p'tit dej - je vais vite prendre l'habitude de mon chocolat chaud et de ma briochette nature - petit tour à Bonlieu où je récupère ma dédicace de Maliki - vivement le second volume à Japan Expo - et je vais tranquillement me poser devant Décavision.



Première séance du jour : les courts métrages 1 que j'avais loupés mardi à 14h pour voir Sita Sings the Blues. Herbv m'en a dit du bien, on va donc voir ça. J'en reste évidemment à ceux qui m'ont marquée.

Fallait oser ! Contre la montre de Michaël Le Meur était sympathique mais trop court pour que je sache quoi en dire, je passe donc directement à l'étrange et très glauque Berni's Doll de Yann J. (France - 11mn30). Quand un court commence avec une souris se faisant littéralement écrabouillée par une machine, on sait déjà que la suite ne va pas faire dans le classique. On rencontre ainsi Berni, ouvrier dans une usine de bouffe pour chat quelque peu déprimé par sa vie morose, entre boulot, dodo et défouloir solitaire tournant quelque peu à l'obsession de se trouver une copine... Une pub à la TV lui fait découvrir qu'il peut acheter un torse de femme, sorte de nouvelle poupée gonflable vivante. Et cela ne s'arrête pas là... Glauque, sombre, cru et désenchanté, voilà un court qui ne laisse pas indifférent, sachant poser son histoire, son rythme et son ambiance assez unique...

Bien trouvé ! Le suivant change tout, KJFG NO 5 d'Alexei Alexeev (Hongrie - 2mn10) où trois animaux de la forêt font de la musique : l'ours utilise un tronc d'arbre, le lapin tape de la queue et de la tête et le loup... chante à sa manière. Mais voilà que le chasseur et son fin limier débarquent... Le morceau de musique était déjà drôle mais l'arrivée du chasseur apporte son lot d'humour encore plus fort. Simple mais très efficace.

Superbe ! Je passe ensuite à La maison en petits cubes de Kunio Kato (Japon - 12mn03). Dans cette grande étendue d'eau, seules quelques maisons font surface. Mais à chaque montée du niveau, il faut rajouter un étage, comme le fait ce grand-père. Il suffit alors d'un rien pour qu'au fil de la viste sous-marine des étages d'en dessous, les souvenirs reviennent... Voilà un court vraiment marquant, très beau, simple et évident, avec énormément de poésie et d'émotion qui se dévoilent au fil des minutes, sans pathos ni grand effet. Une jolie pépite qui reste longtemps en mémoire...

Bien trouvé ! Autre genre avec Fantaisie in bubblewrap d'Arthur Metcalf (4mn21). Vous connaissez le papier bulle, dont ne ne peut gère s'empêcher de faire éclater les bulles en appuyant dessus ? Eh bien, vous ne ferez plus ça comme avant après avoir vu ce court, où les bulles en question se retrouvent affublées d'une paire d'yeux et d'une bouche, devenant lors douées de paroles pour commenter leur dernière minute avant l'éclatement final... Terriblement cruel et horriblement drôle, avec une chute ignoble où on ne peut s'empêcher de rire...

Sympa Enfin, je peux également parler de Hot Dog de Bill Plympton (Etats-Unis - 5mn47) où un brave toutou veut tout faire pour devenir un valeureux pompier, même si ces derniers n'ont pas très envie de l'accueillir. Mais ne devient pas pompier qui veut, même avec la meilleure volonté du monde... Le graphisme était très sympa, évidemment maîtrisé - pour une fois que je vois un film de Plympton - l'animation nickel et l'histoire complètement loufoque et absurde.

Circulez, y a rien à voir ! J'éviterai de parler du dernier, Uralin Perhonen, où je n'ai rien compris - je dois manquer de clefs par rapport à la culture finlandaise, je pense - dommage d'ailleurs parce que niveau marionnette, l'ensemble était plutôt bien maîtrisé.

Hop, j'en termine là avec ces courts métrages effectivement plutpôt sympathiques. Je rejoins vite Herbv et Beanie en visite pour une journée et après une pizza pas très rapide à arriver, je retourne m'engouffrer à Décavision.


Berni's Doll


KJFG NO 5


La maison en petits cubes


Fantaisie in bubblewrap


Hot Dog



Euh... ouais... Pendant tout le repas, j'avais hésité à suivre Herbv et Beanie à Bonlieu pour la séance de courts métrages 3 mais je voulais quand même tenter ma chance avec les films de télévision 4 pour lesquels j'avais une contremarque. En plus, ça me permettait de rester sur place pour la séance suivante qui risquait d'être un peu chargée. Pas sûr que mon choix ait été le bon...

Le premier, Sturmtruppen, tentait l'humour hélas pas drôle, enchaînant les gags bidons et les dialogues clichés. Ca commence fort...
On enchaîne avec Halvseint, talk-show en 2D de 29 minutes en norvégien (mal) sous-titré français, incroyable truc barbant qui n'en finit pas en essayant lui aussi de faire rire avec un humour complètement vaseux, sans compter des références à la culture norvégienne qui me passent à 10 000 pieds... J'ai bien piqué du nez et chaque réveil d'une micro-sieste me faisait replonger dans un univers absurde et désespérant...
Encore, Rocket Jo et ses deux courts épisodes n'étaient pas si mal mais là, l'humour n'allait pas vraiment jusqu'au bout et restait bien trop basique...
J'attendais alors le Celebrity Death Match qui m'aura au final paru bien long puisqu'enchaînant là encore les références à des vedettes américaines que je connais à peine mais qui se sont allègrement massacrées, ce qui reste toujours assez soit jouissif soit vomitif, au choix selon la sensibilité de chacun...
Youpi, c'est la fête quand débarquent The Adventures of Baxter & McGuire, les deux... testicules. Mine de rien, ça a sans doute été un des rares films un tant soit peu drôle même si ça ne volait pas haut. Quand on voit que le réalisateur a bossé douze ans chez Disney... Il devait sans doute vouloir se défouler après tout ça...
Les quatres petits épisodes de Talented Mouse n'étaient pas mal du tout, même si graphiquement pas faciles, assez barrés, avec une souris qui veut acheter de la mort-aux-chats ou devenir une vedette en chantant du Oasis dans le métro...
Enfin, et le mot est faible, on termine la séance avec Hakaba Kitaro, la dernière série adaptée du manga de Shigeru Mizuki, Kitaro le repoussant (chez Cornélius). Le style de Mizuki est déjà spécial en lui-même mais le design choisi ici était encore plus spécial, voulant montrer que ça se déroulait dans les années 50 donc avec une animation volontairement datée. Original mais au final, ça ne me donne guère envie d'en voir plus...
OK, ouf, la sortie. Décidément, il est toujours aussi difficile de tomber sur une séance des films de télévision qui vaille le coup. Pas grave, ça m'aura tout de même permis de voir plusieurs styles de films très différents.


Halvseint


Celebrity Death Match


The Adventures of Baxter & McGuire


Talentend Mouse



Tout ce que j'attendais ! La dernière séance de ma journée me ramène au Décavision salle 1 que je viens donc de quitter. Je refais la queue et quand j'entre dans la salle, il y a déjà pas mal de monde. Tant pis, je serai un peu devant, j'espère que le son ne sera pas trop fort...
Il s'agit d'Applessed : Ex Machina. En 2005, Shinji Aramaki était venu nous présenter au Festival en avant-première le premier épisode des aventures de Deunan et Briareos, nous promettant déjà un second volet sur lequel il commençait alors à travailler. Nous y voici déjà et comme annoncé, il est produit par John Woo, comme l'indique dès le début le générique. Au moins, nous sommes prévénus : amateurs de petites fleurs,de poésie, de dentelles et de subtilité, passez votre chemin... Et effectivement...

Nous revenons donc à Olympus, la ville symbole née après le conflit mondial de 2133, habitée par des humains et des bioroïdes, des êtres modifiés génétiquement pour ne connaître aucune émotion négative et ainsi réguler les humeurs humaines susceptibles de refaire péter la planète. Mais tout n'est pas rose pour autant : l'action commence dans une ville d'Europe où des civils sont pris en otages dans une cathédrale. Deunan, Briareos et toute leur équipe de l'ES.W.A.T sont évidemment là pour régler le problème avec toute la délicatesse et la diplomatie qu'on leur connaît. Après avoir fait exploser la moitié de l'édifice, ils découvrent que les terroristes sont des cyborgs et que leurs revendications restent très floues. Briareos étant blessé, Deunan se voit attribuée un nouvel équipier, Tereus, ce qui ne la ravit guère... D'un côté plus politique, Athena, Premier Ministre d'Olympus, demande à ses alliés de confier leur réseau satellite sous la responsabilité de son équipe, afin de mettre en place un programme sécuritaire unifié censé être plus efficace contre les actes terroristes. Des actes qui d'ailleurs se multiplient, impliquant même de simples civils humains sans qu'on comprenne comment...

En allant voir ce deuxième opus, je m'attendais à un bon gros film plein de boost, d'action, de canardages, de ralentis qui se la pètent, de regards qui tuent et de beaux gosses tout en muscles dans des combi moulantes. Ca tombe bien, il y avait tout ça en stock. Voilà un pur divertissement musclé et rythmé ne cherchant pas à fouiller la psychologie des personnages ni à interroger sur l'âme humaine en profondeur comme a pu le proposer Oshii avec ses Ghost in th shell.
La 3D est plutôt réussie, même s'il est facile de se lasser de ce genre de technique très spectaculaire au début mais qui n'innove guère au final une fois l'effet de découverte passée, et je ne parviens pas à savoir si le but est d'être ou non le plus proche possible de la réalité, ce qui reste encore difficile : ainsi, cela manque toujours de nuances niveau émotions, comme la tension des moindres muscles du visage indiquant tout un jeu subtil.
Ils ont néanmoins quelque peu gommé le gros défaut du premier, à savoir les scènes romantiques qui sonnaient vraiment faux, mièvres et lourdingues. Ici, ces scènes existent mais sont courtes et s'arrêtent suffisamment vite pour ne pas plomber le rythme mais elles restent nécessaires pour donner un peu de corps à des personnages qui sinon passeraient juste pour des manieurs de gros calibres sans âme.

Reste tout de même que si j'apprécie le personnage de Deunan - une nana qui n'a besoin de personne pour péter la tronche à qui elle veut, ça m'éclate... - il faut bien reconnaître que son rôle est quelque peu limité, le focus étant plutôt mis sur Briareos. Ainsi, Deunan passe plus de temps à s'inquiéter pour son ex-amant en faisant de grands yeux humides qu'à réellement s'occuper de ce qui se passe, même si ça ne l'empêche pas de canarder tout ce qui bouge. En fait, c'est un peu le cas de tous les personnages, ils ne sont que des supports à l'action quasi-omniprésente.
L'histoire reste classique mais complète, plutôt travaillée et menée avec efficacité, sans temps mort, n'accumulant pas les éléments inutiles mais sachant gérer tous les tenants et les aboutissants sans s'égarer. Niveau humour, il n'y a que quelques petites touches discrètes et je pense qu'une bonne dose de dialogues un peu moins sérieux, pendant les combats par exemple, aiderait à alléger l'ensemble. D'un autre côté, peut-être vaut-il mieux un film un chouia trop sérieux mais maîtrisé qu'un film qui tente de l'humour et n'y parvient pas, plombant complètement le tout en voulant faire le comique de service...
Les dialogues ne sont pas des merveilles de recherche, c'est sûr, c'est assez basique et musclé, avec du "Let's go" à gogo... Ah oui, j'oubliais de préciser, j'ai vu le film en anglais sous-titré français, ce qui fait un peu bizarre au départ quand on s'attend à du japonais. Ca donne vraiment un côté "G.I Joe part au combat dégommer les méchants"... J'imagine que les organisateurs voulaient proposer une séance qui soit compréhrensible même par les non-francophones qui se débrouilleraient mieux avec de l'anglais que du japonais.
En tout cas, j'ai trouvé là exactement ce que j'étais venue chercher, je suis donc ravie de ma séance. Ce n'est clairement pas un film qui mérite de gagner le Cristal du long métrage - trop calibré, il n'a rien d'original, il fait son boulot et voilà - mais il assume complètement son rôle de divertissement. Je crois qu'un troisième épisode est prévu, les trilogies semblant à la mode aujourd'hui...

Bon, les lumières se rallument, il est 17h45... Argh, mon bus passe dans cinq minutes et je dois d'abord sortir d'une salle où 400 personnes doivent passer par une toute petite porte... Je cours, je cours, pas le temps de voter pour le film... Ouf, mon bus est là...

A demain, pour ma dernière journée !


Olympus, un design toujours aussi sobre...


Quelle déconneusse, cette Deunan...


Avant l'exo-squelette rose, la moto rose... Histoire qu'on comprenne bien qui est la fille...


"Quoi ? J'ai une crotte de moineau sur le visage ?"


Il y a eu de la casse...


"Vos papiers, s'il vous plaît."


Briareos, Deunan et Tereus